Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour

Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour

5 juillet 2018 0 Par SoTennis

Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert se sont qualifiés pour le deuxième tour de Wimbledon. Mercredi, les têtes de série n°4 ont battu la paire Roberto Carballes Baena / Marco Cecchinato en trois sets (6-4, 6-2, 6-4). Les Frenchies, évoquent pour nous cette victoire et les dossiers chauds qui agitent la planète tennis.

Comment décririez-vous cette entrée en lice ?

Nicolas Mahut :« Ce fut un match solide. Nous avons pris très au sérieux cette paire qui était « inexpérimentée ». Même si nous n’avons pas eu de break immédiatement, nous avons tout de suite eu des balles de break. Notre notre côté, nous avons bien servi. C’était un match appliqué. Au fil du match, j’ai senti également qu’ils baissaient un petit peu. C’est un premier match qui est sérieux. C’est bien de le gagner en trois sets. Surtout lorsque Pierre-Hugues a le simple à jouer. »

Pierre-Hugues, comment gérez-vous l’enchaînement des matches ?

« C’est quelque chose que l’on gère depuis maintenant trois et demi que l’on joue ensemble avec Nicolas. Nous avons tous les deux une carrière en simple à côté. Nous savons que lors des Grands Chelems, nous jouons sur les deux tableaux. C’est bien que j’arrive à gagner hier (mardi face à Misha Zverev 6-4, 6-3, 6-4). Gagner en trois sets, c’était encore mieux. Effectivement à Wimbledon avec ces potentiels cinq sets, on peut passer pas mal de temps lors des doubles. Aujourd’hui (mercredi), nous sommes très heureux d’avoir passé ce premier tour et d’avoir gagné rapidement. »

Avant ce tournoi, vous avez disputé ensemble le Queen’s, où vous avez été éliminés précocement. Avez-vous pu avoir une préparation pour ce double à Wimbledon ?

Nicolas Mahut : « Entant qu’équipe, on ne l’a pas préparé du tout. L’idée était d’arriver en faisant un maximum de match en simple. Moi, malheureusement, je ne me suis pas qualifié (défaite au deuxième tour des qualifications). Pierre-Hugues a gagné quelques matches à Antalya (quart de finaliste). C’est vrai que l’on aurait aimé avoir plus de matches au Queen’s (défaite d’entrée face à la paire Kyrgios / Hewitt), pour emmagasiner un peu de confiance et du jeu ensemble. Cela n’a pas été le cas. Malgré tout, c’est bien de gagner ce match en trois sets. Je pense que l’on va jouer de mieux en mieux dans le tournoi si on arrive à passer encore les prochains tours.

Vos adversaires du deuxième sont soit la paire Harison / Pospisil ou Petzshmer / Puetz à quoi vous attendez-vous ?

Pierre-Hugues Herbert : « Ce sont deux très bonnes équipes. Vasek Pospisil a gagné ici en double avec Jack Sock (en 2014) à l’époque. C’est un super bon joueur de double. Il s’est un peu plus consacré à sa carrière en simple, de ce fait son classement en double a un peu baissé. Ryan Harrison est un joueur qui nous avait battus au Masters l’an dernier avec son partenaire Michael Venus. La paire Petzshmer / Puetz reste sur une victoire à l’ATP 250 de Stuttgart. Ce sont des équipes qui ont un potentiel pour extrêmement bien jouer. On s’attend à un match dur. Quel que soit le vainqueur.

Vous restez sur une victoire en Grand Chelem à Roland-Garros. Ce troisième titre du Grand Chelem, vous a-t-il amené une certaine forme de confiance pour ce tournoi?

Pierre-Hugues Herbert : « Au tennis, on remet les compteurs à zéro assez rapidement. Bien sûr que c’était super de gagner Roland, parce que c’était un objectif et nous l’avons atteint. Désormais, nos adversaires ne vont pas nous regarder en se disant « ils ont gagné Roland-Garros, on va les laisser passer ». Tout le monde a envie de gagner ce tournoi-là. De notre côté, il faut que l’on passe à autre chose. On connaît le chemin pour gagner les grands tournois. On a confiance en nous. Maintenant, il faut arriver à tout mettre en place pendant le tournoi. On s’y attache. »

Depuis notre dernière interview, Amélie Mauresmo a été nommée capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Comment avez-vous accueilli cette nomination ?

Nicolas Mahut : « J’ai hâte de travailler avec elle. Je trouve que c’est super que les grands champions comme cela de notre sport, qui ont envie de s’investir et de redonner au tennis français. Il faut s’en réjouir. Nous avions de très bons candidats. Je trouve que c’est une très bonne nouvelle pour le tennis français d’une manière générale qu’elle revienne et qu’elle souhaite s’investir avec nous. Si elle est là aujourd’hui ce n’est pas parce que c’est une femme. Aujourd’hui, pour le symbole, c’est bien. Mais il faudrait que cela devienne naturel. Elle est la première à ce poste, on en parle, mais dans quelques temps, on en parlera plus et c’est ça qui sera normal. »

Pierre-Hugues Herbert : « Très bien. C’est vrai que c’est une nomination qui est survenue assez rapidement compte tenu du fait que nous soyons encore en campagne avec notre capitaine actuel, Yannick Noah. La FFT souhaitait mettre en place un projet olympique. Je pense que nous sommes très fiers d’avoir Amélie entant que capitaine. C’est à la fois une ancienne joueuse à la carrière incroyable. C’est l’ancien coach d’Andy Murray. Elle a fait aussi un très bon boulot avec la Fed Cup. C’est quelqu’un d’extrêmement compétent. Nous sommes très fiers qu’elle ait voulu faire partie de l’aventure et être capitaine de la Coupe Davis. »

Après l’annonce du retour de la World Team Cup, on peut se demander capitaine de quelle Coupe Davis ?

Nicolas Mahut : « J’espère qu’après cette annonce, la réforme de la Coupe Davis sera revue. À réfléchir à un truc qui puisse vraiment tenir la route. Dans l’état actuel, cela va être compliqué de disputer une Coupe Davis fin novembre, lorsqu’il y a une World Team Cup début janvier. Leur date et leur format ne convient pas du tout. C’est à eux (l’ITF) de réfléchir de quelque chose de différent.

Pour vous, quel serait le format idéal de la Coupe Davis, nouvelle version ?

Nicolas Mahut : « On pourrait imaginer que les deux finalistes rentrent qu’en demi-finale, que les demi-finalistes rentrent en quarts, s’ils veulent (ITF) garder une compétition chaque année. Ce serait quelque chose d’assez simple à faire pour les tout meilleurs aient moins de semaines à jouer cette épreuve. J’adorerais que la Coupe Davis soit tous les deux ans, la mettre comme la Ryder Cup. Des idées, on en a plein.

On a l’impression que l’on ne vous écoute pas, vous les joueurs…

Nicolas Mahut : « Je sais qu’à l’époque où Gilles Simon était au conseil des joueurs, ils ont eu des réunions avec les représentants de nos institutions et à chaque fois, ils avaient l’impression que les idées des joueurs, leurs requêtes, n’étaient pas reçues. C’est comme cela, je pense, qu’est née l’idée l’envie de relancer la World Team Cup.

Comment avez-vous accueilli le choix de l’assemblée générale de la FFT, qui le 22 juin dernier s’est prononcée, à 60,81%, en faveur de l’actuel projet de réforme de la Coupe Davis ? La France va voter, oui lors du vote à l’assemblée générale de la Fédération internationale (ITF) mi-août à Orlando à propos de cette réforme de la Coupe Davis…

Pierre-Hugues Herbert : « Je ne comprends pas forcément. Je pensais que nous étions une nation qui était pour les valeurs de la Coupe Davis. Surtout les matches à domicile et à l’extérieur. Ce qui fait l’essence même de la Coupe Davis. Je suis assez étonné. Je ne sais pas comment la réforme a était présentée. C’est certain si l’idée de la réforme a changé… De toute façon, il faut une réforme pour cette Coupe Davis. Ces dernières années, les meilleurs joueurs ne la jouaient pas. Sauf cette année, où c’était peut-être la dernière année avec ce format. »

Nicolas Mahut : «La question reste à savoir que s’ils avaient eu vent de la World Team Cup, est-ce que le vote aurait été le même. Je ne sais pas. Aujourd’hui sportivement parlant cela ne tient plus la route. On ne peut plus faire une phase finale au mois de novembre. Là, pour le coup, les joueurs devront faire un choix. Comme les joueurs, ont apparemment voté pour la World Team Cup, cela risque d’être compliqué. Il faut sauver cette compétition, qu’est la Coupe Davis. Mais il faut proposer quelque chose qui tienne la route, sportivement. Il faut partir de là et non de partir du point de vue économique. Je pense que l’erreur principale qui a été commise est celle-ci. De partir d’un point économique. Pour moi, c’est une grosse erreur.»

Propos recueillis par E-A à Wimbledon