Holger Rune : «Cela m’a rappelé à quel point j’aime jouer»

Holger Rune : «Cela m’a rappelé à quel point j’aime jouer»

5 mars 2026 Non Par SoTennis

Gravement blessé le 21 octobre dernier, Holger Rune avait quitté le tournoi de Stockholm avec un tendon d’Achille (gauche) rompu. Après être passé par la case chirurgie, le Danois poursuit, avec caractère, une longue et minutieuse rééducation. C’est depuis Doha, que l’ex-n°4 mondial a pris de son temps, pour se confier.

 Vous donnez régulièrement de vos nouvelles et vous partagez vos progrès via les réseaux sociaux. Où en êtes-vous dans votre rééducation ?

Ma rééducation progresse très bien. Je me concentre actuellement sur les mouvements explosifs, dernière étape avant de pouvoir à nouveau me déplacer plus librement sur un court de tennis. Je suis optimiste et motivé, car je constate des améliorations chaque jour.

 Vous êtes actuellement au Qatar où vous suivez une rééducation à Aspetar. Pourquoi ce choix ?

Aspetar est l’un des plus grands centres de médecine sportive et de rééducation au monde, spécialisé dans la rééducation du tendon d’Achille. Ils travaillent avec de nombreux athlètes de haut niveau issus de différentes disciplines et disposent d’une expertise médicale, technologique et de spécialistes de la performance de pointe. Pour une blessure comme celle-ci, il est essentiel d’être entouré des meilleurs professionnels afin d’éviter toute erreur. Un manque de vigilance est vite arrivé.

Cette rupture complète du tendon d’Achille gauche et le temps qu’il faut pour guérir et récupérer ont-ils changé votre vision de la suite de votre carrière ?

Non. Je reste aussi positif et ambitieux qu’avant et je suis convaincu de pouvoir atteindre mes objectifs. Mais lorsqu’on est contraint d’arrêter la compétition, on a soudain le temps de réfléchir à plus long terme. Cela m’a rappelé à quel point j’aime jouer et la compétition.

Cette blessure aurait très bien pu mettre un terme à votre carrière. Grâce à votre force mentale, vous faites tout votre possible pour revenir. Comment envisagez-vous ce retour ? Comment comptez-vous mettre à profit votre grande expérience ?

Mon objectif est de revenir plus fort et plus avisé. Et j’ai hâte de ressentir à nouveau le soutien des fans sur le terrain. Il me manque énormément. Les blessures sont difficiles, mais elles permettent aussi de relativiser.

La santé mentale est, désormais, un sujet de discussion. De nombreux athlètes partagent leurs expériences. Prenez-vous, aussi, soin de cet aspect-là ?

Oui, je pense que la santé mentale est extrêmement importante dans le sport de haut niveau. Pour moi, il s’agit de maintenir un équilibre, de rester proche de ma famille, de m’entourer des bonnes personnes et d’avoir des objectifs clairs. Mais il ne faut pas oublier que la pression est un privilège.

Votre vie a toujours été en mouvement, mais cette blessure vous a contraint à adopter un mode de vie plus sédentaire. Peut-être cela a-t-il engendré une période d’introspection. Quelles conclusions tirez-vous de cette première partie de votre carrière et des choix que vous avez faits ?

Ce fut assurément un moment de réflexion. Ma carrière a évolué très rapidement et, parfois, on n’a pas le temps de s’arrêter et de faire le point. Cette période m’a permis d’apprécier le chemin parcouru, mais aussi de mieux comprendre où je veux aller ensuite. J’ai toujours soif de progresser et d’accomplir davantage. J’ai de grandes ambitions. Et je sais ce que je veux et ce dont je suis capable.

Vous étiez récemment dans les tribunes lors du tournoi de Doha. Une courte vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrait Jannik Sinner vous adressant un message de soutien. Avez-vous reçu d’autres messages de joueurs, et qu’en avez-vous pensé ?

Oui, j’ai reçu de nombreux messages d’encouragement de joueurs et de personnes du monde du sport. Cela me touche beaucoup. Le tennis est un sport très compétitif sur le court, mais il y a aussi beaucoup de respect et de bienveillance entre les joueurs.

Le calendrier de l’ATP est souvent critiqué pour sa surcharge. Quel est votre avis sur le sujet, notamment concernant les tournois obligatoires ?

Le calendrier est très dense. Je pense que le défi est de trouver le juste équilibre pour que les joueurs puissent donner le meilleur d’eux-mêmes devant les spectateurs. Je n’ai pas de solution miracle. On pourrait envisager de programmer les têtes de série lors de la deuxième semaine du Masters, ce qui leur permettrait de bénéficier d’une semaine complète de récupération ou d’entraînement, comme auparavant. Le nouveau format du Masters est excellent pour les joueurs moins bien classés, car il leur permet désormais de participer aux tournois majeurs. Cependant, on regrette de ne pas prendre en compte les têtes de série, qui vont généralement plus loin dans la compétition. Elles devraient elles aussi bénéficier de cette nouvelle structure, au-delà de l’aspect financier (via le partage des gains), ce qui n’est pas le cas actuellement.

Quelles sont les prochaines étapes de votre rééducation et avez-vous une idée de la date de votre retour sur le circuit ?

Les prochaines étapes consistent à intensifier progressivement mon travail avec des exercices plus exigeants et, à terme, à reprendre le tennis avec des mouvements contrôlés sur le court. Ce retour est prévu prochainement. Tout dépend de la réaction de mon corps à chaque étape ; nous procédons donc étape par étape. Mon objectif est de ne pas précipiter les choses, mais de revenir le plus rapidement et le plus sûrement possible.

Propos recueillis par E-A
Entretien réalisé avant la guerre au Moyen-Orient