Jannik Sinner : «Ce sont des jours très, très rares»
12 juillet 2026Jannik Sinner a remporté le tournoi de Wimbledon pour la deuxième année consécutive, son cinquième titre du Grand Chelem. Dimanche, en finale, l’Italien a battu l’Allemand Alexander Zverev en quatre sets (6-7 [7], 7-6 [2], 6-3, 6-4).
Comment comparez-vous les émotions ressenties après ce cinquième titre du Grand Chelem par rapport aux quatre premiers ?
Pour moi, celui-ci compte beaucoup parce que la période après Paris a été difficile. L’année dernière aussi avait été compliquée. Mais en venant ici, j’ai essayé de me mettre dans la meilleure position pour être le plus compétitif possible. Nous avons fait énormément de journées de travail à Monaco, de très, très longues journées… J’ai clairement sacrifié beaucoup de mon temps et de tout le reste pour être dans cette position. Réussir signifie beaucoup pour moi. Et c’était une journée incroyable aujourd’hui (dimanche).
Est-ce de la joie, de l’euphorie ou tout simplement du soulagement ?
Je ne pense pas que ce soit du soulagement. La seule chose qui me rend très heureux, c’est que j’essaie de faire de mon mieux chaque jour. Ce n’est pas un échec si on ne gagne pas un Grand Chelem. Ce sont des jours très, très rares. Maintenant, j’en ai eu cinq dans toute ma vie. On parle de cinq Grands Chelems, mais au bout du compte, ce ne sont que cinq jours parmi tant d’autres. On veut juste en profiter. Jouer une finale de Grand Chelem est quelque chose de si rare et de si spécial. Un immense respect à Sascha [Alexander Zverev], car ce qu’il fait est incroyable. J’avais pu voir en le regardant jouer ses autres matches que son coup droit partait très vite. C’est un joueur très piégeux à affronter, car il peut y avoir plusieurs jeux d’affilée où vous ne touchez pas la balle tellement il sert bien. Et dès qu’il le peut, il essaie maintenant de faire énormément de dégâts. Son jeu ne cesse de progresser. Ce qui est positif, car il y a toujours quelqu’un qui vous pousse dans vos retranchements. On espère que Carlos [Alcaraz] va revenir aussi, car le tennis a besoin de lui. Avoir encore Novak dans les parages, voir tous les jeunes joueurs arriver, c’est vraiment super.
Defence complete.
Jannik Sinner defeats Alexander Zverev 6-7(7), 7-6(2), 6-3, 6-4 to win his second Wimbledon trophy. #Wimbledon pic.twitter.com/TejFI5DdbW
— Wimbledon (@Wimbledon) July 12, 2026
Vous n’avez eu qu’une seule balle de break à gérer en presque quatre heures de match. Comment faites-vous pour rester si concentré ?
Je ne sais pas (sourire). C’est juste le fait de rester dans le moment présent. Si on perd son service une fois, le set est très probablement plié. Surtout face à Sascha. Contre les meilleurs joueurs du monde, il faut être très vigilant sur ses propres jeux de service. Si vous regardez mes performances lors des deux ou trois premiers matches, puis la façon dont j’ai terminé le tournoi, j’ai été en constante progression. C’est exactement ce dont j’avais besoin. Je cherchais cette amélioration, une progression dans mon jeu, et nous y sommes parvenus.
Seriez-vous d’accord pour dire que votre arme décisive lors de ces deux derniers matches, que ce soit contre Djokovic ou Zverev, a été votre retour ?
Le tennis est avant tout une question de confiance. J’ai toujours pensé qu’il est plus facile de retourner si l’on sait mentalement que l’on peut tenir son service, car on est un peu plus libre pour retourner du mieux possible. Ceci dit, quand Sasha sert comme ça, il est vraiment, vraiment difficile à breaker, surtout sur une surface comme celle-ci… J’ai essayé de deviner, surtout dans les moments importants, comme le tie-break du deuxième set, où il allait servir…
Où s’est faite la différence dans ce match ? Avez-vous eu l’impression que sa glissade avait eu une influence ?
Je ne sais pas. On parle de très petits détails. Nous avons commencé le match dans des conditions très chaudes, et il y avait aussi du vent. C’était vraiment difficile de breaker, surtout du côté de la “Royal Box”, car on jouait contre le vent. Puis, le soleil s’est couché, et on ne voyait plus très bien la balle non plus. Honnêtement, j’ai juste essayé d’être aussi présent que possible avec la bonne attitude. Je pense que cela a été la plus grande clé aujourd’hui. J’ai quand même eu l’impression qu’il bougeait plutôt bien après sa glissade.
Pouvez-vous partager ce que vous avez dit à la famille royale ?
Ce n’était pas plus facile que l’an dernier (sourire). J’ai tellement de respect que je ne sais jamais trop où se situe la limite. J’ai demandé aux enfants s’ils jouaient encore. Ils étaient très contents et m’ont dit que oui. Nous avons eu une très, très courte discussion. Mais j’adore ça. Le fait qu’ils prennent aussi le temps de discuter avec moi, c’est quelque chose de vraiment très gentil.
Propos recueillis par E-A à Wimbledon
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