Arthur fils: «Être de retour à ce niveau, dans le cercle des vainqueurs, ça signifie beaucoup»

Arthur fils: «Être de retour à ce niveau, dans le cercle des vainqueurs, ça signifie beaucoup»

19 avril 2026 Non Par SoTennis

Arthur Fils a remporté l’ATP 500 de Barcelone, son quatrième titre en simple, le premier depuis octobre 2024. Dimanche, en finale, le Français a battu Andrey Rublev en deux sets (6-2, 7-6 [2]) et occupera lundi prochain le 25e rang mondial.

Que ressentez-vous après cette victoire et ce nouveau titre ?  

Ça fait du bien. Être de retour à ce niveau, dans le cercle des vainqueurs, ça signifie beaucoup et c’est un sentiment génial. Ça veut dire que je suis de retour. Je suis bien de retour. Ça fait un an et demi que je n’avais pas gagné de titre. Et de revenir, de gagner un trophée de cette manière-là, ça fait du bien. C’est toujours bien de faire des demis, des quarts, des finales. Mais gagner, c’est important.

Au deuxième set, vous meniez 5-2. Que s’est-il passé…  

C’est dingue, mais je ne le vois pas vraiment venir. Parce que pendant tout le match, je suis assez en contrôle et je joue plutôt bien. Et tactiquement, je fais tout ce qu’il faut bien faire et je mets pas mal d’intensité. Et puis après, on a changé de balles, 6-2-5-3, balles neuves. Et c’est à ce moment-là où il faut normalement un peu plus contrôler la balle. Et quand tu te tends un peu, c’est là où tu peux louper encore plus. J’ai fait un jeu à 5-3 où j’ai dû faire 4 fautes, je ne me souviens même plus. Goran (Ivanisevic) m’a dit que c’était peut-être le pire jeu qu’il ait vu sur le circuit ATP. Il a peut-être raison. À 5-4, pas grand-chose à dire. Je suis à 15-40 sur son service, je fais un bon jeu et peut-être qu’à 30-40, au lieu de faire un retour slicé que je faisais quand j’avais 10 ans, peut-être que j’aurais pu la taper, la balle… Mais bon, ce n’est pas grave, ce n’était pas la fin du monde. Je devais juste rester calme. Il fallait rester serein : si on devait aller au troisième set, on irait au troisième set. Mais bien sûr, dans ces situations, c’est très difficile de garder la même attitude et la même mentalité parce qu’on commence à se dire : “Oh, je vais gagner”. Le mieux, c’est de vivre l’instant présent, vous voyez ? Ne pas se projeter. Je pense que je me suis projeté, et c’est pour ça que je me suis fait breaker et que j’ai joué des jeux médiocres. Mais c’est normal, je dois encore acquérir de l’expérience là-dessus.

Au niveau des statistiques de performance ATP, seuls Jannik Sinner, Carlos Alcaraz et Novak Djokovic ont produit un meilleur tennis…  

Vous savez, les chiffres… ce sont des chiffres. Mais ce n’est jamais simple avec les stats, car j’avais le sentiment de pouvoir faire mieux. J’ai très bien joué, c’est vrai, mais j’ai raté quelques coups. Je n’ai pas servi comme je le voulais. C’était quand même très bien, je ne dis pas que c’était mauvais. C’était peut-être le meilleur match de ma semaine. Mais je pense pouvoir améliorer quelques détails. Je vais voir ça avec mon équipe et essayer de progresser. Ce serait d’ailleurs intéressant de voir mes stats de Miami, car j’avais l’impression de jouer peut-être encore mieux là-bas qu’ici.

Pensez-vous que c’est la meilleure semaine tennistique de votre carrière ?  

Non. C’est une très bonne semaine, très positive et très agréable. Mais si je devais en choisir une seule, je dirais peut-être ma semaine à Tokyo (ndlr : titré en octobre 2024), où j’ai très bien joué et remporté des matches de folie. Mais c’est vrai que cette semaine a peut-être été l’une de celles où j’ai été le plus concentré sur le court. C’est probablement pour ça que j’ai gagné.

Qu’est-ce que vous pensez pouvoir encore améliorer pour les prochaines semaines sur terre battue ?  

Franchement, je peux tout améliorer. Je me sentais bien, je bougeais pas mal sur le terrain, c’était pas “dégueu”. J’ai bien tapé en coup droit, j’ai assez bien servi tout au long de la semaine, même si c’est des choses que je peux mieux faire. Madrid n’est pas un tournoi qui me réussit, mais je vais essayer de faire au mieux. C’est bien, j’arrive sur une semaine où pour une fois, je n’ai pas de point à défendre. Donc c’est cool, je vais pouvoir frapper dans la balle, bien libéré, et puis on va voir ce que ça donne. Après, c’est des tournois que j’affectionne beaucoup. Il y a

Pensez-vous qu’avec ce niveau, vous pouvez battre Carlos Alcaraz sur un court comme le Philippe-Chatrier devant votre public ?  

Question piège. La dernière fois que j’ai joué Carlos, il m’a “botté les fesses” (ndlr :en février dernier finale à Doha. 6-2, 6-1 pour l’Espagnol). Donc, je dois rester humble, essayer de jouer mon jeu et grimper au classement du mieux possible. On pensera à ces deux-là (Carlos Alcaraz et Jannik Sinner) plus tard. Ce sont d’immenses champions. Je ne peux pas encore me comparer à eux. Je n’ai jamais gagné en deux sets contre eux, alors en trois sets (au meilleur des cinq manches), c’est encore plus dur j’imagine !

Propos recueillis par E-A
Photo Barcelona Open Banc Sabadell