C’est dans l’air

C’est dans l’air

15 janvier 2020 0 Par SoTennis

En proie aux incendies depuis des mois, l’Australie continue de bruler. Alors que la piste d’un report voire d’une annulation de l’Open d’Australie a été rapidement écartée, la qualité de l’air de Melbourne Park reste mauvaise et, semble-t-il, sous surveillance.

Ravagé depuis des mois, par des incendies incontrôlables, l’Australie vit un drame humain et écologique. Début janvier, à quelques jours du coup d’envoi des qualifications de l’Open d’Australie, l’idée d’un éventuel report voire d’une annulation de la première levée du Grand Chelem de l’année commençait à faire son chemin. Au même moment, à Melbourne, lieu où se déroule le Happy Slam, la qualité de l’air s’était subitement détériorée, menant l’Environment protection authority (EPA) de l’État de Victoria, à classer la qualité de l’air comme « très mauvaise », soit le quatrième niveau d’alerte sur une échelle qui en compte cinq. La faute à un manteau de fumée, provenant des incendies situés à une centaine de kilomètres de là, portait par le vent et regorgeant de particules fines en tous genres. Alors que les autorités conseillaient aux riverains de limiter au maximum leurs déplacements et les efforts physiques, les premiers symptômes se furent ressentis. Irritation de la gorge, du nez des yeux, éternuements et difficultés respiratoires.

« À partir de quel moment cela devient mauvais pour la santé des joueurs ? » s’était demandé, durant l’ATP Cup (nouvelle compétition par équipes), Kevin Anderson, vice-président du conseil des joueurs de l’ATP. Après avoir écarté l’idée d’un report et d’une annulation de l’Open d’Australie, Craig Tiley, le directeur du tournoi, avait voulu, avec mansuétude, rassurer son monde.

L’irrespirable air

Depuis, les jours sont passés et le vent a, à nouveau, tourné. Mardi, le premier tour des qualifications avait débuté depuis trois heures, lorsqu’une onde de choc est venue s’abattre sur Melbourne Park. En détresse respiratoire et prise de violentes quintes de toux, la Slovène Dalila Jakupovic a jeté l’éponge alors qu’elle menait 6-4, 5-6 et avait une balle d’égalisation à 6-6 contre Stefanie Vögele, qui semblait, elle aussi, pas au mieux de sa forme. « Ça n’allait pas du tout. Je n’avais encore jamais ressenti ça, j’ai eu très peur. C’est pour ça que je me suis accroupie. Je ne pouvais plus marcher. Au sol, c’était plus facile de respirer » a déclaré la Slovène après son match.

À 9 heures du matin, l’organisation du Majeur australien avait décidé de suspendre tous les entraînements, à extérieur, et de repousser d’une heure les matches qui auraient dû débuter à 10 heures, tant l’indice de qualité de l’air était classé comme…« dangereux ». « Il y a eu une amélioration des conditions par la suite, s’est justifié Craig Tiley. Nous avons pris en compte les avis médicaux et scientifiques ainsi que l’avis du bureau météorologique et nous avons décidé de démarrer à 11 heures. Nous avons pris la décision, avant le début des qualifications, d’avoir des données en temps réel. Nous avons des appareils de mesure de la qualité de l’air sur le site. Nous suivons l’avis d’experts médicaux indépendants, de spécialistes environnementaux et scientifiques. Je le répète, le bien-être et la santé des joueurs, des fans et de notre staff est la priorité. Nos décisions se font en fonction de ça. »

Une justification moyennement appréciée par les joueuses et joueurs pros, présents à Melbourne. Sur Twitter, l’Ukrainienne Elina Svitolina, 5e mondiale a réagi en postant un message sous la forme interrogative : « Pourquoi a-t-on besoin d’attendre que quelque chose de grave se produise pour agir ? ».

« Ce n’est pas raisonnable. Tennis Australia (la Fédération australienne de tennis) Craig Tiley, allez-vous vraiment laisser ça se produire ? » s’est interrogée Alizé Cornet sur son compte Twitter, avant que Gilles Simon, avec sarcasme, y aille également de son interrogation.

Alors que la ville de Melbourne avait conseillé à ses habitants d’éviter de sortir de rester chez eux avec fenêtres et portes fermées, d’éviter de sortir leurs animaux domestiques, que les piscines extérieures et que certaines plages avaient été fermées, les organisateurs de l’Open d’Australie n’ont pas suivi, mardi, cette consigne.

E-A