Novak Djokovic : «J’étais proche, mais ce n’était pas mon jour»
1 février 2026Novak Djokovic s’est incliné dimanche en finale de l’Open d’Australie. Le Serbe, malgré le gain du premier set, n’a rien pu faire pour stopper le sacre de Carlos Alcaraz, mais reste confiant quant à ses capacités à conquérir un 25e titre du Grand Chelem.
À quel point ce tournoi nourrit-il votre conviction que vous pouvez encore rivaliser ?
J’ai toujours cru que je le pouvais. C’est génial d’avoir pu battre Jannik (Sinner) en cinq sets et de m’être vraiment battu contre Carlos en quatre sets serrés. Je reste déçu de la façon dont je me suis senti dans les deuxième et troisième sets après un départ incroyable. Je me sentais super bien, puis les choses ont changé. C’est comme ça. Mais bien sûr, quand on tire un trait et qu’on fait le bilan des deux dernières semaines, c’est une réussite incroyable pour moi d’avoir pu jouer cette finale, d’être passé à quelques sets peut-être d’un titre. Forcément, après une défaite, le sentiment est amer mais, malgré tout, je dois être satisfait de ce résultat.
Qu’est-ce qui a changé durant le match ?
Je n’aime jamais parler de ce par quoi je passe physiquement, car on dirait que je cherche des excuses et cela enlèverait du crédit au vainqueur. Je vais simplement féliciter Carlos.
Y avait-il certains…
Non, je ne partagerai rien là-dessus. Mais côté jeu, vous l’avez vu. Le premier set a été l’un des meilleurs que j’ai joués ces dernières années. Puis j’ai retrouvé de l’énergie au milieu du quatrième. Et il y a eu ce coup droit raté à 4 partout sur une balle de break au 4e set… Mon coup de droit m’a lâché dans les moments importants. Un ou deux coups peuvent changer la dynamique d’un match, et c’est ce qui s’est passé. J’étais proche, mais ce n’était pas mon jour.
Avec ce qui s’est passé ces derniers jours (forfait de Jakub Mensik, abandon de Lorenzo Musetti), avez-vous eu l’impression que c’était le destin, que les choses tournaient en votre faveur ?
On en a déjà parlé mais, dans l’ensemble, c’est certain, ce fut un tournoi fantastique. Je savais que je devrais probablement battre ces deux-là (Sinner, Alcaraz) sur la route du titre. J’en ai battu un, ce qui est génial, c’est une étape de plus que l’an dernier en Grand Chelem. C’est très encourageant. Mais bon, pour moi, ça ne suffit pas. On verra. Je vais continuer à pousser et voir si j’ai une autre chance. J’ai la conviction, la confiance et la vision nécessaires pour gagner un Grand Chelem, n’importe où. Mais comme je l’ai dit pendant le discours, je ne m’y attendais pas. C’est différent. En ce qui concerne les attentes, je les ai abaissées ces deux dernières années, ce qui me permet, je pense, de lâcher une partie de ce stress supplémentaire inutile. Il y a toujours de la tension et de la pression, et je ne veux pas être submergé par cela. Ça fait aussi du bien de ne pas toujours être le grand favori. Je pense que cela donne un peu de motivation supplémentaire quand on arrive dans les derniers tours. J’ai réussi à battre Jannik. Match incroyable, accomplissement incroyable. Là, je suis encore un peu amer. Mais, encore une fois, j’ai perdu contre le numéro 1 mondial et un joueur déjà légendaire. Je sais comment gérer cela sur le plan mental ou émotionnel. Pour moi, la meilleure façon de gérer l’après-compétition est d’être avec ma famille.
Parlez-nous d’Alcaraz…
Je ne trouve plus de superlatifs. Il mérite chaque éloge qu’il reçoit de ses pairs et de toute la communauté du tennis. C’est un jeune homme très charmant. De bonnes valeurs, une belle famille. Et bien sûr, déjà un joueur de tennis légendaire qui a marqué l’histoire, à seulement 22 ans. C’est impressionnant. Il a progressé physiquement, mentalement, techniquement. Il cherche constamment à innover, et c’est exactement la mentalité qu’un champion doit nourrir. Je suppose que ces deux-là (avec Sinner) vont se battre pour les plus grands titres, et puis les jeunes joueurs comme moi vont essayer de rattraper leur retard. (Sourire.)
Propos recueillis par E-A
Photo Tennis Australia








