Corentin Moutet : «Je ne peux pas faire grand-chose de plus que mon maximum»

Corentin Moutet : «Je ne peux pas faire grand-chose de plus que mon maximum»

23 janvier 2026 Non Par SoTennis

Corentin Moutet s’est incliné au troisième tour de l’Open d’Australie. Vendredi, Carlos Alcaraz, numéro un mondial, a dominé l’actuel 37e mondial en trois sets (6-2, 6-4, 6-1). En conférence de presse, au moment de faire le bilan, le Français a préféré élargir la focale.

Quels enseignements tirez-vous de ce  au troisième match perdu contre Carlos Alcaraz ?

Je retiens que j’ai essayé de faire le maximum, qu’il était plus fort que moi. Que c’est un meilleur joueur, aujourd’hui (vendredi) et de manière générale. C’était un bon test. J’y suis allé, évidemment, pour donner le meilleur, en ayant en tête que le but, c’était de gagner. Mais je n’ai pas encore les capacités pour le battre. Tout simplement. Ce qui est intéressant, c’est que ça me donne des clés pour retourner à l’entraînement, bosser et continuer à m’améliorer. Ce n’est pas une surprise, sur le papier, je n’étais pas du tout favori. J’essaie quand même de me battre avec mes forces. Mais ce n’était pas assez. Sur dur, le service est super important. Et je n’ai pas fait un bon match au service. Est-ce que ça aurait changé la donne ? Je ne pense pas. J’ai conscience qu’aujourd’hui, et ce n’est pas une honte, je suis moins fort que lui dans tous les compartiments du jeu.

Qu’est-ce qui rend Carlos Alcaraz si fort ?

Déjà, il est chez lui. Il joue sur des grands courts. Moi, c’est la première fois que je jouais sur ce court. Donc, il a ses repères. Moi, je ne les ai pas. Dans le jeu, il sert plus fort que moi, il frappe plus fort en coup droit, il frappe plus fort en revers, il se déplace mieux. Il fait tout mieux, en fait. C’est pour ça qu’il domine le tennis. Après, il rate des balles aussi. C’est à moi d’améliorer mon jeu pour le pousser à devoir jouer plus proche des lignes. Pour le moment, je ne l’embête pas assez. Ce qui le rend si fort, c’est qu’il est fort partout.

Quel bilan tirez-vous de votre Open d’Australie ? Vous étiez le seul Français au troisième tour…    

Être le seul Français, ce n’est pas mon objectif. Plus les joueurs français peuvent bien jouer, mieux c’est. On a plein de bons joueurs qui sont capables d’aller loin dans les tableaux. Donc plus on est, mieux c’est. Ça crée une émulation qui nous force à aller tous ensemble au bout des tournois. J’essaie de me concentrer sur moi. Ça a été un tournoi difficile, mon premier de l’année. On a eu plein de choses à gérer. Et on l’a bien fait. Il y a eu plein de challenges. On peut être fiers de nous. Est-ce que j’aurais aimé mieux faire ? Oui. On veut toujours aller plus loin, plus haut. Mais c’est comme ça. Plein d’autres tournois arrivent. Il faut repartir à l’entraînement, se reposer, se réentraîner. Et être prêt pour les prochains défis. J’ai fait mon tournoi. J’ai fait le maximum. Je ne peux pas faire grand-chose de plus que mon maximum.

Il y a eu des points de dingue durant ce match. Peut-être déjà un des points de l’année au tout début du deuxième set. Est-ce que dans ces moments-là, même si vous êtes dominé, vous réussissez à prendre du plaisir ?

Oui, c’est ce que je me disais avant le match aussi. Je me disais que, souvent, on est dur avec nous. On parle des matches, on parle des défaites, on parle de notre prestation. Mais il ne faut pas oublier que, pour en être là où j’en suis aujourd’hui, comme tous les autres joueurs, le chemin est immense. J’ai commencé le tennis à deux ans, donc il y a 24 ans. J’étais très loin d’imaginer qu’un jour, je serais sur le central contre le numéro 1 mondial. J’en suis assez reconnaissant. J’ai envoyé un message à mes parents, d’ailleurs, avant le match pour les remercier.
J’ai fait des tournois, comme tout le monde, contre des adultes où mes parents m’emmenaient après l’école, où je faisais mes devoirs dans la voiture. Où je me changeais après l’école pour aller à l’entraînement. Mes parents en ont fait des trajets en voiture pour m’emmener à droite, à gauche, pour me donner la chance, peut-être, un jour, d’y arriver. Sans que ce soit sûr. Et aujourd’hui, je rentre sur le terrain au troisième tour d’un Grand Chelem contre le numéro 1 mondial. Ce n’est même pas pour me flatter, c’est juste pour être reconnaissant du chemin et parfois se détacher un peu de la culture de l’instant. Du “c’est bien quand on gagne, c’est mal quand on perd”. Le chemin, il est respectable. Évidemment, j’ai envie d’aller plus loin, mais je suis hyper reconnaissant de rentrer sur le terrain aujourd’hui comme ça.

Pour vous, uuelle est la suite du programme ?    

La suite, c’est que je vais rentrer, me remettre du décalage horaire, continuer à m’entraîner et me préparer pour la tournée américaine : Dallas, Delray, Acapulco. L’année continue, les choses ne changent pas. Demain, le soleil va se lever, on aura encore du travail à faire. Et c’est cool.

Propos recueillis par E-A
Photo Tennis Australia