Alexandra Eala: «C’est formidable de pouvoir faire cela pour mon pays»
2 juillet 2026Alexandra Eala, tête de série n°29, a battu jeudi l’Australienne Maya Joint en trois sets (3-6, 6-2, 6-0). La Philippine s’est qualifié pour la première fois de sa carrière au troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem.
Vous êtes la première joueuse philippine à atteindre le troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem à l’ère Open. Que représente pour vous le fait de continuer à écrire cette histoire et de représenter votre pays ?
Je sais, ça a un impact énorme quand on le dit comme ça. C’est formidable pour moi de pouvoir faire cela pour mon pays, mais je crois que c’est aussi très émouvant à chaque fois que je franchis une nouvelle étape ou que j’ouvre la voie, tout simplement parce qu’il s’agit aussi d’objectifs et d’accomplissements personnels. Ce sont des choses pour lesquelles j’ai travaillé très dur, vous savez. Des choses pour lesquelles mon équipe a travaillé très dur aussi. J’apprécie vraiment de pouvoir partager cela avec la nation, mais je pense qu’avant tout, cela me rend extrêmement fière, c’est grâce au travail que j’ai accompli.
Sur le court 3, Alexandra Eala, tête de série n°29, bat Maya Joint, 3-6 6-2 6-0, et se qualifie pour la première fois pour le 3e tour à #Wimbledon une première aussi pour une joueuse philippine. Next @iga_swiatek. pic.twitter.com/oMEQ1lIeGh
— So Tennis (@sotennis1) July 2, 2026
Vous allez affronter Iga Switek au prochain tour, la tenante du titre. Vous avez joué l’une contre l’autre sur dur et sur terre battue cette année, avec des matchs très disputés à chaque fois. Comment abordez-vous cette première confrontation sur gazon ? Comment pensez-vous que vos styles de jeu vont se confronter ?
C’est une excellente question. Je pense que ce sera difficile pour moi. Je vais essayer de lui rendre la tâche difficile, à elle aussi. Vous savez, c’est une surface différente de celles sur lesquelles nous avons joué auparavant ; je pense donc qu’il y aura — c’est certain — des aspects différents par rapport à la dernière fois. Elle a remporté un tournoi du Grand Chelem sur gazon. Elle en a gagné un sur terre battue (ndlr : quatre fois à Roland-Garros). A-t-elle gagné un Grand Chelem sur dur ? Je ne sais plus… Ah si, elle en a gagné un sur dur. Bref, je m’attends à un sacré défi (sourire). Mais je pense être prête. Je suis prête à relever ce défi de front, oui.
Il y a une phrase inscrite dans votre langue maternelle sur votre sweat-shirt et à l’arrière de votre visière. Pourquoi cette phrase résonne-t-elle en vous, et pourquoi celle-ci en particulier ?
C’était vraiment une belle attention de la part de Nike (son équipementier). Il s’agit d’une citation en tagalog : « Kapag lumago, hindi na hihinto. » Cela se traduit en gros par « Une fois que ça pousse, rien ne peut l’arrêter » ou « c’est inarrêtable ». Bien sûr, nous poursuivons sur le thème de la fleur de sampaguita, que je portais dans les cheveux l’année dernière. Je trouve très émouvant de pouvoir porter — ou plutôt d’emporter avec moi sur le court — des éléments de ma culture, car elle a évidemment énormément contribué à faire de moi la personne que je suis. Mes origines constituent une part importante de mon identité actuelle et de celle que je souhaite me forger à l’avenir. Et le fait de pouvoir représenter les Philippines à Wimbledon — et sur les plus grandes scènes mondiales — compte énormément pour moi.
Étant donné que vous représentez votre pays et que tant de gens tirent de la fierté de vos résultats, est-ce parfois un défi de veiller à vous faire passer en premier et à placer vos objectifs personnels au sommet de vos priorités ?
Eh bien, mes objectifs personnels ont toujours été ma priorité. C’est mon parcours. Je suis heureuse de pouvoir le partager avec tous ceux qui souhaitent y prendre part. Mais je pense que ce qui rend les choses naturelles et plus faciles à gérer, c’est avant tout l’authenticité. Toute mon histoire est authentique ; elle me tient vraiment à cœur. Je n’essaie pas de me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. Je ne cherche pas à m’éloigner de mes valeurs. Je pense donc que cela m’aide à garder le cap et, vous savez, à gérer ces situations. Vous savez, la pression existe dans la vie de tous les jours, et encore plus lorsqu’on est un athlète de compétition. À cet égard, je pense que tout le monde — vous tous, probablement — a dû trouver sa propre façon de composer avec la pression. Pour moi, c’est exactement la même chose.
Propos recueillis par E-A à Wimbledon







