Fonds Roland Garros

Fonds Roland Garros

6 octobre 2021 0 Par SoTennis

Héros de l’aéronautique, sportif accompli, poète et écrivain, Roland Garros a marqué son époque. Mort le 6 octobre 1918, la veille de ses 30 ans, lors d’un combat aérien, celui qui a donné son nom à un stade et à un tournoi reste aujourd’hui, de par son abnégation et ses valeurs, une personnalité inspirante. Un parcours qui a incité, récemment, ses descendants à créer le Fonds Roland Garros. Jossua Roman Lantelme Garros, son Président, en évoque les contours.

Comment ce Fonds est-il né ?

Il y avait la volonté d’un certain nombre de membres de la famille de pouvoir promouvoir l’héritage des valeurs de Roland Garros. L’objectif était pour nous de créer une action philanthropique. C’était quelque chose qui avait mûri de notre côté depuis plusieurs années. Avec l’actuelle crise sanitaire (liée à la Covid-19) nous avons voulu accélérer les choses. Nous sommes dans des temps où l’action philanthropique est vraiment nécessaire. C’est aussi cela qui a précipité la volonté de créer une structure et de passer à des actions très concrètes sur le terrain. Il y a également un lien historique avec le tennis. Moi-même, je suis un passionné de tennis et tout naturellement, nous nous sommes tournés vers le tennis comme levier de nos activités et de notre vision philanthropique pour notamment soutenir l’éducation.

Quel est votre lien de parenté avec Roland Garros ?

Roland Garros était le cousin germain de mon arrière grand-mère.

À quel moment avez-vous pris connaissance de cette filiation ?

J’ai toujours su qui il était, par rapport à l’héritage familial. On me l’a toujours dit. D’ailleurs, le Fonds Roland Garros, fondé en juin 2020, dont je suis le Président, est une initiative d’un certain nombre de descendants de Roland Garros. Le conseil d’administration n’est composé que des descendants de Roland Garros.

Quel est votre rapport avec cet ascendant et cette vie qu’il a pu mener ?

Il y a de la fierté. Au-delà de ses activités aériennes, Roland Garros était un patriote. Il a donné sa vie pour la France (ndlr : mort pour la veille de ses 30 ans le 5 octobre 1918, dans un combat aérien). C’est quelqu’un qui a eu un parcours exemplaire. C’est aussi une responsabilité, notamment par rapport aux activités du Fonds, de pouvoir perpétuer cette vision-là, cette mémoire et de s’inscrire dans sa lignée et dans son parcours.

Ce Fonds Roland Garros a-t-il contribué à la réalisation de projets ?

Ce Fonds Roland Garros a deux objectifs. Dans un premier temps, il a pour objectif en France de soutenir un certain nombre d’organismes, d’associations qui œuvrent à la fois en faveur de l’éducation du tennis de la prise en charge de personnes handicapées. Ça, c’est notre action indirecte par le biais d’autres organismes. En France, nous sommes en partenariats avec un certain nombre de structures. Ce sont des activités à l’international, depuis la création du Fonds et notamment au Sénégal où nous avons mis en place un certain nombre de projets, qui sont très avancés sur le terrain, qui nous occupent le plus actuellement. En Afrique, la manière de pratiquer le tennis n’est pas au même stade, en termes d’infrastructures, de présence dans la société, qu’en Europe et en France. Il y a beaucoup de choses à construire pour justement renforcer, aussi, l’éducation. Nous avons ainsi commencé à travailler avec l’Olympique Club de Dakar, afin de former des jeunes au tennis en allant notamment dans les écoles pour leur apporter la connaissance du tennis. Le Fonds Roland Garros, concrètement, intervient en mettant en place le calendrier d’activité avec les parties prenantes, en fournissant le matériel et en prenant en charge tous les frais inhérents à ce type de projet. Nous essayons d’agir dans une logique de long terme, afin d’accompagner tout au long de leur formation ces jeunes. Nous avons commencé à travailler avec des enfants de 5, 6 ans pour la première promotion du Fonds Roland Garros en août 2020. Nous intervenons également dans la prise en charge de jeunes joueurs de tennis sénégalais âgés de 14, 15 ans qui sont identifiés comme des espoirs. En Afrique, il n’y a pas la même possibilité qu’en France d’avoir des sponsors et un soutien financier. Le Fonds vient apporter un soutien à ce niveau-là. Nous travaillons avec l’Elite Tennis Center, à Cannes (ndlr : dont le fondateur est Jean-René Lisnard) où notamment Seydina André, que nous accompagnons et qui a de belles valeurs, s’entraîne. Le Fonds prend également à sa charge, au Sénégal, la mise en place d’infrastructures, comme des courts de tennis, afin de permettre à des associations, notamment hors de Dakar, de permettre à des personnes de pratiquer le tennis.

Pourquoi l’Afrique et le Sénégal pour vos activités internationales ?

Le Sénégal offre, en Afrique, une certaine stabilité, par rapport à la pérennité des projets que nous mettons en œuvre. Il y a eu aussi une convergence et une envie particulière de travailler avec le Sénégal. Notre objectif à l’horizon 2022 est de déployer ce même type de projets au Cameroun.

Avez-vous eu l’opportunité d’évoquer ce sujet avec Yannick Noah (ndlr : qui a vécu au Cameroun jusqu’à ses 12 ans, qui y vit et qui souhaite construire des infrastructures sportives au Cameroun) ?

Ce n’est pas innocent si nous souhaitons aller vers le Cameroun. Nous n’avons pas pour le moment de contact direct et officiel entre le Fonds Roland Garros et Yannick Noah. Mais je sais que Philippe Rome (ndlr : conseiller de l’Elite Tennis Center) est en contact régulier avec lui. L’objectif est justement de pouvoir implémenter ce Fonds au Cameroun. C’est sûr que la présence de Yannick Noah ne peut être que bénéfique pour ce type d’initiative.

Ce Fonds Roland Garros, comment est-il financé ?

Sur chaque projet, il y a un engagement familial des descendants de Roland Garros qui est à hauteur d’environ 25 à 30 % du montant. L’objectif de ce Fonds, est aussi de faire participer des acteurs de la société civile, de la vie publique notamment en France, je parle là d’entreprises qui souhaiteraient s’engager dans la solidarité. Toutes les donations sont ainsi les bienvenues. (https://www.fondsrolandgarros.fr/)

La devise de Roland Garros, tracée en lettres dorées sur l’hélice de son avion, était : « La victoire appartient au plus opiniâtre ». En 2021, que vous inspire cette devise-là ?

C’est la devise que nous avons reprise pour le Fonds. C’était une citation que Roland Garros appréciait particulièrement, qui était une citation de Napoléon Bonaparte (la victoire appartient au plus persévérant). Cela traduisait son état d’esprit. Cela représentait bien sa personnalité et l’héritage de son parcours. En 2021, je pense que, même si les temps ont changé, cela doit traduire ce que nous voulons instaurer au niveau du Fonds et les valeurs que nous voulons transmettre.

Propos recueillis par E-A lors d’un entretien téléphonique réalisé le 14 septembre 2021.