Moïse Kouame: «Je pensais juste à courir, à m’arracher et à gagner ce match»

Moïse Kouame: «Je pensais juste à courir, à m’arracher et à gagner ce match»

28 mai 2026 Non Par SoTennis

p style=”text-align: justify;”>Moïse Kouame, 17 ans, s’est qualifié pour le troisième tour de Roland-Garros. Jeudi, sur le court Suzanne-Lenglen, avec le soutien du public, le Français a battu le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo en cinq sets (6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 [8]).

Comment avez-vous trouvé l’énergie pour gagner ce match, en particulier au cinquième set ?

Bien sûr, le public m’a donné beaucoup d’énergie pour continuer physiquement et mentalement. Sans eux, ça serait peut-être une autre histoire. Je suis très heureux de les avoir eus avec moi, ils m’ont énormément soutenu, merci à eux.

Avant le match de ce jeudi, quelles étaient les expériences les plus folles que vous avez eues en termes de durée de match, de chaleur, de conditions ? Par rapport à cette référence-là, à quel point l’expérience d’aujourd’hui est différente ?

Jouer 4 h 56, c’était ma première. Même à l’entraînement, je n’ai pas fait cinq heures. J’en ai découvert plus sur moi-même aujourd’hui. Si j’ai pu gagner un tel match, ça veut dire que physiquement, on bosse très bien avec mon préparateur physique. C’est une bonne chose, mais il faut continuer. L’objectif, si je veux un jour gagner des Grands Chelems, c’est de le faire sept fois. Là, je l’ai fait une fois. Comme on dit, les plus grands voyages commencent toujours par un pas. Là, c’est mon premier pas. J’espère qu’il y aura beaucoup de pas comme ça.

Qu’avez-vous découvert sur vous ?

J’en ai découvert plus sur l’aspect physique. Je suis capable de tenir une intensité assez haute pendant 4 h 50. Quand on s’entraîne, c’est l’entraînement. Il n’y a pas ce facteur stress, il n’y a pas ce facteur public. Il n’y avait pas ce facteur chaleur. Ce sont trois éléments très importants. Ce jeudi, ils étaient tous réunis. J’ai pu me pousser au maximum dans mes retranchements. Repartir avec la victoire, ça met encore plus le sourire. J’ai travaillé très dur. Quand tu perds 5-2 au cinquième, je dirais qu’il y en aurait qui baisseraient les bras. Ce que j’ai appris l’année dernière de la finale entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner (à Roland-Garros), c’est qu’il faut toujours croire en soi. Même si tu es à un point de perdre, même si tu es à un point de gagner, c’est très important d’avoir confiance en soi. Ne jamais baisser les bras, toujours y croire. Aujourd’hui, c’est ce que j’ai fait. Je suis très content.

À quel point avez-vous pris du plaisir devant 10 000 personnes ?

J’aime ce sport pour ce genre d’atmosphère. J’aime ce sport pour ce genre de pression. Jouer devant 10 000 personnes, ce n’était pas facile. J’ai réussi à bien capter leur énergie. Ils sont là pour me faire gagner, pas pour me stresser, pas pour me tendre. Pour ma part, je prends plus de plaisir en jouant devant 10 000 personnes qu’en jouant devant 10. Je me suis vraiment amusé sur le terrain. C’est le plus important.

Êtes-vous surpris par la vitesse de votre progression ?

Le truc, c’est que je m’entraîne vraiment beaucoup. C’est vrai que dire que si quelqu’un m’avait dit avant de jouer Roland que j’allais faire troisième tour, battre un ancien gagnant de Grand Chelem (Marin Cilic, au premier tour), gagner mon premier cinq sets au tie-break 10-8, je ne sais pas si je l’aurais cru. Le fait, c’est que c’est arrivé. Je n’ai pas le temps de me reposer sur ce que je viens de faire. J’ai déjà la tête à penser au prochain match (contre Alejandro Tabilo, samedi). J’espère qu’il y aura une atmosphère similaire à celle d’aujourd’hui. Je vais tout donner pour remporter un nouveau match ici.

Dans le jeu décisif du cinquième set, quand Vallejo revient et que ça commence à basculer, où allez-vous puiser cette énergie pour l’emporter ?

C’était dur, c’était très dur. Mentalement, c’était vraiment très dur. Quand je passe de 6-1 à 6-7, je ne sais même pas à quoi je pense. Il faut que je continue, le match n’est pas terminé. Il faut que je donne tout, que je fasse le meilleur coup pour le déranger. C’est vrai que mentalement, ce n’était vraiment pas facile. J’ai vraiment dû travailler sur moi, j’ai vraiment dû rester très calme, penser juste au point suivant et ne pas penser à prendre 6 points d’affilée. C’est ce que j’ai fait. Encore une fois, avec l’aide du public, c’était encore mieux. Sans public, est-ce que j’aurais réussi à rester concentré sur le prochain point ? Je ne sais pas. Avec l’aide du public, j’ai pu rester assez lucide, posé et calme pour emporter ce tie-break. J’en suis vraiment fier. Après, c’est sûr qu’en termes d’expérience, quand tu joues, pour ma part, j’avais juste envie de gagner. Je ne pensais même pas à qui j’avais en face. Je ne pensais pas à mon âge, je ne pensais pas à l’expérience que j’avais ou pas. Je pensais juste à courir, à m’arracher et à gagner ce match.

Propos recueillis par E-A à Roland-Garros
Photo FFT