Stefanos Tsitsipas : «La version que j’avais à l’époque ne savait pas ce que je pouvais atteindre aujourd’hui»

Stefanos Tsitsipas : «La version que j’avais à l’époque ne savait pas ce que je pouvais atteindre aujourd’hui»

26 mai 2026 Non Par SoTennis

Stefanos Tsitsipas s’est qualifié pour le deuxième tour de Roland-Garros où il affrontera l’Italien Matteo Arnaldi. Mardi, sur le court Philippe-Chatrier, le Grec, 79e mondial, a bénéficié de l’abandon d’Alexandre Muller, touché au mollet droit (6-2, 3-0 ab.).

Est-ce que la chaleur et les conditions météorologiques affectent-elles votre routine ?

La chaleur, je ne sais pas comment les autres réagissent, mais moi je tolère assez bien la chaleur. Je ne me souviens pas d’avoir eu des problèmes par le passé, quand j’avais joué par une forte chaleur. C’est assez bon pour la balle, quand je joue, donc cela m’aide dans mon jeu. Cela donne un peu plus de rebond à mes coups. Je pense que c’est un challenge supplémentaire, mais je me prépare toujours à y faire face. Je ne sais pas comment les autres réagissent. J’essaie de faire de mon mieux et de faire face. Cela va être une question de qui va mieux le supporter. J’ai toujours l’impression de dire que c’est le tennis qui vient en premier, mais là, avec une telle chaleur, ça peut être le temps.

Certains disent que la balle va plus vite quand il fait chaud. Cela vous paraît-il juste ?

Oui, c’est tout à fait juste, cela joue sur mon jeu, je suis quelqu’un qui aime jouer avec les effets sur la terre battue. J’essaie d’utiliser ce lift au mieux, cet effet. Je crois que cela m’aide à avoir une balle plus lourde, plus dynamique. Et cela amplifie les choses dans ces conditions.

Vous étiez de retour sur le court Philippe-Chatrier, après avoir passé un certain temps sur des courts plus petits. Cela vous offre-t-il davantage de possibilités pour votre jeu ? Cela a-t-il été un problème d’être sur des courts plus petits ?

‘adore jouer sur des courts comme le court Philippe-Chatrier. Je l’aime beaucoup. Mais je trouve qu’il est normal, quand on n’est pas tellement haut dans le classement, de jouer sur des courts plus petits. Cela m’est arrivé l’année dernière. J’ai joué sur le court n°7 ou 8, je ne sais plus… Je ne savais même pas où il était ! C’est un problème de classement. C’est à moi de mieux jouer pour être mieux classé. Si je n’apporte pas les résultats voulus, mon classement chute, et après, j’ai le sentiment de devoir repartir du début pour remonter.

Le fait que le court lui-même soit plus grand et que vous ayez plus d’espace, est-ce que vous pouvez l’utiliser ?

Oui, cela te donne davantage d’espace, notamment quand tu es au service. Tu as presque le sentiment que le court est plus grand, alors qu’il ne l’est pas. Tu as l’impression qu’il y a plus d’endroits où tu peux jouer sur le terrain, parce que tu as une étendue de terre battue plus importante. Ce n’est pas uniquement le service, quand je joue sur les plus petits courts, tu es plus près de la ligne de fond, donc, c’est plus basé sur le service, parce que tu as l’impression que tout le reste est plus resserré, plus petit. C’est peut-être une illusion d’optique.

Quand vous aviez gagné contre Jannik Sinner, à l’Open d’Australie en 2022, il avait l’impression qu’il avait beaucoup moins de possibilités, parce que vous aviez beaucoup plus de diversité de coups que lui. Il a eu l’impression qu’il devait changer beaucoup de choses. Est-ce, non pas une leçon, mais un conseil qu’il peut donner à d’autres joueurs, y compris vous, qu’il faut toujours chercher à s’améliorer ?

Si vous m’aviez dit qu’il allait être aussi bon qu’il l’est à l’heure actuelle, c’était difficile à imaginer, qu’il allait tout à coup exploser comme il l’a fait. Il jouait déjà un très bon tennis à l’époque mais, son jeu était moins structuré qu’il ne l’est maintenant. Maintenant, il a plus de structure, il utilise un jeu beaucoup plus varié. Son coup droit, si je me souviens bien du passé, était peut-être ce qui péchait dans son jeu, alors que maintenant, il est devenu très solide. Il n’a quasiment plus de faiblesse. Son service s’est amélioré massivement. Je ne me souviens pas, quand on avait joué, qu’il ait aussi bien servi. Il ne sert peut-être pas avec une grande vitesse, mais il arrive toujours à trouver le bon endroit, notamment quand il est sous pression. Il vise toujours un grand pourcentage de premiers services, et ça, ça lui donne un gros avantage.

Et en ce qui vous concerne ?

Pour moi ? Oui, ce que fait Jannik est inspirant, puisque cela montre que tout le monde a la possibilité d’améliorer son jeu, et de faire encore plus que ce qu’il pense pouvoir faire. Quand on est à son plus haut, on a l’impression qu’on est proche de sa meilleure version du tennis. Mais après avoir vécu cela à de nombreuses reprises dans le passé, je me rends compte que la version que j’avais à l’époque ne savait pas ce que je pouvais atteindre aujourd’hui. Je joue des matchs à l’heure actuelle qui sont loin du niveau du passé. On ne peut jamais mettre de limite. On peut toujours la repousser. C’est comme le record de la course du 100 mètres, personne ne pensait pouvoir descendre en dessous des 10 secondes au 100 mètres, mais ce record est tout le temps battu, notamment par Usain Bolt. En revanche, il n’a pas été battu depuis longtemps, mais je pense qu’il y a toujours des seuils que les gens arrivent à battre. Je crois que la biologie humaine peut être poussée encore.

Propos recueillis par E-A à Roland-Garros