La seconde vie de Michaël Llodra

3 mai 2015 Non Par SoTennis
Michaël Llodra Roland-Garros 2014 entraînement

©SoTennis

Sans lui, où serait aujourd’hui l’équipe de France de Coupe Davis? Certainement pas là où elle en est. Michaël Llodra l’a dit, il ne jouera plus en simple. À bientôt 35 ans « Mika » évoque pour So Tennis les principales étapes de sa carrière, lui qui a su faire tomber toutes les étiquettes qu’on lui avait collé, sa nouvelle vie bordelaise, et ses prochaines échéances qu’il espère (re)vivre… en bleu.




Pour la première fois cette année vous êtes l’ambassadeur du BNP PARIBAS Primrose (11-17 mai 2015), en quoi consiste ce rôle?
Ce sera la première fois, que je vais occuper ce rôle pour le tournoi, que je ne disputerai pas comme joueur. Ce rôle consiste à passer du temps avec les partenaires de cet événement, mais aussi avec les joueurs engagés pour cette compétition, qui se situe à deux semaines de Roland-Garros, en les chouchoutant, et en répondant aux demandes de dernière minute.

Le fait que ce soit un club (la Villa Primrose) qui organise cet événement au sein de ses infrastructures, change-t-il la manière de vivre le tournoi?
Il y a énormément de choses à gérer en amont. Il faut s’occuper des joueurs, et à la fois les protéger. On ne peut pas sans cesse les mettre sur le devant de la scène, ils ont besoin d’un petit peu de temps pour eux. C’est pour cela que des aménagements spécifiques, comme une nouvelle salle de gym, un salon privé, seront encore présents au sein de la Villa Primrose. Des kinésithérapeutes et physiothérapeutes, permettront aux joueurs de préparer au mieux leur match. Mais aussi, le fait que le tournoi soit organisé dans un club, permet d’être proche du public. C’est aussi ça la magie de ce tournoi.

«La Coupe Davis m’a tellement fait vibrer, que dès qu’il y a une rencontre, je ne peux pas m’empêcher d’essayer de faire partie de cette équipe»

L’an dernier pour votre dernière saison en simple une blessure au coude est venue perturber vos aspérités. Aujourd’hui qu’en est-il de sa guérison ?
J’ai repris le tennis il y a quelques jours, après quatre mois et demi d’arrêt, suite à une opération au coude, qui a eu pour conséquence le retrait d’un bout de tendon. Ce qui a nécessité du temps, et beaucoup de rééducation pour retrouver la forme. En ce moment je tape entre 30 à 45 minutes tous les deux jours, en ayant aucune douleur. Cela reste encore difficile de pouvoir prévoir précisément la date de mon retour sur les courts. Mais il n’est pas exclu que je reprenne lors de la saison sur gazon, une surface que j’adore.

Votre carrière est également associée à l’équipe de France de Coupe Davis, pour laquelle vous avez officié durant 14 ans. La réintégrer pour le double est-ce votre ultime défi tennistique?
C’est une des raisons qui me donne encore envie de jouer au tennis. La Coupe Davis m’a tellement fait vibrer, elle m’a tellement apporté, que dès qu’il y a une rencontre, je ne peux pas m’empêcher d’essayer de faire partie de cette équipe. Aujourd’hui la concurrence est rude, les joueurs sont très forts, mais à chaque fois je me dis que si peux bien jouer avant une rencontre, et montrer au capitaine que je peux être aussi potentiellement sélectionnable, je vais tenter ma chance.

En 2010, vous avez été sélectionné pour la première fois en simple et en double lors des ½ finales face à l’Argentine, à l’âge de 30 ans. Considérez-vous ce moment comme le début d’une nouvelle carrière?
Ma carrière en Coupe Davis a souvent été associée au double. Il est vrai qu’en 2010 j’ai fait une partie de cette campagne en simple et en double. Lors de cette demi-finale la principale raison pour laquelle j’ai joué en simple et en double, c’est qu’elle s’est déroulée sur surface rapide, et que le premier jour j’avais remporté le match en trois sets. De ce fait, j’ai pu enchaîner avec le double le lendemain, sans être trop fatigué. Avant cela j’avais remporté malgré tout trois titres en simple. La difficulté en équipe de France est d’enchaîner les matches, simple, double, simple. C’est toujours très dur de pouvoir disputer des rencontres qui peuvent aller au meilleur des cinq sets.

«J’ai la chance d’avoir une épouse extraordinaire, et trois enfants qui m’ont permis d’aller de l’avant»

C’est également une période durant laquelle vous avez collaboré avec Amélie Mauresmo, lors de la saison sur gazon. Comment a-t-elle réussi à vous faire prendre conscience de vos capacités, à cette époque là?
Tout d’abord Amélie c’est une très bonne copine, j’avais sollicité son aide, afin qu’elle m’apporte un regard différent, notamment sur l’approche mental. Nous avons travaillé ensemble au moment de la saison sur gazon, où j’avais gagné le tournoi d’Eastbourne. Elle m’a permis de faire sauter quelques verrous, dans mon approche des tournois, et sur ma manière de gérer le stress. Dès le départ nous avions convié que cette aide serait pour un mois.

Votre carrière a été jalonnée par différentes épreuves, notamment la perte de l’une de vos proches. Comment avez-vous traversé cette période ?
Ce sont toujours des moments durs, qu’il faut surmonter. On n’est jamais préparé à perdre un membre de sa famille, encore plus lorsque c’est votre père ou votre mère. En deux semaines ma maman est partie, et du coup ça a été une grande leçon d’humilité, car on a tendance à croire que tout est beau… et puis on a l’impression que tout s’écroule. J’ai la chance d’avoir une épouse extraordinaire, d’avoir trois enfants qui m’ont permis d’aller de l’avant, car on n’est plus le fils de, mais le père de ses enfants. Ça m’a permis aussi de me poser certaines questions. C’est toujours dans les moments difficiles qu’on peut se rendre compte si on est un champion.

En vous installant à Bordeaux vous allez pouvoir pleinement assouvir votre passion pour le vin. En habitant cette ville, souhaitez-vous ouvrir un bar à vin, ou concrétiser un projet ayant un rapport avec l’œnologie?
Il y a de beaux projets qui sont envisageables, ici à Bordeaux. Le fait de m’installer dans cette région mondialement connue notamment pour le vin, c’est vrai que ça laisse rêveur. Je vais prendre un peu de temps pour bien m’installer, de voir vraiment ce que j’ai envie de faire. A travers le club de la Villa Primrose je vais aussi avoir différentes missions. Mais bien évidemment que je vais m’investir dans ce domaine d’activité.

A l’approche de Roland-Garros, dans quel état d’esprit abordez-vous ce Grand Chelem, que vous allez vivre en tant que consultant pour l’un des diffuseurs du tournoi?
Pour moi cette activité de consultant pour la télévision est nouvelle. Ça va être le premier tournoi de Roland-Garros où je ne vais pas être sur le terrain, après 18 années consécutives. C’est une nouvelle vie qui va commencer, même si je n’ai pas totalement arrêté le tennis, puisque je compte encore jouer en double. Ça va être une autre approche, une manière aussi de passer le témoin. Il y a quelques semaines j’ai débuté cette collaboration à l’occasion du Masters 1000 de Monte-Carlo, où j’ai commenté les ½ finales et la finale, maintenant je vais voir comment ça va se passer à Roland-Garros.

Propos recueillis par E-A
BNP PARIPAS Primrose du 11 au 17 mai 2015 à la Villa Primrose