L’Us Open est le plus important tournoi du continent américain. Né seulement 4 ans après Wimbledon, cette épreuve du Grand Chelem a souvent déménagé et changé de surface.

    Quelques mois seulement après la création de la fédération américaine de tennis (l’U.S.N.L.T.A), le 21 mai 1881, ses membres décident d’organiser un championnat international de tennis, sur le modèle de Wimbledon (né 4 ans plus tôt). C’est ainsi que le 31 août 1881, l’Open des États-Unis voit le jour sur les prairies du Casino Newport à New-York.

    La première édition, ouverte uniquement aux hommes, rassemble 33 joueurs, dont un certain Dwight Davis, qui sera l’inventeur de la Coupe Davis quelques années plus tard. Deux tableaux sont formés : un simple et un double. L’épreuve fonctionne avec le principe du Challenge Round. Le vainqueur est qualifié automatiquement pour la finale l’année suivante. Ce système sera d’ailleurs abandonné  en 1911 pour les hommes et 1915 pour les femmes.

    La victoire du premier Us Open revient à l’Américain Richard Sears qui remporte le tournoi sept fois de suite en simple (1881 à 1887) et 6 fois consécutifs en double (1882 à 1887). Deux records inégalés depuis.

    Il faut attendre 1887 pour voir les femmes jouer à l’Us Open (le double dama apparaît en 1890). Mais faute de moyens, le tournoi féminin se joue à Philadelphie. C’est l’Américaine Elen Hanssell qui remporte cette première édition. Les années suivantes sont dominées entièrement par les Américaines et notamment Molla Bjurstedt, la plus titrée de l’histoire du tournoi : 8 victoires en simple (1915 à 1918, 1920 à 1992 et 1926)

    Dans le but d’offrir une plus grande popularité à l’épreuve, la fédération américaine décide en 1915 de déménager à Forrest Hills, une banlieue tranquille et chic de New-York. La surface du tournoi, le gazon, est inchangée. Mais, l’Us Open se dote d’un stade (en forme de U) et surtout, le nouveau site permet à partir de 1920, d’accueillir à la fois les joueurs et les joueuses.

    Jusqu’en 1925, l’Us Open est une épreuve entièrement dominée par les Américains. Peu de joueurs et joueuses européens traversent l’Atlantique (d’autant plus que l’Europe sort d’une guerre meurtrière). Chez les dames, Hellen Wills remporte 7 titres en simple (1923 à 1925, 1927 à 1929 et 1931). Côté homme, la vedette se nomme Bill Tilden, vainqueur de 6 finales consécutives (1920 à 1925) face au même adversaire (malchanceux), Bill Johnston.

    L’année 1926 marque l’histoire du 45ème Us Open avec la victoire du premier étranger. Un français, René Lacoste, remporte la finale simple messieurs contre son compatriote, Jean Borotra.

    Dans les années 30-40, les joueurs européens multiplient les victoires sur le territoire américain : l’Allemand Gottfried Von Cramm atteint la finale en 1936, le Français Henri Cochet fait de même en 1932, l’Anglais Fred Perry triomphe en1933, 1934 et 1936. Cependant, le dernier mot reste toujours pour les États-Unis : Ellsworth Vines (1931, 1932), Donald Budge (1937-1938), Frank Parker (1944-1945) et Jack Kramer (1946 et 1947). Du côté des dames, même constat. Les Américaines Helen Jacobs (1932 à 1935), Alice Marble (1936, 1938 à 1940), Pauline Betz (1942 à 1944, 1946), Margaret Osbornne (1948 à 1950) et Maureen Connolly (1951 à 1953) sont les reines de New-York. Mais, lors de la 72e edition du tournoi en 1959 (!), la Brésilienne Maria Bueno devient la première joueuse étrangère à triompher. Un exploit qu’elle renouvelle en 1963, 1964 et 1966.

    Dans les années 50-60, l’Australie domine le tennis mondial. L’Us Open n’y échappe pas. Margaret Smith-Court, victorieuse en 1962, 1965, 1969, 1970 et 1973. Chez les hommes, les autraliens remportent tous les finales entre 1951 à 1973 avec Frank Sedgman (1951, 1952), Ken Rossewall (1956 et 1970, finaliste en 1955), Neale Fraser (1959 et 1960), Roy Emerson (1961, 1964, finaliste en 1962), John Newcombe (1967, 1973, finaliste en 1966) et Rod Laver (1962 et 1969 et finaliste en 1960 et 1961).

    Seul l’américain Billie Jean King (1967, 1971, 1972 et 1974), l’Espagnol Manolo Santana en 1965 et l’Américain Arthur Ashe, premier joueur noir à gagner un tournoi du Grand Chelem, en 1968, sont capables de percer à l’armada australienne.

    Au début des années 70, l’Us Open enregistre « seulement » 95 000 entrées. Un chiffre catastrophique par rapport aux autres tournois du Grand Chelem. Les organisateurs décident, alors, en 1975 de modifier la surface du jeu. Le gazon est abandonné au profit du « har-tru », la terre battue grise-verte. Jusqu’en 1977, cette surface permettra la victoire de deux spécialistes de la terre-battue : un espagnol, Manuel Orantes et un argentin, Guillermo Vilas.

    En 1977, le site de Forrest Hills doit être rénové. Or, les dirigeants du West Side Tennis Club, propriétaires des lieux, refusent de payer. L’avenir du tournoi est en péril. La fédération américaine de tennis décide, alors, de déménager une nouvelle fois. Son président, Slew Hester lance le défi de construire de nouvelles installations en l’espace d’un an.

    A partir des ruines d’un théâtre en plein air, situé à Flushing Meadow (New York), la fédération construit le « National Tennis Center » en 10 mois (malgré un hiver rigoureux et de multiples grèves). Un stade, le Stadium Louis Armstrong (d’une capacité de 20 000 places) et 20 courts de tennis en ciment (le Decoturf, nouvelle surface du tournoi) s’étendent sur 6,8 hectares.

    Le nouveau site de l’Us Open est grandiose mais il est situé dans l’axe de l’aéroport Kennedy et les finitions sont inexistantes. Mais tant pis, le pari de Slew Hester est gagné et l’Us Open est sauvé de la noyade. L’édition de 1978 peut belle et bien se dérouler.

    Le nouvel emplacement de l’Us Open fait aussitôt progresser la notoriété et la popularité du tournoi. Malgré un site bruyant (les avions), en désordre et un public réputé intenable, les inconvénients de l’Us Open donne un certain « charme ». Le public vient en masse, prés de 400 000 personnes en 1985 (malgré la tornade du 30 août qui ravage et inonde les installations).

    De plus, de nouveaux joueurs et joueuses marquent de leur empreinte le tournoi et le jeu. Les plus célèbres sont les Américains John McEnroe et Jimmy Connors, sans oublier le Tchèque Ivan Lendl ou le suédois Bjorn Borg. Ils assurent le spectacle : e En 1979, John McEnroe et Ilie Nastase stoppent le cour d’un match et virent l’arbitre. En 1984, McEnroe, Lendl, Connors et Pat Cash offrent 10 heures de demi-finales.

    Du côté des dames, le spectacle est assuré par la rivalité historique entre Martina Navratilova (USA) et Chris Evert (USA). Entre 1975 et 1987, Evert jouent 9 finales dont 6 de gagnées et Navratilova remporte 4 finales sur 6 jouées. Dans les années 90, le public de plus en plus nombreux, assiste aux victoires de l’Américain Pete Sampras (1990, 1993, 1995, 1996) et du suédois Stefan Edberg (1991 et 1992).

    Face à la popularité grandissante de l’Us Open et dans le but de rendre le cadre du tournoi plus agréable, la fédération américaine de tennis décide de construire de nouveau, un stade plus grand. Le 29 août 1997, le nouveau central de l’Us Open est inauguré et baptisé le Stadium Arthur Ashe. C’est le plus grand stade de tennis au monde avec 23 500 places.

    Depuis son installation à Flushing Meadows, l’Us Open est un lieu incontournable pour le monde du tennis mais aussi pour les habitants de New-York. Au fil des années, l’Us Open a su se construire une certaine notoriété. A cause de son environnement (bruyant), remporter le tournoi exige des nerfs d’aciers, une concentration absolue et un jeu complet. D’ailleurs, depuis 1978, l’US Open a quasiment récompensé des joueurs du TOP 5, à l’image de Roger Federer, imbattable entre 2004 et 2009. Depuis quelques éditions la pluie à contraint les organisateurs à mettre fin au super saturday « imposée » par la puissante chaîne tv, cbs. Dès l’édition 2013 la finale homme aura lieu le lundi.