Novak Djokovic: «La seule chose que l’on peut dire, c’est bravo»

Novak Djokovic: «La seule chose que l’on peut dire, c’est bravo»

29 mai 2026 Non Par SoTennis

Novak Djokovic, tête de série n°3, s’est incliné vendredi au troisième tour à Roland-Garros. Vendredi, sur le court Philippe-Chatrier, le Brésilien Joao Fonseca,19 ans, a battu le Serbe en cinq sets (4-6, 4-6, 6-3, 7-5, 7-5).

Pouvez-vous nous dire ce que vous avez pensé du match ?

Un match incroyable, dont on peut être fier ! Malheureusement, cela a été dur pour moi de le perdre, alors que je menais deux sets. Mais je pense que l’on peut féliciter Joao. Il a été un meilleur joueur dans les moments très importants, les moments cruciaux du quatrième et du cinquième set, des échanges incroyables. Il a trouvé des lignes, des coups absolument incroyables ! C’était fantastique, de son côté.
De toute évidence, pour moi, ce n’était pas une si bonne chose d’être face à un joueur de si bon niveau. Mais je ne pense pas avoir fait trop de choses mal faites de mon côté. On peut le féliciter.

Avec Carlos qui n’était pas là, et Jannik qui a perdu hier, est‑ce que vous avez commencé à penser à cela ?

Non. Je vous arrête tout de suite. J’ai perdu au troisième tour. Parlons d’autre chose, merci.

De façon générale, quel niveau pensez-vous avoir lorsque vous regardez votre tournoi, étant donné votre niveau de préparation ? Vous n’avez pas beaucoup joué au tennis cette année. Avez-vous eu l’impression que cela a joué dans ce match ?

Les heures que j’ai passées sur le court ici, en l’espace de trois matchs, m’ont donné l’impression d’avoir joué tous les tournois des trois derniers mois. Si on tient compte du fait que j’ai été blessé pendant trois mois, j’ai essayé de revenir quasiment tout de suite dans les Grands Chelems, sur cette surface qui est très exigeante. Et pour moi, il faut un peu plus de temps pour trouver mon rythme, et m’y habituer. Mais toutes choses considérées, le niveau était vraiment bon. J’étais satisfait de mon niveau, même si pour l’instant, en sortant du court, je suis déçu puisque j’ai perdu, alors que j’étais près de gagner.

En ce qui concerne le résultat d’aujourd’hui, est‑ce que vous vous rendez compte de l’héritage que vous laissez en jouant des matchs de Grand Chelem en cinq sets, à 39 ans ?

Il faudrait que je réfléchisse à cela. Je ne sais pas si vous me comprenez. Mais il y a eu, effectivement, des moments où je tenais à peine sur mes jambes à la fin du match. Et je regardais la foule, le public, et les voir me soutenir était magique. Cela m’a vraiment remonté le moral.
Si j’écarte toutes les déceptions et les pensées négatives que je peux avoir sur ce match, il y a beaucoup dont je peux être fier, ce par quoi je suis passé, ce que j’ai vécu. Je suis heureux de ce type d’expérience.

Est‑ce qu’on vous reverra à Roland‑Garros l’année prochaine ?

Je ne sais pas.

Est‑ce que ce serait ok pour vous si c’était le dernier match que vous jouez (ici) contre un joueur comme cela ?

Je ne sais pas.

Selon vous , le voyez-vous comme le prochain qui va faire de grandes choses ?

Je l’espère. Il a de toute évidence le potentiel pour y arriver. Il faut que les choses se mettent en place. Mais c’est un joueur très professionnel, de ce que j’ai vu au cours des deux dernières années où il a été sur le circuit. Il a ce qu’il faut pour le succès : le talent, la puissance, et le soutien de toute la nation brésilienne – et à juste titre ! Je pense qu’il peut être le prochain « grand », et gagner des Grands Chelems.

Avez-vous eu l’impression que vous pouviez décider du match, quand vous étiez encore frais ? Qu’est-ce qui vous a fait défaut en raison du manque d’énergie ?

Cela aurait été bien si on avait joué en trois sets, en deux sets gagnants ! Mais oui, effectivement, j’ai manqué d’énergie. Je ne me sentais plus bien du tout sur les sets suivants, le troisième et le quatrième. Le quatrième, j’ai eu mes chances, 4‑3, 15‑40. Mais il a joué fantastiquement ! Il a superbement servi.
Quand je regarde en arrière, est‑ce que, par moments, j’aurai pu faire des choses différemment ? On peut toujours dire que oui. Je pense qu’il faut dire : chapeau bas, bravo, félicitations ! Il y a eu, bien sûr, des moments décisifs, mais il a foncé. Ma seule erreur, c’était peut‑être à 3‑1 dans le cinquième, quand je servais et que j’ai été breaké. Mais il a joué quelques points où il était très agressif, et toutes les balles qui arrivaient sur son coup droit, autour de son coup droit, quand il jouait des coups droits en milieu de court, il réussissait tout. Il était très difficile à lire, et jouait avec un rythme fou ! Il a fait une balle de break pour revenir dans le match, puis trois aces !
Vous savez, c’est sur ses plus gros aces que le match a reposé, 220, 215 !
La seule chose que l’on peut dire, c’est « bravo »

Propos recueillis par E-A à Roland-Garros
Photo ©Clément Mahoudeau / FFT