Wimbledon est le plus vieux tournoi de tennis au monde. Il tient une place particulière dans l’histoire du jeu et dans l’esprit des joueurs qui rêvent tous de . de remporter le tournoi le plus prestigieux du Grand Chelem.

    Le tournoi doit sa notoriété à son environnement, à sa surface unique et à ses traditions (tenue vestimentaire blanche obligatoire, têtes de série désignées par les organisateurs…)

    Tout commence à Wimbledon, dans la banlieue de Londres (Angleterre), en 1875. Cette année là, le All England Croquet Club décide de proposer à ses adhérents un nouveau sport : le tennis ; inventé la même année, par le Major Wingfield.

    Le All England Croquet Club a été fondé en 1869 par deux britanniques : J.H Walsh, directeur de la principale revue de loisirs du pays, The Field et Henry Jones, son rédacteur en chef. Pour 120 livres par an, ils louent une prairie située à Wimbledon, entre Worple Road et une voie de chemin de fer. En 1875, les deux fondateurs achètent donc pour 25 livres le nouveau jeu du Major Wingfield.

    Les adhérents du All England Croquet Club testent, ainsi, le tennis et…le corrigent à plusieurs reprises. Henry Jones ne cessera d’améliorer les règles et le jeu du tennis.

    En février 1877, All England Croquet Club (rebaptisé depuis All England Lawn-tennis And Croquet Club) traverse une mauvaise passe financière. C’est alors qu’Henry Jones propose de créer un championnat de tennis pour renflouer les caisses du club. C’est ainsi qu’en juillet 1877, le premier tournoi de Wimbledon est né. La première grande compétition de l’histoire du tennis. Jusqu’en 1922, l’appellation officielle du tournoi sera le : Lawn-Tennis Championship. La première édition, ouverte uniquement aux hommes, a duré 5 jours (les 9, 10, 11, 12 et 19 juillet). Le All England Club a accueillit 22 joueurs et environ 200 spectateurs. .

    A l’époque, le tennis n’était évidement pas encore un sport à part entière mais plutôt un loisir. Néanmoins, le All England Club fit des efforts pour que Wimbledon soit une véritable compétition. Le 19 juillet, la finale du premier Wimbledon oppose un joueur de racket âgé de 27 ans, Spencer Gore, a un joueur de paume, M. Marshall. La victoire est revenu au premier (6/1 6/2 6/4) qui surprit tous ses adversaires en jouant un jeu offensif et puissant (montée au filet, volée, frappe puissante,…)

    En 1878, la participation est en hausse. 33 joueurs tentent de parvenir en finale pour affronter le vainqueur de l’année précédente. Le système du Challenge Round – le vainqueur était automatiquement qualifié pour la finale l’année suivante – a été en vigueur jusqu’en 1922. C’est Franck Hadow, en vacances dans les environs, qui eut le privilège de jouer la finale face à Spencer Gore. Cet anglais inconnu ne partait pas favori face aux volées et aux coups de puissants S. Gore (voir photo ci-dessous). Pourtant, Frank Hadow créa la surprise en remportant la finale (7/5 6/1 9/7). Incompréhensible victoire à moins d’admettre que Hadow venait d’inventer le lob ! Il s’étonna, après sa victoire, que personne n’est jamais pensé à lever la balle au-dessus de l’adversaire.

    L’édition de 1879 compte 1000 spectateurs le jour de la finale et 45 participants. La même année, le double homme apparaît. L’équipe victorieuse remportait un trophée offert par Oxford University Lawn Tennis Club.

    Il faut attendre 1884 pour voir, le premier tournoi féminin de Wimbledon. Ce sont deux sœurs qui jouent la finale. Maud et Lilian Watson. La victoire revient à la première sur le score de 6/8 6/3 6/3.

    Les années passent. Parallèlement à l’internalisation du tennis, la notoriété et le prestige de Wimbledon grandit. A la fin du 19e siècle, le tournoi est le plus important des championnats de tennis au monde ; malgré la création de d’autres compétitions internationales comme l’Us Open et le Championnat de terre battue à Paris (futur Roland Garros).

    Coté court, la fin du siècle est marquée par la domination des frères Renshaw sur les pelouses de Wimbledon. Ernest et Willie (inventeur du smash) collectionnent entre 1881 et 1890…7 trophées en double et 14 finales en simple messieurs dont 8 se sont soldés par une victoire. Willie a même remporté Wimbledon 6 fois de suite (1881-1886) en simple comme en double. Un record. Les Renshaw laisseront ensuite place à d’autres…frères : Laurie et Reggie Doherty. 9 victoires à eux deux entre 1898 et 1906.

    Chez les dames, c’est Lottie Dod (plus jeune championne de Wimbledon à l’âge de 15 ans), Charlotte Cooper et Dorothea Douglass qui dominent. 5 titres à chacune entre 1887 et 1910.

    Après une interruption du à la première Guerre Mondiale, Wimbledon reprend en 1919. En 1922, le tournoi déménage à Church Road (emplacement actuel), plus grand, mais reste toujours dans la banlieue de Londres, à Wimbledon.

    Ce déménagement s’accompagne également de divers changements. Le All England Club décide d’abord d’adopter définitivement le nom de Wimbledon, en remplacement au Lawn-Tennis Championship. Ensuite, le club organisateur prend la décision d’abolir le challenge Round. Wimbledon était le seul tournoi de tennis à instaurer et à maintenir ce système.

    Enfin, le 26 juin 1922 marque l’inauguration du stade de Wimbledon. Nommé Court Central, il a la particularité d’être recouvert de lierre et d’être le plus petit stade des 4 tournois du Grand Chelem (Open d’Australie, Roland Garros, Wimbledon, Us Open). Sa capacité ne dépasse pas 13 000 places.

    Les modifications de 1922 ne freinent pas l’évolution du tournoi. Le nombre de spectateurs est en constant augmentation (en 1932, 200 000 visiteurs), Wimbledon est dominé dans les années 20 par le tennis français, comme le reste du tennis mondial. Les Mousquetaires et Suzanne Lenglen remportent 11 titres en simple (6 pour les 4 mousquetaires et 5 pour Lenglen).

    L’aventure prend fin brutalement en 1931 (cette année là, deux américains s’affrontent mais la finale ne sera pas jouée. F.Shield se blesse la vieille).Les Français laissent place aux américains. Donald Budge, Bill Tilden et Helen Wills sont les nouveaux rois de Wimbledon jusqu’au début de la seconde Guerre Mondiale.
    Durant la guerre, le stade de Wimbledon est endommagé lors d’un bombardement en octobre 1940.

     La seconde Guerre Mondial terminée, le tournoi reprend son activité en 1946. Jusqu’en 1967, ce sont les américains et les australiens qui dominent Wimbledon. Dans un premier temps, les titres reviennent aux américains (Jack Kramer, Budge Patty, Tony Trabert, Maureen Connoly et Althea Gibson – première noire à gagner Wimbledon). A partir de 1950, c’est au tour des australiens (Roy Emerson, John Newcombe, Margaret Smith,…) de triompher.

    En 1968, le monde du tennis est en révolution. On exige que les tournois de tennis soient ouverts aux amateurs comme aux professionnel. Dés 1967, Wimbledon déclare qu’il ouvrira le tournoi à tous. En 1968, il est le premier à accueillir les professionnels, malgré la menace de la Fédération International de Tennis. Les autres tournois suivent. Le tennis Open est né.

    C’est en 1973 que Wimbledon rencontre sa première grande difficulté. Cette année là, polémique dans le monde du tennis. Le joueur yougoslave, Nikiki Pilic, vient d’être interdit de jouer par sa fédération, pour avoir refusé de disputer une rencontre de Coupe Davis. L’ATP (association des joueurs de tennis) décide de protester en boycottant le prochain rendez-vous de la saison : le tournoi de Wimbledon. Ainsi, 79 joueurs ne participent pas à l’édition de 1973. Panique ! Wimbledon craint que le public ne va pas suivre. Au contraire, les spectateurs sont présents. Ils sont prés de 400 000 à venir soutenir le tournoi.

    Les années 70 et 80 sont synonymes de grands travaux de rénovation. A l’occasion du centenaire du tournoi en 1977 et pour pouvoir accueillir les quelques 300 000 spectateurs annuels, l’organisateur de Wimbledon décide de construire dans un premier temps, le premier musée international de l’histoire du tennis. Ensuite, dans un second mouvement en 1979, les bâtiments entourant le centrale sont reconstruit et la toiture du stade est rehaussée pour créer des places supplémentaires. Enfin, en 1981, Wimbledon rachète des terrains voisins pour construire 4 nouveaux courts et un village commercial. Wimbledon s’étend sur 17 hectares, le plus grand des tournois du Grand Chelem. Les travaux se terminent définitivement en 1985 par l’agrandissement des locaux pour les médias.

    Coté court, les années 70 et 80, les suédois et les américains dominent le tableau homme. Le suédois Bjorn Borg remporte 5 victoires consécutives entre 1976 et 1980 (la finale de 1980 face à John McEnroe est la plus belle des finales avec un tie-Break de 34 points et un match en 5 sets de 3h53) ; avant de laisser place à un autre suédois, Stefan Edberg (1988 et 1990) et à l’américain John McEnroe (1981, 1983, 1984). Mais, Wimbledon voit également la victoire d’un jeune allemand, Boris Becker, plus jeune champion du tournoi à l’âge de 17 ans, en 1985.

    Du côté des dames, la domination est américaine. Martina Navratilova devient la plus titrée à Wimbledon avec 9 titres entre 1978 et 1990.A noter qu’entre 1982 et 1990, elle est présente à chaque fois en finale. Personne n’arrive à stopper Navratilova, à l’exception de Chris Evert (1981), Evonne Goolagong (1980) et l’allemande Steffi Graf (1988 et 1989). Cette dernière sera la reine de Wimbledon dans les années 90 avec 7 titres.

    Avant l’an 2000, l’américain Pete Sampras fait de Wimbledon son jardin privé. Avec 7 titres -le record – Sampras est invaincu à Wimbledon. Richard Krajiceck (champion en 1996) est le seul joueur avoir battu l’américain sur les pelouses londoniennes.

    En 2001, c’est le croate Goran Ivanisevic qui remporte la finale simple 2001. Surnommé « le malchanceux » de Wimbledon, il triomphe (avec un Will-Card) après deux finales en 1994 et 1998. Chez les dames, la suissesse Martina Hingis remporte Wimbledon à l’âge de 15 ans, en 1997.

    Depuis le début des années 2000, Wimbledon « appartient » aux sœurs  Williams et au suisse Roger Federer. Ce dernier a remporter 5 fois de suite Wimbledon avant d’être détrône par  l’espagnol, Rafael Nadal en 2008.