images1Roland Garros est le plus récent des 4 tournois du Grand Chelem. Le tournoi est né officiellement en 1925 lorsque le championnat de France décida de s’ouvrir aux joueurs étangers. Initialement baptisé « Internationaux de France », il prendra son nom définitif en 1928 en déménageant au stade de Roland Garros, porte d’auteuil à Paris.

    Le championnat de France de tennis voit le jour en 1891 à l’iniative de l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques (U.S.F.S.A.). Le tournoi se déroule à Paris sur les courts en terre-battue du Racing Club de France. La première édition s’ouvre d’abord aux hommes et compte seulement une dizaine d’inscrits, issu pour la plupart de clubs parisiens. Le premier champion de france de tennis est étrangement un britannique du nom de H. Briggs (licencié dans un club de la capitale).

    Les premières éditions n’attirent ni la foule, ni la presse, ni les joueuses. L’épreuve s’ouvre aux femmes en 1897 avec 3 participantes dont la française F. Masson, première championne nationale. Elle conservera son titre l’année suivante faute d’adversaire !

    Max DecugisLe championnat prend enfin de l’ampleur en 1903 avec la première victoire de Max Decugis. Joueur charismatique  il attire la foule, les journalistes et suscite les vocations. 8 fois champions de France, il devient un star nationale. L’édition de 1908 comptera pas moins de 200 participants !

    Le championnat de France devient ainsi le plus grand tournoi du pays. Mais, en 1912, l’épreuve voit subitement son nombre de participants chuté. En cause, la concurrence du nouveau championnat du monde du tennis sur terre-battue au parc de Saint-Cloud (Paris) par l’ U.S.F.S.A. en collaboration avec le Stade Français.

    Il faut attendre sa disparition en 1923 pour voir le championnat de France retrouver des couleurs. Cependant, afin d’éviter une nouvelle fois cette situation et face à l’internationalisation du tennis, l’épreuve décide, en 1925, de s’ouvrir aux joueurs étrangers. Les internationaux de France sont nés !

    La première édition se joue en alternance sur les terrains parisiens du Stade Français et du Racing Club de France. Le stade de Roland Garros n’existe pas encore.

    Parallèlement, 1925 marque le début de la domination du tennis mondial par la France. René Lacoste, Henri Cochet, Jean Borotra, Jacques Brugnon (surnommés Les « Mousquetaires ») et Suzanne Lenglen offrent au pays pas moins de 10 titres du tournois du Grand Chelem et surtout une Coupe Davis en 1927.

    A l’époque, la Coupe Davis est un évènement national. En 1928, la France s’apprête ainsi à jouer sa première finale à domicile. Cependant, aucun stade parisien n’est assez grand pour accueillir le public très nombreux. C’est alors que la ville de Paris décide d’offrir 3 hectares, prés de la Porte d’Auteuil, pour permettre la construction d’un stade de tennis. Neuf mois plus tard, au mois de mai, le stade de Roland Garros (en hommage à un aviateur français, passionné de tennis et licencié au Stade Français) est inauguré par une rencontre féminine entre la France et la Grande-Bretagne. Un mois après, les internationaux de France s’y déroulent pour la première fois ; avant de laisser place à la finale de la Coupe Davis (victoire française face aux Etats-Unis 3 à 2).

    Les Internationaux de France adoptent immédiatement le nom de « Roland Garros » et devient par la suite l’un des 4 plus grand tournois au monde (le « Grand Chelem » composé de Wimbledon (1877), L’Open d’Australie (1905) et L’Us Open (1891)).

    Suzanne Lenglen et René LacosteLes premiers vainqueurs de Roland Garros, en 1925, sont français : René Lacoste chez les hommes et Suzanne Lenglen, chez les dames. Les français vont d’ailleurs totalement dominer les premières éditions (13 finales sur 8 ans). La française Simone Mathieu atteint même 8 fois la finale du simple (entre 1929 et 1939) avant de l’emporter à la 7e reprise. Dans le tableau masculin, il faut attendre 1933 pour voir la victoire du premier étranger vainqueur de Roland Garros : l’américain John Crawford. Il bat en final le français Henri Cochet sur le score de 8/6 6/1 6/3. Crawford sera succéder, l’année suivante, par le baron allemand Gottfried Von Gramm, premier joueur étranger a réalisé le doublé en 1934 et 1936.

    En 1940, la 2e Guerre Mondiale fait son apparition. Roland Garros est interrompu pendant 6 ans.

    Le tournoi reprend son activité en 1946. L’âge d’or du tennis français est révolu. Pourtant, à la surprise générale, c’est un français, âgé de 32 ans, qui soulève la coupe en simple et en double. Maurice Bernard devient ainsi le premier joueur non-tête de série et gaucher à remporter Roland Garros.

    Cependant, cette victoire reste une exception par rapport à la déferlante américaine. Jusqu’en 1955, les États-Unis collectionnent les titres en simple comme en double. Frank Parker, Tony Trabert, Margaret Osbonne, Maureen Connolly sont les principaux maîtres d’oeuvres. En 1995, la victoire de Tony Trabert sera la dernière des États-Unis avant…1989 !

    Les années 1950 marquent également l’arrivé des joueurs australiens sur le circuit mondial. Roland Garros n’échappe pas à la régle. Durant 15 ans, Ken Rosewall (vainqueur en 1953 et 1968 soit à 15 ans d’intervalle), Rod Laver, Margaret Smith, Roy Emerson, Lesley Turner sont les nouveaux rois de la terre-battue parisienne. En 1962 et 1969, Rod Laver réussit le Grand Chelem (24 ans après celui de Donald Budge).

    Néanmoins, quelques joueurs et joueuses créaient la surprise durant cette période. C’est le cas de l’italien Nicola Pietrangeli (1959 et 1961), de la française Françoise Dürr (1967, victoire tricolore 21 ans après) et du premier espagnol vainqueur de Roland Garros, Manuel Santana (1961).

    En 1968, le tennis fait sa révolution. Il se professionnalise. De plus en plus, les meilleurs joueurs préfèrent quitter le circuit mondial au profit de matchs d’exhibitions rémunérés. Pour faire face à une « fuite des cerveaux », Roland Garros devient le premier tournoi du Grand Chelem à s’ouvrir à la fois aux professionnelles et aux amateurs (Open).

    Quelques années plus tard, l’avenir du tennis mondial prend de nouveau une mauvaise tournure. Gâtés par des récompenses financières de plus en plus importantes, les joueurs et les joueuses préfèrent les circuits privés (comme celui du milliardaire Lamar Hunt) au détriment des tournois de tennis traditionnel organisés par les fédérations de tennis (Wimbledon, Roland Garros,…).

    Ces derniers se retrouvent soudainement en conflit avec les promoteurs et les joueurs. En 1970, Roland Garros se voit priver des meilleurs joueurs mondiaux. L’avenir du tournoi vacille. Philippe Chatrier, président de la fédération Française de tennis, décide néanmoins d’organiser Roland Garros.

    Malgré l’absence des plus grands champions, le public est au rendez-vous et découvre de nouveaux joueurs. Les roumains Ilie Nastase (vainqueur en 1973), Ion Tiriac, le yougoslave Niki Pilic, le tchécoslovaque Jan Kodès (vainqueur en 1970), l’espagnol Andres Gimeno (le plus vieux vainqueur à l’âge de 34 ans et 10 mois) sont les nouvelles vedettes de Roland Garros. L’engouement pour ces victoires redonne la raison aux têtes de séries. En 1973, ils sont de nouveau tous présents à Paris.

    Bjorn BorgEn 1974, un jeune suédois de 18 ans et une américaine de 19 ans créent la surprise. Bjorn Borg remporte la finale simple de Roland Garros face à l’espagnol Manuel Orantes. Même exploit pour Chris Evert qui bat la russe Olga Morozova.

    Ces deux finales marquent le début du règne Borg-Evert. De 1974 à 1981, le suédois Bjorn Borg domine le tournoi en remportant 6 fois la finale. Le plus titré de l’histoire du tournoi. Du côté des dames, Chris Evert fait de même avec 7 victoires, entre 1974 et 1986.

    En 1982, le roi Borg s’en va. A partir de ce moment là, Roland Garros défie tous les pronostics sportifs. La même année, un autre suédois, Mats Wilander devient un des plus jeunes vainqueurs de Roland Garros. En 1983, un français Yannick Noah, remporte la finale simple, 37 ans après la victoire de Marcel Bernard.

    Les meilleurs mondiaux comme les américains John McEnroe ou Jimmy Connors ne parviennent pas à remporter Roland Garros. Conors échouera 4 fois de suite en demi-finale (1982-1985). Quant à John McEnroe, il échoue dans la finale de 1984 alors qu’il mène 2 sets à zéro face à Ivan Lendl.

    Au fil des années, les surprises se succédent pour le plus grand bonheur du public et des pasionnés. En 1989, un jeune américain, Michael Chang remporte la finale simple. Il devient le plus jeune champion des Internationaux de France à l’âge de 17 ans et 3 mois. Les États-Unis retrouvent ainsi le palmarès 34 ans après la victoire de Tony Trabert en 1955.

    Du côté des dames, le régne Navratilova / Evert prend fin en 1986. L’année suivante, la jeune allemande, Steffi Graf crée la surprise en finale simple. En 1987, elle renouvelle l’exploit en infligeant, en finale, 6/0 6/0, à son adversaire, Natalia Zvereva, en 34 minutes !

    Outre les performances sportifs, les années 80 marquent également une période de grands travaux pour le tournoi. Roland Garros accueille de plus en plus de spectateurs et de joueurs. C’est pourquoi, en 1980, un second central est construit, l ’actuel « Court n°1 ». Parallèlement, le village des joueurs est édifié en 1979.

    De 1983 à 1993, Roland Garros achète les terrains avoisinants. Sur un ancien terrain de rugby, 9 courts de tennis sont bâtis. Les allées sont également aménagées. C’est durant cette période que l’on verra la place des Mousquetaires en 1989.

    Les travaux se terminent en 1994 avec la construction d’un 3e stade qui prendra, trois ans plus tard, le nom de « Suzanne Lenglen ».

    Dans les années 90, Roland Garros tient toujours sa réputation de couronner des vainqueurs inattendus. En 1990, un équatorien, Andres Gomez, 30 ans, élimine les meilleures têtes de série et remporte sa finale en battant une autre révélation du tournoi, André Agassi.

    Cependant, les américains et surtout les espagnols se mettent à dominer peu à peu le tournoi. L’américain Jim Courier (1991-1992) et l’espagnol Sergi Bruguera (1993-1994) réalisent le doublé. Même situation chez les dames où la yougoslave Monica Seles remporte l’édition 1990 en devenant la plus jeune championne (16 ans et 6 mois). Elle conservera son titre à Roland Garros jusqu’en 1992 ; avant de laisser place à l’espagnol Arantxa Sanchez et à l’allemande Steffi Graf (6 titres à Roland Garros).

    En 1995, Tomas Muster offre son premier tournoi du Grand Chelem à l’Autriche. Tandis que la croate Ivan Majoli crée la surprise en finale en battant en finale, la n°1 mondiale, Martina Hingis, en 1997.

    La plus grande surprise de l’histoire de Roland Garros est probablement la victoire d’un inconnu en 1997 : le brésilien Gustavo Kuerten, classé 66e mondial, le plus mauvais classement pour un vainqueur. Une révélation qui fera naître un champion puisque le brésilien renouvelle son exploit en 2000 et 2001, mais avec un meilleur classement.

    En 1999, la victoire revient à l’américain André Agassi et à l’allemande Steffi Graf. Deux finales inoubliables. Signe du destin ? nos deux champions annoncent quelques mois plus tard leur relation amoureuse.

    Dans le simple homme, Agassi remporte le match après avoir été mené 2 sets à zéro par l’ukrainien Andrei Medvedev. Un retournement de situation qui permettra à André Agassi de décrocher enfin la coupe des Mousquetaires, après 2 finales perdues.
    Mais au-delà du titre, l’américain signe surtout l’exploit de remporter les 4 tournois du grand chelem dans sa carrière. Certes, pas la même année mais un tel record n’avait pas été atteint depuis les années 60 avec le Grand Chelem de Rod Laver.

    Du côté des dames, la finale offre son lot de surprise. Martina Hingis est de nouveau à un match de la victoire. Reine du circuit, elle part favorite même si son adversaire Steffi Graf, ancien numéro 1 mondiale, est l’une des meilleures joueuses de l’histoire du tennis. Hingis mène au score. Cependant, le public soutient Steffi Graf et n’hésite pas à siffler les moindres fautes de Martina. Une ambiance électrique qui va amener progressivement Hingis à craquer. Au début du second set, la suissesse Hingis se déconcentre et conteste les décisions de l’arbitre. Elle va même jusqu’à vérifier la marque de la balle dans le camp de son adversaire. Impensable ! Hué du public. Steffi Graf n’en revient pas. Hingis laisse filer la victoire et quitte le court aussitôt en pleurant.

    Le 21e siècle marque le retour des sud-américains (Kuerten, Gaudio,…) et des espagnols. Notamment, le surprenant Rafael Nadal, maître des lieux avec 4 victoires consécutives (2005-2008). Chez les dames, la domination est belge avec Justine Henin, victorieuse en 2003, 2005, 2006 et 2007.

    Au fil des années, Roland Garros est devenu le tournoi le plus prestigieux sur terre-battue, même s’il s’est refusé toujours à la plupart des numéros un mondiaux (Pete Sampras, John McEnroe, Martina Hingis, Lindsay Davenport…)

    L’édition 2009 est historique. 10 ans après la victoire d’Agassi, le suisse Roger Federer remporte enfin la finale après 3 tentatives. Même si le favori et tenant du titre, Rafael Nadal n’est pas là, la victoire face au suédois Robin Soderling (tombeur de Nadal en 1/8 de finale), est historique ! Non seulement, Federer est le premier joueur suisse à triompher sur la terre battue parisienne mais il devient également le 7e joueur de l’histoire à avoir remporter les 4 tournois du Grand Chelem. Un record si rare dans l’histoire du tennis même si Nadal à réussi cet exploit dés 2010, et depuis redevenu le maître des lieux…