Jannik Sinner: «J’ai travaillé très dur ces derniers jours pour avoir un bon rythme»
10 juillet 2026Jannik Sinner s’est qualifié pour la finale de Wimbledon, où il retrouvera Alexander Zverev. Vendredi, le n°1 mondial a dominé en trois sets (6-4, 6-4, 6-4) Novak Djokovic, tête de série n°7.
Novak Djokovic a déclaré que vous étiez un ou deux niveaux au-dessus de lui. Avez-vous le sentiment que c’était votre meilleur match du tournoi ?
Mentalement, je savais que je devais élever mon niveau de jeu. Je l’ai fait. Ça m’a aidé, c’est certain. Je suis très content de ma performance. J’ai travaillé très dur ces derniers jours pour avoir un bon rythme. Contre Novak, si vous voulez faire jeu égal, vous devez sortir votre meilleur tennis. Je suis bien entré dans le match, j’ai très bien servi. Les choses auraient pu tourner d’une manière beaucoup plus compliquée s’il m’avait breaké au troisième set…
Après votre défaite face à lui à l’Open d’Australie, à quel point étiez-vous stressé ?
Même quand j’avais cette série de victoires depuis l’année dernière, on ressent toujours de la pression avant d’affronter Novak. Mais j’aime ça. C’est pour ça que je m’entraîne. J’aime les défis. Jouer contre Novak en Grand Chelem, c’est très différent de le jouer dans d’autres tournois. C’est tellement incroyable de le voir produire encore un tel niveau de jeu. J’ai regardé le match qu’il a joué contre Félix (Auger-Aliassime en quarts de finale). Le niveau était tellement élevé… C’est une véritable source d’inspiration pour nous tous, et aussi pour la jeune génération, de voir ce qu’un bon état d’esprit peut faire sur le corps et le mental.
Vous avez affronté Alexander Zverev sur toutes les surfaces sauf sur gazon. Tactiquement, à quel genre de match vous attendez-vous, de son côté comme du vôtre ?
Moins d’échanges, moins de rythme. Comme il fait assez chaud aussi, ça va avantager les gros serveurs. Et lui, c’est clairement un gros serveur. Ça fait du bien de se retrouver à nouveau en finale d’un Grand Chelem. Quoi qu’il se soit passé entre lui et moi par le passé, c’est du passé. Entre-temps, il a gagné un Grand Chelem à Paris, ce qui lui a donné énormément de confiance. On voit bien le niveau qu’il produit ici. Ça vous donne un sacré boost de confiance. On a vu à quel point il joue de manière agressive, avec une très grosse qualité de service. C’est un joueur difficile à affronter. Il l’était déjà avant, mais il l’est encore plus maintenant grâce à cette confiance qu’il a en lui.
Nous avons l’impression que son titre à Roland-Garros a changé quelque chose dans sa façon de se comporter sur le court et d’oser tenter ses coups. Partagez-vous ce point de vue ? Qu’est-ce que cela a changé pour vous, personnellement, lorsque vous avez remporté votre premier Grand Chelem en Australie ?
Je pense que la situation est un peu différente pour lui et pour moi, car il a persévéré pendant longtemps ; quand on finit par y arriver, c’est formidable et cela donne un vrai regain de confiance. On le constate encore ici. On a vu à quel point il joue de manière agressive, avec un service très puissant. C’est un adversaire redoutable. Il l’était déjà, mais il l’est encore plus aujourd’hui grâce à cette confiance qu’il a engrangée. Enchaîner les victoires et perdre peu de matchs prouve qu’il joue un tennis incroyable. J’ai suivi un peu son parcours ces deux dernières semaines, sans toutefois tout voir. J’ai regardé la demi-finale car il jouait juste avant moi. Il est vraiment très agressif en ce moment.
Il est en pleine confiance. Il est très détendu sur le court actuellement, ce qui est une bonne chose. On verra bien. Je suis ravi de l’affronter. Je vais essayer de donner le meilleur de moi-même et on verra comment ça se passe.
Mais ce sera très, très difficile, bien différent de tous les autres matchs que nous avons disputés l’un contre l’autre. Cela dit, je profite du moment présent, et on verra bien l’issue du match.
Le samedi soir, la veille d’une finale du Grand Chelem, que faites-vous ? Vous vous couchez tôt ? Vous regardez un film ? Vous allez au restaurant ? Quelles sont vos superstitions ? Que faites-vous concrètement ?
Non, non, pas de superstition. Je suis quelqu’un de très normal. J’aime passer du temps avec mon équipe et avec mes amis, s’ils viennent. La préparation, c’est maintenant. Je crois que l’Angleterre joue demain ; j’aime bien regarder le football en ce moment. La finale a lieu à 16 heures, je crois. C’est… pas tard, mais c’est en fin d’après-midi, donc on n’est pas obligé de se lever à 9 heures du matin. On peut dormir un peu plus tard. Je suis très détendu. Vous savez, je n’ai pas de rituel particulier que je répète inlassablement. J’aime aussi profiter de l’instant présent, car je sais à quel point ces jours sont rares. Les finales du Grand Chelem, c’est difficile d’y parvenir. Il faut aussi savoir apprécier ce moment et tout le chemin parcouru. Oui, c’est ça.
Propos recueillis par E-A à Wimbledon








