Caroline Garcia s’impose à Pékin, son deuxième titre consécutif après celui de Wuhan. Dimanche, en finale, la Frenchie a dominé Simona Halep en deux sets (6-4, 7-6). Dès lundi, elle intégrera, pour la première fois de sa carrière, le Top 10 (9e mondiale) et se rapproche du Masters de Singapour.

Caroline Garcia / ©GettyImages

Caroline Garcia / ©GettyImages

Caroline, comment avez-vous vécu cette finale ?
C’était un match accroché du début à la fin. Je m’étais bien préparée pour ce match. Je souhaitais continuer à progresser et ne pas me contenter d’être en finale. C’est des matches comme cela que j’ai envie de jouer… Je ne pouvais pas rêver mieux que de jouer la nouvelle n°1 mondiale (Simona Halep). J’ai réussi à rester dans le présent. Dans les moments importants, la confiance que j’ai accumulée ces derniers jours m’a aidé à prendre des risques et ne pas attendre…

Vous venez de gagner votre deuxième titre en deux semaines, vous êtes sur une série de 11 victoires de suite. Vous êtes inarrêtable…
(rire) Je ne sais pas, il faut jamais s’enflammer. Cela été onze matches très difficiles. Chaque match a été très différent. J’ai pris de l’expérience dans chacun de ces matches et j’ai profité de chaque moment. J’ai appris tous les jours. C’est ce qui me permet aujourd’hui d’aller chercher ce genre de titre contre Halep. Je n’ai pas envie de me contenter de cela. Je sais que le tennis est un sport qui demande un effort permanent. Avec des moments difficiles, des moments favorables où il faut saisir les opportunités. Je sais d’où je viens. Il y a quelques mois, j’étais vraiment dans le dur. Ces moments-là m’ont rendu meilleure. Durant ces deux dernières semaines j’ai réalisé de bonnes performances, mais je n’ai pas l’impression d’être sur un nuage.

Il y a quelques mois, vous avez traversé une période délicate. Qu’avez-vous appris sur vous-même ?
J’ai beaucoup appris en tant que personne, ce qui m’a aidé en tant que joueuse. Je suis assez émotive. Les critiques et les attaques peuvent m’atteindre assez profondément. J’ai essayé de faire abstraction de tout cela. J’ai beaucoup écouté mes parents qui ont partagé avec moi leurs expériences. Aujourd’hui, j’essaie de moins me concentrer sur les enjeux des tournois, mais d’être dans le présent. J’écoute moins ce que disent les gens sur moi, en bien ou en moins bien. J’écoute avec beaucoup d’attention mon équipe, qui me dit mes quatre vérités lorsqu’il faut. Ce n’est pas tout le temps facile de l’accepter, mais je le fais, en essayant de progresser par rapport à tout cela. Physiquement, c’était difficile aussi, car j’étais blessée, chose que je n’avais jamais connu, j’avais perdu confiance en mon corps. Mais je me suis reconstruite, j’ai pris confiance à nouveau. C’est aussi pour cela qu’aujourd’hui j’en suis là.

«Il y a quelques semaines, je ne pensais vraiment pas me battre pour la huitième place du Masters»

En janvier dernier, à Melbourne, vous nous aviez dit qu’intégrer le Top 10 était l’un de vos objectifs. Lundi prochain, vous serez 9e mondiale. Que ressentez-vous d’appartenir désormais à ce fameux Top 10 ?
Être Top 10 en fin de saison, c’était un objectif pour cette année. Je dois vous avouer qu’il y a quelques semaines, je n’y croyais plus trop. Ces deux dernières semaines ont changé beaucoup de choses. Être Top 10, dans une carrière de joueuse de tennis, c’est une étape très importante. Pouvoir l’intégrer, c’est « mythique ». Désormais, l’objectif c’est de finir l’année parmi les 10.

Désormais, vous êtes huitième à la Race. Pensez-vous au Masters de Singapour ?
Ce n’est pas encore définitif il y a encore la possibilité que Johanna Konta me repasse devant. Cette qualification n’est pas totalement entre mes mains. Il y a quelques semaines, je ne pensais pas vraiment me battre pour la huitième place du Masters, même si en début d’année c’était un objectif. L’an dernier, lorsque j’ai disputé ce Masters en double (avec Kristina Mladenovic), cela m’a motivé de revenir pour le simple. Disputer ce tournoi, cela signifie beaucoup. Ce sont les huit meilleures joueuses de la saison, qui ont été les plus régulières tout au long de l’année. Il faut savoir se fixer de hauts objectifs, sans savoir si on arrivera à les atteindre, mais il ne faut pas avoir de limites. Il faut savoir faire son chemin, qui n’est pas, parfois, un chemin direct, accumuler les expériences.

Quel est votre programme pour les semaines à venir ?
Pour le moment, je suis toujours inscrite à Tianjin. Je vais prendre rapidement une décision quant à cette participation (ndlr : au premier tour, elle doit affronter Maria Sharapova). Je vais en discuter avec mon équipe après la conférence de presse (d’après-match). Ce n’est pas une décision facile, mais le corps est aussi important. J’ai pu le voir en avril dernier… J’ai demandé une wild-card pour Moscou, on verra si je peux l’obtenir. Je sais que Singapour ce n’est pas encore acquis et que (Jo) Konta a encore une chance de se qualifier. Je vais essayer de mettre le maximum de chances de mon côté.

Propos recueillis par E-A en conférence téléphonique.

 

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