Gaël Monfils: «Je suis venu chercher du kiff»

Gaël Monfils: «Je suis venu chercher du kiff»

20 janvier 2026 Non Par SoTennis

Gaël Monfils s’est incliné mardi au premier tour de l’Open d’Australie qu’il disputait pour la dernière fois de sa carrière. L’Australien Dane Sweeny, issu des qualifications, a battu La Monf en quatre sets (6-7 [3], 7-5, 6-4, 7-5) et près de quatre heures de jeu. En conférence de presse, le Français a préféré retenir le plaisir qu’il a pu prendre sur le court.

Malgré la défaite, avez-vous pris autant de plaisir que vous vouliez pour votre dernier match à l’Open d’Australie ?  

Je kiffe, franchement, je kiffe. Je suis venu chercher du kiff, rentrer sur le terrain, jouer.  un peu dur, parce que je ne suis pas comme je le veux, mais moi, ça me fait même rigoler. Franchement, je rigolais à un moment, parce que je me dis, ”putain, c’est terrible”. Elle est marrante cette situation, parce que je vois un peu ce que je veux faire, et en fait, je n’y suis pas du tout. Je me dis, ”putain, je vais en mettre une extérieure, je vais prendre le coup droit, je vais te mettre un rouleau là”, et en fait, je fais un truc catastrophique, je n’arrive plus à fléchir, je fais un revers, j’ai les jambes tendues. Mais c’est génial, parce que dans ma tête, ça va méga vite, mais là, mon corps ne va plus vite. Mais franchement, je prends un kiff énorme.

Vous vous êtes incliné au premier tour en quatre sets et près de quatre heures de jeu, dans des conditions très chaudes. Comment avez-vous vécu ce match ?  

C’était un tout. Il faisait chaud, un adversaire qui fait des changements de rythme, j’ai joué un petit jeune (24 ans) qui a joué sa chance à fond. Et il y a beaucoup de choses que je veux faire et que je n’arrive plus à faire. Tout simplement, je n’arrive plus à me mettre derrière la balle tout le temps. J’étais à 100 % de mon 100 % aujourd’hui, qui n’est pas 100 %. Malheureusement, je ne voulais pas trop le dire, ce n’est pas trop grave, mais j’ai un truc au pied qui m’embête depuis quelque temps. Ce n’est pas facile de gérer ça, mais j’étais à 100 % de ce que je pouvais donner. Je me sens exactement comme le moment où je suis revenu de ma blessure au pied : nul.
Mais pour moi, quand je dis nul, ce n’est pas péjoratif. Je sens que je n’ai pas la même lourdeur dans ma frappe. Ça prend du temps de se remettre. Quand tu te blesses à un endroit comme le pied, c’est compliqué. Mon atout principal, c’est quand même mon physique. Donc je ne peux pas m’exprimer exactement comme je le veux. Mais ce qui est un peu plus dur, c’est que là, c’est la fin de ma carrière, donc j’ai moins la carotte, mais je me donne. En vrai, je me donne et j’ai envie d’être mieux dans la saison, donc je vais quand même faire des efforts, mais je suis exactement comme quand j’avais mal au pied et que j’essayais de revenir. Sauf que là, c’est la fin de la carrière. Encore une fois, quand je dis que je suis nul, ce n’est pas péjoratif, c’est juste que ce n’est pas encore assez. Mais je serai compétitif à un moment dans la saison, je le serai. J’attends impatiemment de l’être, et pour l’instant, ça ne m’a pas souri, mais je taffe pour.

Vous avez vécu votre première cérémonie majeure. Quel est le sentiment, quelles étaient vos émotions ?  

Je ne réalise pas vraiment encore. Je pense que c’est quand je vais partir et que je vais être chez moi, je vais réaliser que je ne vais plus jamais revenir en Australie pour jouer au tennis. Pour dire la vérité, quand je me suis assis dans le vestiaire, je me suis dit ”bon, ce n’était pas comme je voulais”, mais j’étais content. J’ai tenu 3h50 et c’est limite si je n’ai pas dit à mon physio, ”on va bosser ce (mardi) soir”. Parce que j’ai envie, forcément, de mieux jouer que ça. Donc moi, je ne réalise pas vraiment, j’ai l’impression.

Comment envisagez-vous la suite, entre la gestion de votre blessure et cette volonté de profiter de votre dernière saison ?  

J’essaie de faire le maximum. De prendre vraiment match par match, d’être le plus positif possible. Et surtout le plus franc avec moi. C’est surtout ça, de ne pas se mentir. Tu joues moins bien, tu es nul, il n’y a pas de souci, pas de honte. Au contraire, c’est qu’il y a de la marge pour progresser. Donc je vais repartir au travail, bien me soigner et je vais essayer de pousser mon corps encore un petit peu plus. Et ça va être une période un peu meilleure quand même, avec des matches en trois sets. J’essaye de penser positif. Ce n’était pas bon aujourd’hui (mardi), mais on espère que ce sera meilleur demain, et on repart au travail. Je n’oublie pas quand même que c’est ma dernière année. Ce n’est pas grave. Je n’en suis plus à compter. Franchement, j’ai kiffé, j’ai vu 3h50, j’ai perdu mais j’ai donné le maximum. J’ai kiffé et personne ne m’empêchera de kiffer. Et je suis content. 

Propos recueillis par E-A
Photo Tennis Australia