Terra By Roland-Garros

Terra By Roland-Garros

19 mai 2026 Non Par SoTennis

Comédienne, auteure, metteuse en scène, Anne Le Nen est avant tout une passionnée. Notamment de tennis. Une discipline qu’elle a pratiquée sur le tard. C’est lors d’un dîner caritatif sur le court Philippe-Chatrier, que sa rencontre avec l’ocre a fait germer l’idée d’une médaille, Terra By Roland-Garros. L’histoire sensible, d’une création.

Comment cette médaille, qui renferme de la terre battue du court central de Roland-Garros, est-elle née ?

J’ai été invitée sur le court Philippe-Chatrier pour un dîner caritatif. J’avais déjà eu la chance d’assister à des matchs lors du tournoi de Roland-Garros, mais je n’étais, évidemment, jamais rentrée sur le court central. Je peux vous assurer qu’on ne marche pas sur ce court comme on marche sur un autre terrain de tennis. On marche vraiment sur de l’histoire. Comme je suis une hypersensible, au sens médical du terme, j’ai pleuré en me retrouvant au cœur de cette arène incroyable. Il y a eu vraiment quelque chose d’invisible est de très très puissant. J’ai eu l’impression de ressentir les victoires, les défaites, les sacrifices, de voir l’ombre de Nadal qui était là… Pendant ce dîner, j’ai dit à Muriel (Robin son épouse) : « Ce soir, je vais voler de la terre battue, parce que je veux porter cette terre sur moi. » Donc j’ai fait semblant de faire tomber une cuillère par terre. Discrètement, j’ai pris une cuillère à café, dans laquelle j’ai ajouté de la terre battue, que j’ai placée dans ma serviette en papier. Puis je l’ai mise dans mon sac.
Le lendemain, j’ai acheté un petit médaillon qui se dévissait, simplement pour porter cette terre sur moi.

En trois jours, j’ai vu la réaction des gens autour de moi. Ceux qui n’aimaient pas particulièrement le tennis, trouvaient l’objet magnifique et voulaient la médaille. Ceux qui aimaient le tennis, étaient comme des fous à l’idée de se dire que Nadal, Djoko, Federer avaient foulé cette terre et que les plus grands matchs s’y sont déroulés. Là, je me suis dit, c’est fou ! Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas emporter un fragment de cette terre avec soi ? Pourquoi on ne pourrait pas la porter un peu comme un talisman ? Parce que dans le sport et dans tous les domaines, il n’existe pas d’objet tangible qui relie le fan à son idole ou à un terrain mythique.

On peut acheter un tee-shirt, on peut acheter un billet collector, une casquette, mais il n’y a pas d’objet tangible. Donc c’est vraiment comme ça qu’est née ma société qui s’appelle Ground Legend, les légendes du sol. L’idée est de rendre tangible ce qui normalement ne l’est pas.

La terre battue présente dans cette médaille, c’est vraiment celle du court Philippe-Chatrier…

Oui, oui, c’est tout le storytelling et toute la force du produit. C’est-à-dire, pour moi, si c’est juste de la terre battue, ça ne m’intéresse pas. Moi qui crois aux énergies, cette terre, il y a eu des matchs dessus, des joueurs, les plus grands champions ont marché dessus, c’est ça qui m’importe, c’est ça que je veux, j’y tiens et j’ai été moi-même ramasser de la terre sur le court central. Dans chaque médaille, il y a de la terre du court central, c’est une garantie. Si Roland-Garros est le premier projet, c’est une première étape, parce qu’on va aller bien au-delà du tennis (NDLR : autour de l’équipe de France de foot et de la Tour Eiffel). Je ne peux pas trop vous en dire plus, mais l’idée de Ground Legend, c’est de capturer la mémoire de lieux mythiques, dans tous les domaines. Dans le sport, la culture, le patrimoine. Comme ça, demain, peut-être qu’on pourra porter un fragment d’un stade, d’un lieu historique, ou même d’un moment d’exception. Cela va être une nouvelle manière de se connecter à l’histoire, de se connecter à des moments forts.

Vous évoquez cette terre battue, mais il y a aussi une médaille. Est-ce vous qui l’avez dessinée ?

C’est moi qui l’ai imaginée, qui l’ai dessinée. Après, évidemment, il y a eu un dessin technique à fournir pour la fabrication. Là, j’ai été secondée dans ce processus. Ce n’est pas un bijou, c’est une émotion. Je trouve ça formidable de me dire que peut-être même faire du bien avec cette médaille. Chaque médaille raconte une histoire vécue, réelle et universelle. C’est ça qui rend ces médailles uniques. Ce n’est pas leur fabrication, ce n’est pas qu’elles soient étanches… C’est ce qu’elles contiennent. Parce qu’on peut toujours copier un design, mais on ne peut pas reproduire l’histoire.

Quels sont les matériaux utilisés pour cette médaille ?

Évidemment, il y a la terre qui est récupérée, qui passe par plusieurs étapes de sélection, de tamisage pour obtenir une texture parfaite, qui ne va pas coller (aux vitres). C’est une médaille qui est très technique, parce que comme je suis sportive, pour moi, il était impensable que cette médaille ne soit pas étanche. Je voulais faire mon sport avec, je souhaitais jouer au tennis, me baigner avec cette médaille. Elle est donc étanche, conçue dans une usine d’horlogerie. Cette première collection est en acier inoxydable. Elle existe en trois couleurs, en acier inoxydable pur couleur grise, en acier doré et en acier noir. Chaque couleur existe en version mate ou en version brillante. Chaque couleur existe sans aucune pierre, ou alors avec une pierre au centre en bas, ou avec un serti de neuf pierres. Dans cette collection, il y a 36 variantes de médailles.

Comment le public peut-il se procurer cette médaille et à quel prix ?

La médaille est en vente dans les boutiques de Roland-Garros et sur son site Internet également. Elle est en vente aussi au drugstore des Champs-Élysées et en prévente sur le site internet de Ground Legend www.groundlegend.com. Les prix de cette médaille démarrent à 88 euros TTC pour la petite médaille en acier doré et ça va jusqu’à 280 euros TTC. Sachant que dans ce prix, vous avez la médaille, la chaîne assortie et le packaging qui contient le certificat d’authenticité qui assure qu’il s’agit de la terre battue du court central de Roland-Garros. L’objectif était de rendre cette médaille accessible à tous et de permettre à chacun de porter un fragment de légende. C’était très important pour moi que ce ne soit pas un prix complètement fou

Ce tournoi de Roland-Garros est aussi une marque. Pour pouvoir vous associer à cette marque, avez-vous rencontré les équipes de la Fédération française de tennis pour proposer ce projet ?

J’ai demandé un rendez-vous, que j’ai eu avec Gilles Moretton (président de la Fédération française de tennis) le 20 novembre 2025, qui a eu la gentillesse de me recevoir et qui a été emballé par l’idée, par le projet. Après, les portes se sont ouvertes, pour vous dire à quel point tout est allé très vite. Le packaging est avec le logo de Roland-Garros.

Au-delà de ce que vous venez de me raconter en préambule, quelle est votre histoire avec ce tournoi ?

Roland-Garros est un lieu qui est chargé d’émotion extrême. C’est un terrain où on gagne, mais c’est aussi un terrain où on s’effondre… Le tennis est pour moi une passion profonde, mais, malheureusement, tardive. Je me suis mis à jouer au tennis, il y a une petite dizaine d’années seulement et pour un projet de film. C’était vraiment pour voir si ce que j’écrivais était crédible. S’il existait une baguette magique, je donnerais beaucoup pour être tombée enfant dans ce sport, voire même pour pouvoir en faire mon métier, tellement j’aime ce sport. J’ai eu la chance de vivre des moments incroyables à Roland-Garros, grâce justement à la Fédération française de tennis qui nous y a invités et qui nous a permis d’assister à des matchs qui m’ont bouleversée. Vous parlez d’un moment particulier, d’un souvenir particulier, mon Dieu, je pourrais en citer plein, je pourrais vous citer plein de joueurs, mais j’ai envie de vous citer Rafael Nadal. C’est lui qui m’a donné mes plus grandes émotions sportives, parce que je trouve qu’il y a quelque chose chez Nadal qui dépasse le tennis, il y a une forme d’animalité, voire de spiritualité dans l’effort qui me transporte. Il y a un truc, un dépassement, une résilience, une douleur, il est incroyable. Tous les souvenirs que je pourrais vous citer lui sont liés, mes plus grandes émotions. Chaque fois que j’ai été transcendée à Roland-Garros en regardant des matchs d’exception, c’est exactement ce que j’ai voulu capturer dans ma médaille.

L’an dernier, avez-vous pu assister à cette cérémonie qui avait été organisée en l’honneur de Rafael Nadal sur le court Philippe-Chatrier ?

Malheureusement, j’étais à l’étranger. C’était l’un de mes grands regrets.

Dans votre quotidien, est-ce que cette pratique du tennis a eu un impact et si oui, lequel ?

Ah là là, tellement. J’ai eu la chance de vivre des immersions très fortes dans le tennis. C’est-à-dire jouer cinq heures par jour, à m’entraîner pendant deux à trois semaines. J’ai eu la chance incroyable de rencontrer Marion Bartoli et son père Walter. Ils m’ont littéralement pris sous leur aile, alors qu’ils savaient très bien que je n’allais pas participer à Roland-Garros l’année suivante. Ils m’ont entraînée avec cette même exigence. J’ai été entraînée comme une pro pendant un mois avec Marion et son père. Walter, quand on devait se voir et que je devais jouer, il me demandait, avant mes trois ou quatre heures d’entraînement, de faire une demi-heure de tapis, je le faisais. Après mes entraînements, je devais faire ma demi-heure de vélo pour enlever les toxines. Ce que m’a apporté le tennis, d’abord, je dirais la discipline, mais surtout tellement de bonheur. J’aime penser au tennis, me réveiller tennis, manger tennis. Quand je suis en immersion, je suis redoutablement dédiée à ce sport. Il y a quelque chose d’instinctif, qui parle d’énergie aussi.

Vous vous êtes également entraînée à la Mouratoglou Academy, à Sophia-Antipolis…

J’ai eu cette chance aussi de passer une heure avec Patrick Moratoglou, qui m’avait donné une leçon. La Mouratoglou Academy c’est un paradis pour ceux qui aiment le tennis. Tout est tennis là-bas. Tout tourne autour du tennis. J’ai adoré y passer 15 jours à m’entraîner. Je jouais au tennis le matin. Je jouais au tennis l’après-midi. Je me faisais mes 10 minutes de bain glacé le soir pour récupérer…

Avez-vous visité la Rafa Nadal Academy, à Manacor ?

Oui, j’ai eu ce bonheur-là. Ça a été un cadeau d’anniversaire, mais il y a longtemps, peut-être 8 ou 9 ans. Malheureusement, je n’ai pas rencontré Rafael, ce qui est l’un de mes rêves, évidemment, puisque cette médaille n’existerait pas sans mon admiration pour lui. C’est grâce à Nadal que la médaille existe et que je suis dans ce projet. Parce que sans mon admiration pour Rafa, je ne pense pas à voler de la terre battue ce soir-là. Je ne pense pas à porter cette terre battue sur moi. C’est ça qui est drôle, pour Rafa, qu’est-ce qu’on ne ferait pas ?

Propos recueillis par E-A
Photo Ground Legend