La vie d’après Emma

La vie d’après Emma

9 octobre 2021 0 Par SoTennis

Titrée à l’US Open, après s’être extirpée des qualifications, Emma Raducanu avait créé la sensation. À 18 ans, la Britannique avait subitement basculé dans une nouvelle dimension. Après l’ivresse de la victoire et des nombreuses sollicitations, l’actuelle 22e mondiale, qui s’est promis de rester la même, a renoué avec la compétition à l’occasion du tournoi d’Indian Wells. Un retour qui s’est soldé par une défaite face à la 100e mondiale.

« Je pense que ma plus grande réussite, c’est la manière dont j’ai réussi à ne penser à absolument rien d’autre qu’à mon plan de jeu » avait répondu en conférence de presse Emma Raducanu, après sa victoire à l’US Open. Une citation qui résume l’état d’esprit dans lequel était celle qui a remporté son premier Grand Chelem, après s’être extirpée des qualifications, sans perdre un set. Une folle édition 2021, où la Britannique, âgée de 18 ans, avait amené un vent de fraîcheur sur le circuit WTA. Déjà, lors du dernier Wimbledon, la native de l’Ontario avait fait parler d’elle en atteignant les huitièmes de finale. Après son sacre à New York, elle avait traversé le tourbillon médiatique, qui résulte un tel exploit, avec la même fraîcheur avec la même insouciance et le même sang-froid que sur le court et où son sens de la communication avait, aussi, séduit. Un exploit et une belle histoire qui ont également attiré de nouveaux sponsors à l’image de Tiffany & Co ou encore Aston Martin. « Elle est très authentique et on a l’impression qu’elle vit une vraie vie d’adolescente, abonde l’avocat Andy Korman à l’agence PA news. Les marques dans le sport, la mode, les sociétés de téléphonie mobile collent bien avec elle. Elle est encore au stade de la construction de sa propre marque personnelle et les gens seront attentifs au type de sponsors qu’elle engage. »

Avec une popularité sur les réseaux sociaux exponentielle (avant l’US Open elle comptait 400 000 followers à son compte Instagram. Elle dépasse aujourd’hui les 2 millions), créant un compte sur le site de microbloging chinois Weibo, celle qui est née d’une mère chinoise et d’un père roumain, peut, ainsi, jouer sur tous les tableaux. Bien qu’appartenant à la génération Z, Emma Raducanu semble avoir vite compris les affres de cette connexion sans filtre. À l’US Open, elle avait d’ailleurs confié son smartphone à son physio. Après les mondanités, les félicitations de la reine Elisabeth II, Emma Raducanu était rentrée chez elle, en Grande Bretagne, pour revoir, enfin, sa famille et participer, entre autres, fin septembre, à un clinic en compagnie de la duchesse de Cambridge à Roehampton.

Rapidement, il était temps pour elle de préparer son retour à la compétition. Après avoir remercié son entraîneur, Andrew Richard, deux semaines après son sacre à New York, justifiant son choix par un souhait de trouver un coach « qui connaît le circuit WTA, et qui a l’expérience du haut niveau », l’actuelle 22e mondiale était arrivée à Indian Wells en compagnie de Jeremy Bates, entraîneur national à la LTA (Fédération britannique de tennis) de son agent Chris Helliar et de son nouveau statut de championne en Grand Chelem. À Indian Wells, celle qui clame qu’elle va « rester la même » a rapidement pu mesurer sa nouvelle popularité. Attirant lors de ses entraînements de nombreux fans, c’est sous leur regard et les objectifs des photographes qu’elle a préparé son entrée en lice à « Tennis Paradise ».

Emma Raducanu lors d’un de ses entraînements à Indian Wells.

Emma Raducanu lors d’un de ses entraînements à Indian Wells.

Bénéficiaire d’une wild-card, la Britannique, qui disputait pour la première fois de sa jeune carrière ce tournoi WTA 1000, a chuté au deuxième tour (elle était exemptée de 1er tour) face à la Biélorusse Aliaksandra Sasnovich (100e mondiale) en deux sets (6-2, 6-4). « Elle a joué un grand match. C’est une joueuse très expérimentée, moi, c’était ma première ici, analysait-elle à l’issue de la rencontre. Elle était meilleure que moi aujourd’hui donc elle méritait de gagner. Je suis encore nouvelle sur le circuit. L’expérience va venir en jouant semaine après semaine et en expérimentant des choses différentes. Je suis en quelque sorte contente de ce qui s’est passé aujourd’hui (vendredi) parce que je peux apprendre, prendre ça comme une leçon et, à l’avenir, j’aurai une expérience de plus. » Depuis ce titre à l’US Open, tout a changé dans sa vie de championne. Déjà délestée du poids de devenir la première Britannique à remporter un Majeur depuis Virginia Wade, Emma Raducanu se sait désormais attendue et observée. Rien n’est plus difficile que de confirmer après un exploit, surtout dans un sport où une qualifiée peut aller au bout de son improbable rêve.

E-A