Depuis 2001, ils parcourent les quatre coins de l’hexagone et du monde, pour soutenir les Bleu(e)s. Eux, ce sont les supporteurs de l’A.S.E.F.T (Association des Supporteurs des Équipes de France de Tennis). Alexandre Leconte, membre de cette association, en charge de la communication et de l’animation en tribune, évoque pour So Tennis la fantastique aventure de ces indéfectibles supporteurs des Bleu(e)s.

©SoTennis

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Comment est née l’A.S.E.F.T ?
L’A.S.E.F.T (Association des Supporteurs des Équipes de France de Tennis) est née notamment sous l’impulsion de Christophe Fagniez (qui était à ce moment-là en charge des équipes de France de Fed Cup et de Coupe Davis au sein de la FFT) et de Guillaume Raoux. En l’an 2000, lors de la rencontre de Coupe Davis (barrage) entre la France et l’Autriche, à Rennes, déjà, à l’époque, il y avait plusieurs petits groupes de supporteurs, qui étaient éparpillés dans le public lors des rencontres de Coupe Davis et de Fed Cup. Après cette rencontre et celle contre le Brésil, la Fédération française de tennis a eu l’idée de rassembler ces supporteurs afin de former une association de supporteurs des équipes de France de Coupe Davis et de Fed Cup. En juin 2001, l’A.S.E.F.T a vu le jour. Le premier déplacement des supporteurs a été lors de la finale de la Coupe Davis, à Melbourne, où la France s’était imposée.

Comment devient-on membre de l’A.S.E.F.T?
L’A.S.E.F.T est une association (loi 1901) à but non lucratif. L’adhésion est de 40 euros par an (année civile) pour un nouveau membre et de 30 euros pour un renouvellement d’adhésion. Une charte de bonne conduite est également à signer. Aujourd’hui, L’A.S.E.F.T totalise près de 500 adhérents, provenant de partout en France (métropolitaine et DOM-TOM) et de pays européens (Suisse, Italie, Grande-Bretagne, Belgique) notamment des expatriés, avec des âges très variés. L’un de nos membres à 94 ans… Au fil des années, et des exploits des Bleu(e)s, l’association n’a cessé de grandir. En 2001, nous étions 80 membres. Le nombre d’adhérents fluctue aussi par rapport aux performances des équipes de France. Malgré tout, la plupart sont très fidèles et prennent toujours beaucoup de plaisir à venir soutenir, en tribune, les Bleu(e)s.

Sur le site Internet de l’A.S.E.F.T, il est notamment inscrit que l’adhésion ne garantit pas de places pour la prochaine rencontre (Coupe Davis, Fed Cup). Pourquoi précisez-vous cela?
Nous ne souhaitons pas être une billetterie. Lorsqu’une personne adhère à L’A.S.E.F.T (Association des Supporteurs des Équipes de France de Tennis), nous souhaitons qu’elle vienne en tribune, avec un bon état d’esprit, encourager l’équipe de France de Coupe Davis et de Fed Cup. Et non pas qu’elle vienne soutenir qu’un seul joueur. Nous souhaitons aussi qu’elle vienne participer à la vie de l’association. Nous sommes très vigilants à cela.

Cette attribution de billets, comment se fait-elle? 

La Fédération française de tennis est l’un de nos principaux partenaires. C’est elle qui nous attribue un quota de places (environ 350 places lors de la demi-finale face à la Serbie au stade Pierre-Mauroy), avant l’ouverture de la billetterie au public. De notre côté, nous effectuons les inscriptions, via notre site Internet et notre page Facebook, auprès de nos membres souhaitant venir encourager les Bleu(e)s. Au bout de 16 ans d’existence, nous avons assez d’expérience pour anticiper le nombre de personnes présentes lors d’une rencontre, en fonction de si c’est un premier tour, une demi-finale ou un barrage. À Villeuneuve-d’Ascq, pour la finale, nous serons environ 350 à venir encourager les Bleus.

Des membres de l'ASEFT lors de la rencontre de Coupe Davis à Roland-Garros en 2014 / ©SoTennis

Des membres de l’ASEFT lors de la rencontre de Coupe Davis à Roland-Garros en 2014 / ©SoTennis

«Plus proche nous sommes du court, mieux c’est pour encourager nos joueuses et  nos joueurs»

Concernant les drapeaux, les tee-shirts, les chants…comment préparez-vous une rencontre de Coupe Davis ou de Fed Cup?
L’A.S.E.F.T est structurée sous forme de commissions (logistique, animations…). Tous les mois, lors d’une réunion, un conseil d’administration se réunit. C’est la commission animations qui détermine les choses à mettre en place en tribune (tifos, chants…) en fonction du lieu, des enjeux… Nous nous sommes réunis fin octobre afin de déterminer ce qui sera visible au stade Pierre-Mauroy lors de la finale.

Qu’est-ce que cela représente pour l’A.S.E.F.T une finale à domicile?
Pas forcément de bons souvenirs. En 2002, nous étions présents à Bercy où l’équipe de France s’était inclinée, tout comme en 2014 au stade Pierre-Mauroy, où l’ambiance au bord du court était plus suisse que française. L’an dernier, nous étions également à Strasbourg pour la finale de Fed Cup où les Bleues se sont inclinées face à la République tchèque. Nous espérons cette fois une autre fin.

Lors de la demi-finale de la Coupe Davis, au stade Pierre-Mauroy, face à la Serbie, les membres de l’A.S.E.F.T étaient placés au bord du court. Qui vous a placé à cet endroit?
Ce fut le choix de la Fédération française de tennis de nous placer à cet endroit, juste derrière le staff des Bleus. Afin que l’on puisse être au plus proche des joueurs pour les soutenir. De toute manière, nous répondons toujours présent là où l’on nous place. Néanmoins, plus proche nous sommes du court, mieux c’est pour encourager nos joueuses et joueurs.

Depuis 2015, lors des rencontres de Coupe Davis puis de Fed Cup, la WATFA (We Are Tennis Fan Academy, groupe de supporteurs) est présente pour encourager les Bleu(e)s. Comment cohabitez-vous avec elle?
C’est arrivé soudainement, lors de la finale de la Coupe Davis 2014 au stade Pierre-Mauroy. Nous pensions alors que c’était une opération commerciale de la BNP PARIBAS (le sponsor en titre de cette compétition), qui était derrière ce groupe de supporteurs. Lors de la rencontre au Queen’s (France – Grande-Bretagne), ce groupe était venu en nombre, placé à côté de nous en tribune, et tout cela avait été très bien relayé sur le plan médiatique. Nous, nous sommes une association de loi 1901, sans les finances nous permettant d’être aussi connu et surtout reconnu. Il a fallu apprendre à se connaître, et s’organiser, ce qui est désormais le cas. Je connais d’ailleurs leur meneur, Laurent Lefebvre. Je suis en lien avec lui, afin d’essayer de synchroniser nos chants, lors des rencontres.

«Cette animation se fait dans le fair-play et dans le respect de nos valeurs»

Comment décririez-vous les relations que les membres de l’A.S.E.F.T ont avec les membres des équipes de France de Fed Cup et de Coupe Davis?
Nous soutenons avant tout l’équipe de France et non une individualité. Nous ne sommes pas des groupies. Ils viennent naturellement vers nous, notamment lors du pot de fin de rencontre. C’est un moment très agréable, où les membres de l’équipe de France de Fed Cup ou de Coupe Davis sont accessibles et reconnaissants de toute l’énergie que nous mettons à les encourager. Ils répondent volontiers à nos questions, en particulier concernant nos encouragements.

Depuis 2001 et la création de l’A.S.E.F.T, les équipes de France de Fed Cup et de Coupe Davis ont connu différentes péripéties (absences, forfaits, déclarations…). Comment avez-vous vécu ces différents épisodes?
Nous sommes hermétiques à ces polémiques-là, pour une raison simple, nous soutenons les équipes de France ! Peu importe qui est sélectionné. Tout ce qui peut se passer dans les coulisses, cela regarde l’équipe. Ce qui nous importe, ce sont les joueurs et le staff qui sont présents sur le lieu de la rencontre.

En tant que responsable de l’animation en tribune, en quoi consiste votre rôle lors d’une rencontre de Fed Cup ou de Coupe Davis?
Cela consiste tout d’abord à préparer la tribune avant que les adhérents de l’A.S.E.F.T prennent possession de cet endroit. Cela consiste à leur expliquer le déploiement du tifo qu’il va y avoir à l’entrée des joueurs sur le terrain. Cela consiste aussi à lancer, à l’aide d’un mégaphone, les chants, qui sont scandés à différents moments du match, et cela peu importe le score. Cette animation se fait dans le fair-play et dans le respect de nos valeurs. Je suis membre de l’A.S.E.F.T depuis 2005, et cela toujours était le cas.

Que diriez-vous à une personne pour la convaincre de rejoindre l’A.S.E.F.T?
Si elle est lasse de regarder la Coupe Davis ou la Fed Cup devant sa télévision, seule ou à plusieurs, et qu’elle souhaite vivre cela avec plus de passion et la partager avec d’autres personnes ayant la même, et venir encourager les Bleu(e)s et passer un bon week-end, c’est le moment de nous rejoindre. Il n’y qu’avec l’A.S.E.F.T que l’on peut vivre tout cela.

«Détricoter la Coupe Davis de cette manière-là, c’est vraiment dommageable»

Dernièrement, l’ITF (Fédération internationale) a annoncé plusieurs réformes pour la Coupe Davis et la Fed Cup. Qu’en pensent les membres de l’association?
Nous nous sommes prononcés là-dessus, ce qui n’est pas dans nos habitudes. Nous ne souhaitons pas que cette Coupe Davis soit réformée comme cela. Cette épreuve est absolument magique, avec des matches aux meilleurs des cinq manches, avec des enjeux, avec la défense des couleurs d’un pays… Certains joueurs invoquent, notamment, que le calendrier est sur-chargé et que cette compétition devrait être disputée tous les deux ans ou aux meilleures des trois manches ou sous forme de final 4… Il y a eu différentes idées, comme le terrain neutre, ou les matches en deux sets gagnants, qui ont été émises, elles sont vouées à déformer la Coupe Davis ou la Fed Cup, de notre point de vue. Pour nous, ces compétitions ne doivent pas pâtir d’un calendrier trop chargé ou à des exhibitions. Ces exhibitions, comme la Laver Cup et l’IPTL, sont pour nous trop nombreuses. Elles prennent la place à des périodes de repos ou à une période de préparation foncière. Le tennis est de plus en plus un business. La Fed Cup et la Coupe Davis sont des événements légendaires et ont permis à beaucoup de joueurs d’ouvrir leur palmarès.

Vous dites que vous vous êtes exprimé sur ce sujet. Sous quelle forme?
L’an dernier, à Zadar, lors de la demi-finale de la Coupe Davis, face à la Croatie, en demi-finale de la Fed Cup à Trézalé et lors de la finale France – République tchèque à Strasbourg, nous avions brandi, en tribune, une banderole montrant notre désaccord avec cette réforme de la Coupe Davis. Nous sentions que l’ITIF (Fédération internationale de tennis) souhaitait modifier ces deux compétitions-là. Étant fidèle à ces compétitions depuis plus de 16 ans, l’A.S.E.F.T sait parfaitement que la Coupe Davis et la Fed Cup sont l’une des rares fois, que les joueurs ont l’occasion de défendre les couleurs de leur pays, avec parfois des matches en cinq sets (pour la Coupe Davis) qui restent mémorables. Détricoter la Coupe Davis de cette manière-là, c’est vraiment dommageable.

L’actuel président de la FFT, siège au board de l’ITF (depuis septembre 2015), et est Chairman de la Coupe Davis. Avez-vous directement évoqué ce sujet avec lui?
Nous avons, lors d’un entretien qui s’est déroulé cette année, exposé nos inquiétudes auprès du président de la FFT. Nous n’avons aucun poids sur les décisions à venir… Mais nous lui avons donné notre avis sur le sujet et nos craintes. Nous parcourons la France et le monde pour encourager les Bleu(e)s depuis 16 ans. Pour nous, la Coupe Davis et la Fed Cup n’ont de valeurs que dans les formats actuels.

Lorsque les équipes de France de Coupe Davis ou de Fed Cup se déplacent à l’étranger, comment vous organisez-vous pour être présent sur place?
Nous avons un voyagiste, l’agence « les passionnés », qui est l’un de nos partenaires et qui nous accompagne depuis de nombreuses années. Lors de nos déplacements à l’étranger, ce voyagiste nous organise tout un périple. Comme cette année lors du premier tour de la Coupe Davis à Tokyo. Une cinquantaine de membres ont ainsi pu se rendre, en marge de cette rencontre, à Kyoto ou encore au Mont Fuji. Ce voyage organisé est totalement indépendant de l’organisation de l’ A.S.E.F.T lors de la rencontre de Coupe Davis ou de Fed Cup. Chaque adhérent peut s’il ne souhaite pas passer par ce voyagiste, peut se rendre par ses propres moyens. Tout cela est un investissement. Cette année, par exemple en terme de billetterie, le montant s’élève, par personne, pour trois jours à près de 800 euros en prenant en compte toutes les rencontres (Coupe Davis et Fed Cup).

Propos recueillis par E-A. Entretien réalisé le 26 octobre 2017.

 

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