Alexander Zverev : «Cela me donne une certaine liberté»
7 juin 2026Alexander Zverev a remporté le tournoi de Roland-Garros. Dimanche, en finale, l’Allemand a battu Flavio Cobolli en cinq sets (6-1, 4-6, 6-4, 6-7 [5], 6-1), et s’adjuge, avec soulagement, son premier titre du Grand Chelem.
« Que s’est-il passé à la fin du quatrième set ? Avez-vous été victime de crampes ?
Oui, j’ai eu des crampes, j’avais mal, même si je pense que les crampes étaient plus mentales que physiques. J’étais tendu. C’était émotionnel. J’étais aussi un peu ”instable” au quatrième set. Peut-être que les crampes m’ont aidé d’une certaine manière. Je me suis laissé aller. J’ai lâché mes coups un peu plus et j’ai gagné.
En 2025 à Wimbledon, vous aviez dit ressentir du vide en vous. Comment avez-vous réussi à revenir de tout cela ?
J’ai commencé à bien rejouer l’an dernier à Vienne, avant, j’avais eu des problèmes physiques. Je n’ai pas bien joué l’année dernière. Je suis sûr que ce trophée va beaucoup m’aider à croire en moi. Je suis très loin de mon état d’esprit de Wimbledon l’an passé. 2025 a été l’une des années les plus difficiles de ma carrière. Et aujourd’hui, c’est le moment le plus heureux.
Vous aviez dit un jour : « Au lieu d’être le meilleur joueur qui n’a jamais gagné un Grand Chelem, je préférerais être le pire joueur qui a gagné un Grand Chelem »…
Si vous me considérez aujourd’hui comme le pire joueur de l’histoire qui a gagné un Grand Chelem, ça ne me pose aucun problème.
À quel point cette victoire à Roland-Garros peut vous aider à vous libérer pour l’avenir ?
J’ai gagné très jeune mes premiers tournois et des grands titres, comme le Masters. Pour les Grands Chelems, cela a pris plus de temps. Mais ça y est, je serai désormais un vainqueur de Grand Chelem pour toujours, personne ne pourra m’enlever ça. Cela me donne une certaine liberté, et si je joue une autre finale, même si je la perds, je me dirai : ”pas grave, tu restes un vainqueur de Grand Chelem”. Alors que si j’avais perdu aujourd’hui, j’aurais vraiment perdu beaucoup confiance en moi.
Que s’est-il passé dans votre esprit après la balle de match, lorsque vous vous êtes allongé sur le court ?
Plein de choses différentes. J’avais du mal à croire que j’avais gagné, puis j’ai vu dans mon box que tout le monde était en train de fêter ça. J’ai vu mon père lever les bras. Ça m’a frappé, je suis tombé sur le sol et toutes mes émotions me sont arrivées d’un coup. Roland-Garros est un Grand Chelem spécial pour moi, positivement, bien sûr, mais j’y ai connu des moments difficiles dans ma carrière. J’ai perdu une finale ici (ndlr : en 2024, contre Carlos Alcaraz, après avoir mené deux sets à un). Je me suis retrouvé allongé avec une blessure (ndlr : à la cheville droite, en 2022, après un abandon contre Rafael Nadal en demi-finales), dont je ne savais pas si je pourrais me remettre.
Comment expliquez-vous ces crampes lors du quatrième set ?
J’étais très tendu aujourd’hui (dimanche). Je pense que j’ai bien géré les deux dernières semaines, avec les défaites de Jannik (Sinner) et Novak (Djokovic). J’ai réussi à rester calme et à jouer un bon tennis, mais aujourd’hui, je n’ai pas bien géré. Je pense qu’il y a eu beaucoup de hauts et de bas dans cette finale. J’avais l’impression de ne pas jouer aussi bien que je le voulais, de ne pas jouer au même niveau que les matches précédents. J’étais nerveux, c’est humain. C’est pour ça que je dis que ces crampes m’ont aidé. Subitement, mon esprit s’est relâché, j’ai commencé à frapper de manière plus offensive. À cause des crampes, je ne pouvais plus rester tendu, il fallait que je me relâche.
Flavio Cobolli a eu des problèmes physiques au quatrième set : les avez-vous remarqués ?
Je m’en suis rendu compte seulement après le match, quand je lui ai parlé. C’est lui qui me l’a dit. J’étais plus préoccupé par mon niveau physique que par le sien. Au quatrième set, j’ai aussi commencé à avoir des crampes. Quand j’ai commencé à frapper plus fort la balle et à me laisser aller, ça a mieux marché.
À qui aimeriez-vous dédier ce trophée ?
C’est vraiment un effort de famille et d’équipe. J’ai la même équipe depuis au moins douze ans. Tout le monde mérite ce trophée.
Propos recueillis par E-A à Roland-Garros
Photo: ©Jean-Baptiste Autissier / FFT







