Corentin Moutet: «Je suis plutôt content de l’avoir géré de cette façon»

Corentin Moutet: «Je suis plutôt content de l’avoir géré de cette façon»

18 janvier 2026 Non Par SoTennis

Corentin Moutet s’est qualifié pour le deuxième tour de l’Open d’Australie. Dimanche, le Français, touché à la cuisse gauche lors du troisième set, a battu Tristan Schoolkate (6-4, 7-6 [1], 6-3).

 Comment vous êtes-vous senti pour votre premier match de la saison?

Je me suis senti bien, content d’être sur le terrain, d’avoir des challenges à relever, de jouer contre un bon joueur. L’intersaison a été longue donc c’est cool d’arriver sur le terrain pour jouer des matches. J’ai essayé de prendre point par point, de relever le défi qui se présentait à moi. Un match de Grand Chelem, c’est long. Les défis changent au fur et à mesure. Je suis content de moi, j’ai relevé le défi, de la bonne manière je pense. Je peux mieux jouer, je peux faire plein de choses mieux purement tennistiques. Mais c’est déjà bien, ce n’est jamais facile de jouer un premier match, de rentrer directement dedans. Le match, c’est tellement spécifique par rapport à un entraînement que je suis plutôt content de l’avoir géré de cette façon.

Vous évoquez les différences entre le match et l’entraînement. Quelles sont-elles précisément ?

À l’entraînement, on est là pour faire évoluer son jeu, pour progresser. En match, on est là pour utiliser tout ce qu’on travaille à l’entraînement, dans l’ombre. On ne va pas sur le terrain pour les mêmes raisons. On est beaucoup plus dans notre tête pendant l’entraînement. On pense beaucoup plus à quoi améliorer, de quelle manière et on y veille à chaque frappe. Alors qu’en match, on se laisse plus aller, on essaye d’oublier toute cette partie travail et se concentrer sur se sentir le mieux possible et performer. C’est une approche différente. En match, il y a du monde qui nous regarde, ce qui n’est pas le cas à l’entraînement. Il y a donc le monde, l’envie de bien faire, la peur de ne pas bien faire. Plein de choses entrent en jeu. Il y a notre équipe qui nous accompagne, on a envie de lui donner des victoires et des bons moments. La différence, c’est qu’il y a victoire ou défaite, pas à l’entraînement. Même si on essaie de se détacher de cette victoire ou défaite, il y a des émotions qu’on ne ressent qu’en match qui font qu’on se consomme plus physiquement et mentalement. 

Que s’est-il passé au troisième set au niveau de votre cuisse gauche ?

J’ai eu mal à la jambe gauche, un peu. Je suis malade depuis quelques jours. Je n’ai pas très bien dormi et je n’ai pas pu beaucoup manger. C’est comme ça, je ne peux pas le changer. Malgré la manière dont je me sens le jour J, il y a un match. Lui a certainement aussi des choses à gérer. J’essaye de gérer les choses de la meilleure manière possible pour sortir vainqueur du match. Je suis en bonne santé, il n’y a rien de grave donc je ne pense pas que ça soit utile d’épiloguer dessus.

De 3-0 à 3-3 au troisième set, et alors que vous sembliez touché physiquement, vous avez su garder une très bonne attitude. Était-ce la clé ?

À ce moment-là, j’essaye de penser à moi-même, de me sentir de mieux en mieux, point après point. Le score est ce qu’il est. Je me concentre sur mon état pour aller de mieux en mieux. Mon attention était vraiment là-dessus. Un match, c’est long. Je menais deux sets à zéro, il avait trois sets à gagner, il y avait du temps. Le but était que je me sente mieux, c’était mon seul objectif, ne penser à rien d’autre. J’ai quand même tiré deux passings en revers pour breaker à la fin du set, j’ai quand même fait des coups gagnants. Il y a quand même eu des choses, je ne l’ai pas gagné par magie ce troisième set. J’ai dû adapter mon jeu pour le perturber d’une manière différente parce que mes aptitudes étaient différentes à ce moment-là. Et j’ai trouvé la clé donc je suis content de moi.

Propos recueillis par E-A