Carlos Alcaraz : «C’est un rêve qui se concrétise»

Carlos Alcaraz : «C’est un rêve qui se concrétise»

1 février 2026 Non Par SoTennis

Carlos Alcaraz remporte l’Open d’Australie pour la première fois de sa carrière. Dimanche, en finale, le n°1 mondial a battu en quatre sets (2-6, 6-2, 6-3, 7-5) Novak Djokovic. L’Espagnol devient, à 22 ans, le plus jeune joueur à avoir remporté les quatre titres du Grand Chelem.

Vous venez de réaliser à 22 ans le Grand Chelem en carrière, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

C’est une sensation incroyable. C’est quelque chose que j’avais en tête. Chaque fois que j’arrive en Australie, c’est au sortir d’une pré-saison où je suis déjà focalisé sur ce tournoi. J’ai toujours fait en sorte de me préparer du mieux possible pour pouvoir soulever le trophée. Les années précédentes, ça n’était pas allé dans mon sens, alors je suis très heureux d’avoir pu me forcer à être meilleur. Et cette année, ça a payé.

La prochaine étape, est-ce le Grand Chelem calendaire ?

Cela va être un immense défi à relever. Pour l’instant, le prochain Grand Chelem c’est Roland-Garros où j’ai de très bons souvenirs. C’est toujours particulier quand j’arrive là-bas. Je ne veux pas me mettre trop de pression sur ce que je peux encore accomplir, mais ça va être génial. Je vais essayer de me préparer pour arriver dans de bonnes conditions, de travailler dur et de bien récupérer pour bien figurer dans le prochain Grand Chelem.

Vous avez su bien réagir après avoir été dominé dans le premier set…

Je l’ai dit, dans le tennis, tout peut changer sur un point. Un point, un sentiment, peut changer totalement le cours d’un match. Dans le premier set, je trouvais qu’il jouait admirablement. Je frappais bien, je bougeais bien, mais en face de moi il y avait un grand Novak, très inspiré, qui sortait de grands coups. Dans le premier jeu du deuxième set, il a fait quelques fautes inhabituelles jusque-là. Ça m’a permis de retrouver mon calme et ma confiance. Je me disais que le match pouvait basculer si je restais fort dans ma tête, si je gardais une attitude positive. J’ai fait quelques ajustements tactiques par rapport à ce qui n’avait pas fonctionné dans le premier set. Ça m’a aidé, je pense, à rentrer dans le match et à m’y sentir plus à l’aise.

Ce n’était pas votre première finale de Majeur face à Novak (ndlr : la troisième, après ses victoires à Wimbledon en 2023 et 2024). Est-ce qu’elle était particulière ?

La pré-saison, surtout, était différente. Je sortais d’une période très inhabituelle et assez compliquée. Beaucoup de gens s’exprimaient et formulaient des doutes sur mon niveau dans le tournoi. Mais, vous savez, chaque fois que je suis venu à Melbourne, c’était dans l’idée de soulever le trophée. Mais je n’y arrivais pas, je n’arrivais pas à dépasser les quarts de finale. Cette année, je suis arrivé plus motivé que jamais, fort mentalement et fermé à ce qui se disait sur moi. Et rien que pratiquer du bon tennis, ça voulait dire beaucoup pour moi. À la fin, c’est un rêve qui se concrétise. C’est d’autant plus fort que c’est face à Novak en finale. Il est une constante source d’inspiration, et pas que dans le tennis mais pour tous les athlètes. Il a tout donné pour faire mentir ceux qui disaient qu’il ne jouerait plus une finale en Grand Chelem ou qu’il ne pourrait plus battre Jannik (Sinner) ou moi. Et le voilà qui joue un tennis phénoménal et qui bat Jannik en demi-finales. Ce qu’il fait est incroyable. S’il maintient ce niveau sur toute la saison, il va encore faire de grandes choses. Il sera dangereux sur les Masters 1000 et je le vois encore en finale de Grand Chelem. Tout dépendra de son physique et de la difficulté de son parcours, mais il est toujours prêt à gagner de grands tournois.

On ne peut oublier que c’est votre premier titre en Grand Chelem sans Juan Carlos Ferrero à vos côtés. Est-ce que c’était une motivation supplémentaire de vous dire que vous pouviez le faire sans lui ?

Pas vraiment, pour être franc. C’est ce que je vous disais quand je me suis fermé à ce qu’on pouvait dire sur moi. J’ai joué pour moi et mon équipe. Ce n’est un secret pour personne que j’ai travaillé très dur durant la pré-saison. Pendant le tournoi, je devais faire en sorte de rester concentré sur moi-même, sur mon jeu, sur le fait d’y mettre toute ma passion. Je ne pensais qu’à ça. Mais maintenant que c’est fait, je suis bien content d’avoir prouvé à beaucoup de gens qu’ils avaient tort.

Vous êtes n°1 mondial, vous avez remporté tous les Grands Chelems. Quels sont vos prochains objectifs ? Remporter tous les Masters 1000 ?

Je déteste perdre (sourire), c’est ça ma motivation. En tout cas, perdre le moins possible. Oui, il y a des tournois que je veux vraiment remporter. J’aimerais bien faire la totale sur les Masters 1000 (il lui manque encore l’Open du Canada, Shanghai et Paris), oui. Au moins les remporter tous une fois. Bien sûr, les Finales ATP sont un objectif. Et puis la Coupe Davis que je veux remporter pour l’Espagne.

Est-ce que vous réalisez pleinement ce que vous venez d’accomplir ?

J’essaie (sourire). Le tennis est merveilleux, mais l’envers de la médaille c’est qu’il y a des tournois toutes les semaines et qu’on n’a pas toujours le temps de se poser pour prendre la mesure de ce qu’on vient de faire. Dès qu’on finit un tournoi, il faut se mettre dans le bon état d’esprit pour le prochain. Mais cette année, je veux apprécier et profiter de chaque moment, être dans le présent. Pas juste en soulevant les trophées, mais en étant dans les tournois, en jouant au tennis, en gagnant comme en perdant. Il faut savoir apprécier la vie que l’on mène. Alors je vais essayer de trouver le temps de profiter de tout ça. Je sais que j’écris l’histoire avec certains titres, certains tournois, certaines concrétisations. Et c’est un grand honneur que de voir mon nom dans le livre d’histoire du tennis.

Jusqu’à maintenant, chaque Grand Chelem remporté vous valait un nouveau tatouage. Ce sera quoi ?

Un kangourou, c’est certain. Un petit kangourou, mais je ne sais pas encore où. Enfin, ce sera sur la jambe, mais je ne sais pas laquelle. Mais ce sera proche de ceux pour Roland-Garros ou Wimbledon. Je dois faire mon choix (sourire). 

Propos recueillis par E-A
Photo Tennis Australia