Arthur Fils : «J’aime vivre mes émotions»
11 mars 2026Arthur Fils s’est qualifié pour les quarts de finale du Masters 1000 d’Indian Wells. Mardi, le Français a battu en deux sets (6-3, 7-6 [9]) le Canadien Félix Auger-Aliassime, n°9 mondial, son premier Top 10 cette saison.
Une qualification pour les quarts de finale d’un Masters 1000, une victoire contre un Top 10, à quel point c’est important de vous retrouvez là où vous étiez l’an passé avant votre blessure ?
Ça fait du bien, ça faisait quatre tournois (depuis son retour) que j’attendais cette victoire contre un Top 10. Après c’est un quart de finale, on est content mais le but ce n’est pas de s’arrêter là, je vais essayer de bien me concentrer pour mon quart et d’aller en demies. Je n’en ai jamais fait en Masters 1000 donc ce serait cool de le faire.
C’est sans doute votre meilleur match depuis votre retour mais où le classez-vous dans votre esprit sur ces dernières années ?
Je ne me suis pas rendu compte pendant que j’étais sur le court mais, après, mon coach m’a dit que j’avais très bien joué et surtout très bien tapé en coup droit. Je pense que c’est l’un de mes meilleurs matches, c’est sûr, parce que ce n’est pas souvent qu’on bat des tops 10, surtout Félix qui joue très bien en ce moment (ndlr : titré à l’ATP 250 de Montpellier, finaliste à l’ATP 500 de Rotterdam) donc forcément j’ai fait une bonne partie mais il faudra que je regarde.
Vous étiez mené 5-0 dans le jeu décisif du deuxième set et vous avez échangé avec votre box, que vous ont-ils dit ?
J’ai parlé avec Lapo (Becherini, son préparateur physique). Il m’a dit d’arrêter de me plaindre, de me concentrer et de jouer au tennis. À partir de là, j’ai essayé de faire abstraction de tout le reste et de me concentrer uniquement sur mon objectif : marquer des points encore et encore. (…) C’est cool d’avoir switché, c’est important mais je l’ai surtout fait pour retrouver ma concentration pour le troisième set. Je me suis dit qu’il fallait que je joue tout à fond et c’est rare de gagner un tie-break en étant à 5-0. Et au final, j’ai réussi à prendre le set.
Est-ce que ça résume aussi vos deux personnalités sur le court, on vous sent parfois dans l’émotion et d’autres fois très détendu et concentré ?
Si je pouvais être juste détendu, calme et concentré, je signerais tout de suite. Mais c’est aussi dans ma personnalité de laisser parler mes émotions. J’aime parfois célébrer, parfois m’énerver un peu. Le but c’est de ne jamais s’énerver bien sûr, mais j’aime vivre mes émotions. Après quand on arrive aux moments importants, je pense qu’il vaut mieux être très concentré et ne pas vraiment montrer ses émotions, même si elles sont positives.
Avec tout le travail accompli après votre fracture au dos, est-ce que vous pensez avoir réussi à construire une meilleure version de vous-même pendant ces six mois loin du circuit ?
Franchement oui, tennistiquement oui, mais aussi physiquement. Je peux jouer pendant pas mal d’heures à ce niveau-là et à cette intensité. On a vraiment fait un gros travail physique. Aussi un gros travail technique. Mais les deux liés, ça fonctionne plutôt bien. On avait beaucoup de temps, c’est comme si j’avais fait deux pré-saisons d’affilée. J’ai passé des mois à ne pas toucher la raquette et à ne faire que du physique avec des journées vraiment longues. Je n’avais pas le choix si je voulais revenir au meilleur niveau, même mieux quand je suis parti, je devais faire ça.
Propos recueillis par E-A
Photo BNP Paribas Open







