Joao Fonseca: «Je me suis accroché, en me disant : ”Résiste, résiste !”»
29 mai 2026Joao Fonseca, tête de série n°28, s’est qualifié pour les huitièmes de finale à Roland-Garros, une première en Grand Chelem. Vendredi, sur le court Philippe-Chatrier, le Brésilien, 19 ans, a battu Novak Djokovic, tête de série n°3, en cinq sets (4-6, 4-6, 6-3, 7-5, 7-5).
Quand vous étiez mené deux sets à zéro, qu’est-ce qui vous a permis de rester dans le match et de renverser la situation ?
J’avais du mal à y croire. C’était difficile de jouer sous cette chaleur. Il m’écrasait, il tapait fort. Je tapais fort, et la balle revenait encore plus fort ! Si je tapais haut, il tapait des amorties, il était de plus en plus agressif. J’ai continué à me concentrer, à prendre le match point par point, sans me dire qu’il fallait que je gagne trois sets. Je me suis accroché, en me disant : ”Résiste, résiste !” J’ai vu qu’il était un peu plus fatigué, ce qui m’a donné un peu plus d’espoir.
Maintenant que Jannik Sinner et Novak Djokovic ne sont plus dans le tournoi, pensez-vous à la victoire finale ?
Ce sont mes premiers huitièmes en Grand Chelem. Pour l’instant, je profite de ce moment. Dix minutes après le match, j’ai commencé à me rendre compte de ce que j’avais accompli, d’à quel point c’était difficile, et à quel point c’était formidable pour moi. Je suis en huitièmes. Bien sûr, Jannik et Djokovic ont été sortis, il y a des chances pour d’autres joueurs du circuit. Mais là, je prends les matches les uns après les autres.
Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre la puissance et le toucher ?
Djokovic sait très bien gérer ces grands moments. C’est difficile de jouer contre lui, parce qu’on a l’impression qu’il met la balle où il veut, parfois elle est plus lente, parfois il va très profond dans le court. Il faut travailler son jeu de jambes et continuer à taper fort. Il n’abandonne jamais. Il a quoi, 39 ou 40 ans (39 depuis le 22 mai), il donne l’impression d’avoir 20 ans ! C’est absolument incroyable. Comme je l’ai dit, au cours des deux premiers sets, cela a été difficile pour moi. J’essayais des choses, mais rien ne fonctionnait. Il y a des opportunités que je n’ai pas su saisir. J’ai manqué des coups qui auraient dû être magnifiques. Et au troisième set, j’ai commencé à approfondir mes retours. Je me suis montré un peu plus agressif dans les marges que je prenais. Je suis devenu un peu plus solide. Et c’est moi qui construisais les points, de façon plus appropriée. Je suis resté plus agressif. J’ai retrouvé de la régularité, parce qu’au début, il y avait beaucoup d’amorties et qu’il était plus agressif, il faisait ses amorties. Il gérait ses points très bien. Pour moi, cela m’a posé des difficultés. Pour moi, c’est là qu’était la clé, être plus agressif en retour. J’ai eu l’impression qu’il était un peu plus fatigué à un moment, cela m’a redonné de l’espoir pour essayer de retrouver des solutions dans le match.
Propos recueillis par E-A à Roland-Garros








