Aryna Sabalenka : «J’essaie simplement de travailler sur moi-même»

Aryna Sabalenka : «J’essaie simplement de travailler sur moi-même»

27 juin 2026 Non Par SoTennis

De passage samedi en conférence de presse, d’avant tournoi, Aryna Sabalenka a évoqué sa forme du moment avant son entrée en lice à Wimbledon. La numéro 1 mondiale a également rappelé ses revendications autour des dotations en Grand Chelem.

Juste après votre défaite en quarts de finale à Roland-Garros, vous aviez déclaré en conférence de presse votre envie d’arrêter le tennis. Où en êtes-vous par rapport à ça ?

C’était plus une réponse stupide à une question stupide du genre : “Comment vous sentez-vous maintenant ?” (ndlr : elle venait de perdre 3-6, 7-5 6-0 contre la Diana Shnaider après avoir mené 6-3, 4-1). Bien sûr que je me sentais très mal.

Et vous avez mis du temps à vous en remettre ?

Après quelques paquets de chips et de bonbons, ça allait (rire). Je pense que ça prend quelques jours. Dans ces cas-là, j’ai juste besoin de quitter l’endroit où tout s’est passé et ensuite je me sens un peu mieux (sourire).

Travaillez-vous avec votre psychologue sur votre mental ?

J’ai l’impression que tout repose principalement sur l’aspect mental du jeu. Quand j’ai commencé à travailler avec une psychologue, on en a discuté avec mon équipe, et on s’est dit que ce n’était pas grave si, à un moment donné, je devais retourner la voir. Que ça arriverait forcément. Je l’ai contactée. Je ne voulais pas chercher quelqu’un d’autre, car il faut tout raconter, expliquer toute son histoire, pour que l’autre personne puisse mieux vous comprendre. Je me suis tournée vers quelqu’un qui me connaît vraiment bien. Pour l’instant, nous travaillons à nouveau ensemble. J’ai simplement besoin de quelqu’un avec qui je me sente en sécurité, à qui confier toutes mes pensées, un peu pour me vider la tête avant un grand tournoi.

Et “tennistiquement”, où en êtes-vous ?

Sur le plan du jeu, je me sens vraiment bien. J’ai travaillé sur quelques secteurs avant Wimbledon. Tout s’est vraiment mis en place à Berlin, surtout lors de ce deuxième set contre Jess (Pegula, en demi-finales). Au troisième set, elle a joué de manière incroyable (ndlr : défaite 6-4, 6-7, 6-0). J’ai essayé de faire de mon mieux. J’ai eu l’impression qu’elle avait trouvé ce rythme que je n’arrivais pas à briser. Honnêtement, j’ai ri après ce troisième set (le deuxième 6-0 en deux tournois, après celui de Roland-Garros). Je me suis dit : “Bon, voilà ce à quoi on est confrontées en ce moment”. Mais je ne veux pas m’attarder trop sur ces sets, sur ces chiffres. J’essaie simplement de travailler sur moi-même, de travailler mon jeu. Dans l’ensemble, j’ai l’impression que tout se remet en place. Maintenant que je suis ici, je suis heureuse et j’ai hâte de commencer à jouer.

Vous établissez un lien entre les dotations et les revenus générés par Wimbledon et les autres tournois du Grand Chelem. Selon vous, quelle image cela renvoie-t-il au public — qui paie ses billets de plus en plus cher chaque année — de vous voir obtenir une augmentation de 20 % tout en restant insatisfait ?

Si l’on regarde les dotations de ces dix dernières années, elles sont restées pratiquement inchangées. Encore une fois, j’espère que nous n’en arriverons pas à un nouveau boycott. Nous agissons pour le circuit, pas pour nous-mêmes. Nous le faisons pour les autres joueurs, ceux qui peinent même à s’offrir les services d’un entraîneur. La vie n’est pas facile pour les joueurs les moins bien classés ; c’est donc pour eux que nous agissons. J’espère vraiment — et je suis même certain — que le public nous comprend. Après tout, nous jouons nos matchs, nous sommes présents, nous livrons bataille et nous assurons le spectacle. Nous limitons simplement nos interventions médiatiques. Nous cherchons simplement à aboutir à une solution qui satisfera tout le monde.

Propos recueillis par E-A à Wimbledon
Photo Wimbledon