Volontaire, extraverti, Steve Darcis aime depuis toujours la Coupe Davis. Un attachement qui lui a parfois joué des tours, mais qui lui vaut comme surnom « Mister Coupe Davis ». De sa première sélection en 2005 à la demi-finale face à l’Australie, en septembre dernier, il a toujours joué avec envie pour son pays. Après avoir mis un terme à saison, le 21 octobre dernier, en raison d’une blessure au coude droit, le Belge est prêt à défier les Frenchies, qu’il connaît très bien.

Steve Darcis / ©SoTennis

Steve Darcis / ©SoTennis

Pour vous, que représente la Coupe Davis ? 
La Coupe Davis est très importante. Je pense qu’il en est de même pour mes coéquipiers. Nous sommes tous très attachés à cette épreuve. Nous faisons beaucoup de sacrifices pour essayer d’être en forme lors de ces semaines-là. Lors de la demi-finale, face à l’Australie, certes, j’ai ramené le point décisif, mais avant, David (Goffin) a ramené ses deux points, et a répondu présent pour être là. C’est un travail d’équipe. Je crois que nous avons eu une grosse désillusion il y a deux ans (ndlr : défaite en finale à Gand face à la Grande-Bretagne). Cette année, nous espérons ne pas vivre la même chose.

Quel est votre premier souvenir associé à la Coupe Davis ?
En tant que joueur, mon premier souvenir qui me vient à l’esprit, est celui associé à ma première sélection contre les États-Unis en 2005. J’avais fait une bonne saison, mais avant cette rencontre de Coupe Davis, sur le circuit, j’avais été mauvais. Malgré tout, le capitaine m’avait pris comme quatrième joueur. Lorsque vous foulez le terrain, au moment des hymnes nationaux…cela fait vraiment chaud au cœur. Disputer les tournois du Grand Chelem et jouer la Coupe Davis, c’est, je pense, le rêve de tous les joueurs de tennis, lorsqu’on est petit. Cette première sélection en 2005, restera à jamais gravée dans mon esprit.

Vous avez plusieurs surnoms, notamment un qui est Mister Coupe Davis. Selon vous, d’où vient-il ce surnom ?
Je suis un bon joueur de tennis, mais je ne suis ni Top 20 ou Top 10. Je ne suis pas la mégastar de l’équipe, mais j’ai gagné énormément de matches importants en Coupe Davis. Que ce soit à 2-2 ou même pour finir les rencontres, notamment face à l’Allemagne, cette année. Je pense que j’ai ce surnom en raison de mes statistiques dans cette compétition (Ndlr : 22 victoires, 9 défaites en simple), plus que par rapport à mon classement.

Le 22 mai dernier, vous avez atteint le 38e rang mondial (en simple), votre meilleur classement jusqu’à présent. Comment décrivez-vous votre saison 2017 ?
Globalement, c’est une très bonne saison. Avec plusieurs pauses, comme au mois de mars, où ma fille s’est fait opérer. J’ai eu ensuite quasiment deux mois d’arrêt. Puis, il y a eu un plus tard la naissance de ma deuxième fille, avec un mois d’arrêt. Il y a eu également la Coupe Davis qui m’a pris beaucoup de semaines. Je n’ai pas énormément joué sur le circuit ATP, mais pour le « peu » que j’ai joué, j’ai bien joué. Je suis toujours autour de la soixante-dixième place mondiale (76e en simple), ce qui est, pour le peu que j’ai joué, pas mal du tout.

Steve Darvis en mai dernier après sa victoire au tournoi Challenger de Bordeaux / ©SoTennis

Steve Darcis en mai dernier après sa victoire au tournoi Challenger de Bordeaux / ©SoTennis

«  Je me sens mieux sur dur »

La finale de la Coupe Davis, France – Belgique, va se dérouler sur Rebound Ace. Vous considérez-vous comme un joueur de surface rapide ?
Cela fait quelques années que j’ai l’impression que mon jeu s’est amélioré sur dur. En Belgique, lors de nos jeunes années, on joue beaucoup sur terre battue. Mais depuis quelques années, je me sens mieux sur dur. Si je dois me comparer à il y a dix ans, y’a pas photo.

Sur le court, vous avez tendance à être extraverti. Comment vivez-vous ces matches en Coupe Davis, où l’ambiance est souvent particulière ?
Ces ambiances sont exceptionnelles. Lorsque vous avez tout un staff et tout un stade qui se lèvent à chaque point gagné, avec beaucoup d’encouragements, c’est des ambiances magiques. Dans ces conditions, on n’a pas le droit de baisser les bras. Sur le circuit, c’est différent, on joue pour nous-même. On a notre entraîneur et quelques personnes pour nous encourager. Personnellement, le fait de me retrouver en tournoi après une rencontre de Coupe Davis ne me booste pas spécialement. Une fois en tournoi, on retombe les pieds sur terre.

Cette finale de Coupe Davis va se dérouler au stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve d’Ascq, situé près de Lille. Cette rencontre, vous allez la jouer quasiment à domicile…
C’est sûr que pour les supporteurs belges il y a un peu moins de route à faire. Ce sera un peu plus facile pour se déplacer, même si le prix des places va peut-être en refroidir pas mal. Le fait de jouer à Lille à Paris ou à Marseille ne change pas grand-chose a notre envie d’aller soulever le Saladier d’Argent. Le reste n’a pas trop d’importance. Le stade Pierre-Mauroy est magnifique, avec une ambiance de fou… On espère que ce sera magique.

Julien Hofferlin (décédé en 2016) a été capitaine de l’équipe Belge de Coupe Davis de 2006 à 2008. Vous étiez proche de lui. Quel impact a-t-il eu dans votre parcours ?
C’est une personne qui a été très importante dans ma vie et dans ma carrière. Je l’ai connu lorsque j’avais 8 ans. Il m’a entraîné dans mes jeunes années au sein de la Fédération belge (francophone) de tennis. Nous avons connu des bons moments, des moins bons, des tensions… Nous sommes toujours restés très proches. Il m’a ensuite, jusqu’à la fin, entraîné. Il m’a beaucoup apporté tout au long de ma vie. J’ai fait mon premier match de Coupe Davis à ses côtés. J’ai énormément de souvenirs avec lui, qui resteront gravés dans ma mémoire pour toujours. Je suis toujours très proche de sa famille et de ses amis qui sont aussi les miens. C’est une personne qui a été et qui restera méga importante pour moi.

Propos recueillis par E-A. Entretien réalisé le 11 octobre 2017.

 

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