L’Open d’Australie dans l’expectative

L’Open d’Australie dans l’expectative

18 novembre 2020 0 Par SoTennis

Les organisateurs de l’Open d’Australie, premier Grand Chelem de l’année, doivent, à leur tour, composer avec la crise sanitaire liée à la Covid-19. Alors que plusieurs scénarios étaient sur la table, l’annonce de Daniel Andrews, Premier ministre de l’Etat de Victoria, a refroidi certains espoirs du Happy Slam.

En août dernier, au cœur de l’hiver austral, Craig Tiley, directeur de l’Open d’Australie, semblait optimiste quant à la tenue du premier Grand Chelem de l’année à Melbourne (du 18 au 31 janvier 2021). Le patron du Happy Slam, qui avait dans une autre vie ouvert la boîte de Pandore en apportant une augmentation significative de la dotation de son tournoi, avait lors d’une interview à The Age, mis en exergue plusieurs scénarios pour son tournoi. « Le premier est un tournoi qui est semblable à celui de cette année, un tournoi classique donc. Le deuxième, c’est un nombre limité de spectateurs. Le troisième, à huis clos. Le quatrième est un report du tournoi et le cinquième et l’annulation de l’Open d’Australie. Nous tenons compte du deuxième scénario » avait-il expliqué. Imaginant une quatorzaine pour les joueuses et les joueurs à observer à la mi-décembre, à Melbourne, permettant aux principaux intéressés de malgré tout s’entraîner en vue d’une tournée de tournois dans l’Etat de Victoria précédent le Grand Chelem australien. Craig Tiley avait ainsi tenté d’insuffler un brin de visibilité dans ce brouillard d’incertitude. L’annonce faite mercredi par Daniel Andrews, Premier ministre de l’Etat de Victoria, qui refuse l’arrivée des joueurs en décembre, a douché les espoirs de Tiley.

L’incertitude continue donc de planer autour de la tournée australienne et la tenue de l’Open d’Australie. Si la ville de Melbourne n’a signalé, pour le moment, aucun nouveau cas de la Covid-19 depuis 19 jours, après un confinement très stricte, une récente épidémie à Adélaïde a poussé les autorités à prendre de nouvelles mesures. Une situation qui vient remettre en question le projet que la capitale de l’Etat de Victoria devienne la ville hôte de la reprise de la saison tennistique version 2021. Mercredi, le Slovaque Lukas Lacko (193e mondial) a, sur son compte Twitter, partagé les informations transmises par l’ATP aux joueurs : « Lors de discussions avec Tennis Australia ces dernières 24 h, nous avons appris que de nouvelles difficultés étaient apparues concernant les dates d’arrivée (en Australie) prévues pour les joueurs et leurs équipes.» Puis ce fut le tour de Craig Tiley, d’apporter des nouvelles fraiches aux joueuses et aux joueurs. « Tard, hier (lundi) soir, le gouvernement victorien nous a informés que nous ne pourrions pas mettre en place une quarantaine en décembre. Nous recherchons actuellement plus de détails sur ce que cela signifie pour les deux premières semaines de janvier et si nous pourrons organiser des tournois pendant cette période. Cela dépendra entièrement des conditions de quarantaine imposées par l’Etat de Victoria. Peut-être permettront-elles la tenue de tournois dans une bulle de quarantaine – c’est-à-dire sans spectateurs. Nos plus sincères excuses pour l’incertitude persistante, mais comme vous le savez, cela ne dépend pas de nous. La décision du gouvernement vous permet de passer Noël chez vous et de vous préparer pour l’Open d’Australie comme les années précédentes, mais cela crée également une incertitude quant à la reprise des vols et à vos dates de voyage. Le seul message que j’ai pour vous est que dès que nous avons la première date d’arrivée pour la mise en quarantaine à Melbourne, nous serons en mesure de vous fournir toutes les informations et l’assistance dont vous avez besoin pour arriver ici », a-t-il précisé. Rendez-vous attendu et apprécié par les Melbourniens et les touristes étrangers, l’Open d’Australie est devenu au fil des années et de sa modernisation (261 millions d’euros ont été investis, essentiellement par les collectivités locales, entre 2010 et 2015), une véritable locomotive dans l’économie locale. Avec plus de 812 000 spectateurs en 2020 (nouveau record de fréquentation) le Happy Slam, comme il est affectueusement surnommé par les joueurs, est parvenu à réaliser une parfaite revalorisation de l’ensemble de ses contrats publicitaires et de ses droits TV. Mais face aux enjeux mercantiles, Daniel Andrews, Premier ministre de l’Etat de Victoria, préfère rappeler les préoccupations sanitaires du moment. « C’est un événement énorme, abonde-t-il, un événement que nous adorons tous, mais qui intervient alors que le monde est en crise. C’est un événement important, bien sûr, mais on peut penser qu’éviter une troisième vague est encore plus important. » Les organisateurs de l’Open d’Australie le savent désormais, ils ne jouiront d’aucun passe-droit.