Marta Kostyuk: «Quand je me suis libérée de ce passé, c’était incroyable»
2 mai 2026Marta Kostyuk s’impose à Madrid et remporte son premier WTA 1000. Samedi, l’Ukrainienne (23e mondiale) a battu en finale Mirra Andreeva en deux sets (6-3, 7-5).
Vous avez gagné en prenant beaucoup de risques. C’est votre façon habituelle de jouer sur terre battue ?
Je voulais lui mettre la pression dès le début. En plus, je servais vraiment bien. Dans le deuxième set, elle a fait trois jeux vraiment excellents. Moi, j’essayais de faire la même chose et ça a fonctionné. Mais, honnêtement, les deux sets étaient accrochés. J’ai dû défendre des balles de break quand je servais pour le premier, elle a eu deux balles de set dans le deuxième. Ça aurait pu aller dans un sens comme dans l’autre et je suis vraiment heureuse d’avoir pu finir en deux sets.
IT’S MARTA’S MOMENT 🏆💫💃@marta_kostyuk claims her first WTA 1000 title defeating Andreeva in straights 6-3, 7-5!#MMOPEN pic.twitter.com/Egmus5NlXx
— wta (@WTA) May 2, 2026
Vous vous êtes révélée au circuit à 15 ans et vous remportez votre plus grand titre à 23 ans. Ça a dû être un sacré chemin…
Je vais essayer de la faire courte. En début d’année, j’ai dit à mon équipe que ce que j’avais accompli quand j’avais 15 ans ne comptait plus pour moi. Pendant des années, on attendait beaucoup de moi en termes de résultats. Mais performer si jeune est presque devenu une malédiction. Quand je me suis libérée de ce passé, c’était incroyable. Je suis fière de ce que j’ai fait quand j’étais plus jeune, mais je devais m’en libérer. Ce fut un long voyage pour arriver à ce moment, surtout avec la route que j’ai choisie. J’ai grandi en étant coachée par ma mère. Au niveau relationnel, ce n’est jamais facile. Ce n’est pas facile d’avoir la personne qui vous est la plus proche dans la vie comme entraîneur. Aujourd’hui, je l’appelle toujours quand j’ai besoin de conseils. On a fait une courte session d’entraînement avec elle avant la saison sur terre battue. Je lui suis très reconnaissante pour les victoires que j’ai eues ces derniers mois. Il y a beaucoup d’histoires compliquées avec des parents qui sont aussi des coaches. Mais je suis contente que cela ait fait de moi une meilleure personne et une meilleure joueuse, même s’il a fallu en passer par des moments difficiles. Au final, rien ne change. J’ai gagné un WTA 1000, mais je veux juste continuer à faire les mêmes choses, continuer à travailler et à profiter. L’important, c’est le voyage, pas la destination.
Avec cette victoire, vous allez être 15e mondiale. Qu’est-ce que ça représente ?
Je n’en sais rien (rires). Je ne me focalise pas sur le classement. Ce n’est pas un objectif, mais je serais très heureuse si je finissais la saison sur terre dans le top 20. Mais je ne pense pas à un classement en particulier. Ce que je recherche, c’est la régularité dans les résultats. Le classement n’est que le reflet de ce que vous faites sur le court. Ça ne change rien. J’aurais peut-être de meilleurs tableaux mais, vous savez, en fin de compte toutes les joueuses sont très fortes. Je ne me concentre pas sur le classement.
Comment envisagez-vous les tournois de Rome et Roland-Garros ?
Roland-Garros, c’est dans trois semaines (du 24 mai au 7 juin) et je n’y ai pas encore pensé. Avant, il y a Rome (5-17 mai) et Strasbourg (16-23 mai). Encore pas mal de jours à travailler. L’an dernier, j’ai vraiment fait un mauvais Roland-Garros, un match affreux dont j’étais sortie déprimée (ndlr : battue 6-3, 6-1 au premier tour par une qualifiée Sara Bejlek). J’avais fait un bon parcours à Madrid et à Rome et j’avais de grosses attentes pour Paris. Au final, c’était une des plus dures défaites de ma carrière. Je n’ai jamais bien joué à Paris (son meilleur résultat est un huitième de finale en 2021), donc je vais essayer de faire simple et de reproduire ce qui m’a permis de gagner à Madrid. Je veux en profiter et être ouverte, prête à relever tous les défis qui se dresseront devant moi. Mais Roland-Garros, c’est tellement loin. J’espère juste arriver là-bas en bonne forme, c’est tout ce qui compte.
Rédaction
Photo Mutua Madrid Open







