Gaël Monfils : «Bien jouer, ça reste quand même quand je m’amuse»
16 janvier 2026Gaël Monfils, 39 ans, s’apprête à disputer pour la dernière fois de sa carrière l’Open d’Australie. Avant son entrée en lice, le Français, qui traîne quelques douleurs, a partagé vendredi en conférence de presse son état d’esprit.
Comment abordez-vous cette saison qui est la dernière de votre carrière ?
C’est un peu différent pour moi parce que c’est quelque chose que vous ne pouvez pas apprendre et que vous ne pouvez pas vraiment prédire. Je suis dans un processus d’apprentissage. Je suis heureux avec les gens qui m’entourent et qui m’aident à traverser cette expérience. J’ai toujours été relax de toute façon, mais tu as envie de bien faire pour toi, donc ça te rajoute forcément un peu plus de pression. Mais je n’y pense pas tant que ça.
Avez-vous changé quelque chose dans votre intersaison, la dernière aussi ?
À l’intersaison, je suis revenu de blessure donc c’était un peu délicat. C’est surtout essayer de trouver le bon équilibre pour mon corps. Ce n’est pas facile, j’ai de nouveau des douleurs. Je suis entre les deux. Je suis bien, mais je ne suis pas si bien que ça. Dans la tête, je suis très bien. Mais j’ai quelques petites douleurs avec lesquelles il faut que je fasse gaffe. Parce que j’ai envie de jouer à des moments où j’ai vraiment envie d’être au maximum de ce que je peux faire.
Vous êtes-vous fixé des objectifs ?
J’ai voulu, mais en fait, c’est essayer de se faire plaisir. J’ai envie de bien jouer. Et pour moi, bien jouer, ça reste quand même quand je m’amuse. Quand on a envie de bien faire, on est moins créatif donc on s’amuse un peu moins. C’est un peu dur de trouver le bon équilibre. J’ai envie de bien faire aussi pour moi. Tu as envie d’être bon sur certains matches. Si tu joues des gros matches, prendre du plaisir, pouvoir répondre de la plus belle des façons. Victoire, défaite, oui tu veux gagner, mais c’est être bon, ne pas subir le gros match.
Craignez-vous que ce soit la saison de trop au niveau physique ?
Cela n’existe pas une saison de trop. C’est juste que j’ai été blessé, je me suis fait mal, je suis revenu. Malheureusement, j’entame la saison, j’ai des petites douleurs aussi. Il faut juste arriver à être bon au moment où tu le souhaites. C’est ça qui est un peu chiant parce que c’est ma dernière saison, je l’ai annoncée. C’est sûr que si je ne m’étais pas fait mal, ça aurait été plus facile d’entamer la saison plus tranquillement.
Stan Wawrinka, qui arrêtera également en 2026, a dit qu’il continue à jouer pour gagner des matches. Partagez-vous cet état d’esprit ?
Quand tu te mets dans un tournoi, tu as toujours envie d’être compétitif. J’étais content cette semaine, j’ai fait un bon match dans ce que je pouvais donner, je me suis trouvé compétitif, j’ai joué un joueur plus fort que moi (ndlr : défaite contre Fabian Marozsan à Auckland 5-7, 6-3, 6-4). On est des compétiteurs, on a envie de gagner, mais il y a une vraie réalité. Entre ce qu’on a envie de faire et les vraies choses… Moi je suis assez simple, je vous dis la vérité, de temps en temps les gens prennent ça pour une faiblesse, mais ce n’est pas une faiblesse. On est moins fort, c’est plus dur. Les mecs sont plus forts que nous, à nous de trouver les ressources pour les battre. C’est ce que j’ai fait toute ma carrière. La compétition, ici ou aux cartes, je joue pour gagner.
Vous partagez cette dernière saison avec Dorian Descloix, que vous connaissez depuis très longtemps, c’était important ?
Je ne veux pas qu’on le voie comme un de mes potes, je ne veux pas qu’on lui mette cette étiquette, c’est avant tout un très bon entraîneur. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des gens qui m’ont accompagné que je peux appeler amis. On s’appelle tout le temps, ils viennent à la maison, je vais chez eux… Günter (Bresnik), il y a trois jours, je l’ai eu une heure trente au téléphone. Je suis allé chez lui avec ma petite. Dorian est arrivé dans une phase pas facile, où moi j’ai fait mon deuil. J’avais envie de l’annoncer bien avant. Toute ma tournée américaine a été gâchée par ça. En Asie, je me suis refait mal. Il est tombé dans un mauvais moment pour moi. Je m’en veux sur ça. Mais c’est un bon entraîneur.
Propos recueillis par E-A







