Valentin Vacherot: «J’arrive à faire la part des choses»
22 mai 2026Tête de série n°16 à Roland-Garros, Valentin Vacherot aborde le Grand Chelem parisien avec relâchement et plaisir. Vendredi, lors du Media Day, le Monégasque a évoqué sa forme du moment son nouveau statut.
Pouvez-vous expliquer exactement ce qu’il s’est passé avec votre pied. Est-ce que ça s’est déclaré quand vous étiez au Masters 1000 de Rome et est-ce que vous êtes à 100 % maintenant ?
Ça ne s’est pas déclaré à Rome. Ça s’est déclaré un peu à la fin de Madrid, une petite gêne comme on peut en avoir tout le temps. Sur les images et après, c’était quelque chose d’un peu plus important que ce que je ressentais. C’était vraiment plus par précaution de ne pas jouer Rome, Hambourg, pour ici, et surtout pour le reste de la saison, même si ça fait mal de ne pas jouer Rome parce que c’est un super tournoi. J’aurais aimé rester longtemps là-bas. Avec l’expérience des blessures, il n’y a plus de risque à prendre sur quoi que ce soit.
Quel effet ça fait d’attaquer un Roland-Garros en tête de série (n°16)?
Je ne veux pas mentir, il y a un petit côté bizarre par rapport à toute ma carrière, de la manière dont c’est fait. C’est aussi spécial qu’à Melbourne. Au final, ce n’est que la deuxième fois parce qu’il y a quand même beaucoup de temps entre Melbourne et Roland-Garros. C’est pour ça que quand on met les pieds ici, je pense qu’on peut demander à beaucoup de joueurs, ça fait quand même quelque chose.
Moi encore plus, de me retrouver sur un Grand Chelem en prenant l’avion juste une heure, c’est quand même sympa quand on fait 24 heures pour le premier. C’est le rêve pour moi, surtout que c’est quand même très spécial, c’était mon premier Grand Chelem en qualif il y a deux ans. Je m’étais qualifié en plus, donc toujours très spécial de revenir ici.
Comment gérez-vous ce nouveau statut et toutes les sollicitations qui vont avec, qui peuvent consommer de l’énergie ? Essayez-vous de rester dans votre bulle ou vous profitez ?
Un peu des deux. C’est vrai que je ne fais pas tout, tout, tout parce que sinon ça prendrait trop de jus. En faire un peu, c’est vrai que ça en fait quand même partie. J’essaie de prendre plaisir. C’est quand même au final des moments que je vais me rappeler toute ma vie en espérant que ça dure pendant encore plusieurs années. Je le vis bien. Sur le terrain, j’ai fait du bon boulot depuis le début de cette saison, de vraiment mettre à part ce qui m’est arrivé en fin d’année dernière pour remettre les batteries à zéro cette année et être très régulier avec mon nouveau statut.
Isabelle Inchauspé (psychologue du sport), qui vous suit sur le plan mental, est avec vous sur le terrain également. Est-ce qu’elle travaille ça en particulier aussi avec vous, la gestion de ces émotions de ce Roland-Garros ?
Je pense qu’on a passé le cap de parler de choses comme ça. Si ce changement de statut serait arrivé à 19, 20, 21 ans, je pense que là, il y aurait beaucoup plus à parler de ce côté. Ça m’arrive à 27 ans, j’arrive à faire la part des choses. Moi aussi, j’arrive à faire la part des choses, même si c’est évidemment très compliqué, d’essayer de prendre chaque tournoi comme une évolution. C’est dur de prendre Roland-Garros, un tournoi du Grand Chelem, comme si c’était un autre. En tout cas, quand on est sur le court, quand on est ensemble, on ne parle que de tennis, que de physique, que de ce qui se passe quand je tape la balle, plus que ce qui se passe quand je réfléchis. J’essaie de réfléchir le moins possible sur là où je suis, même si, comme je l’ai dit, t’as juste à regarder autour, regarder les courts, pour voir où on est. C’est dur, mais malgré ma petite expérience je pense que mon âge fait aussi que j’arrive à faire la part des choses.
Vous étiez encore sur les Challengers ou dans les qualifs des Grands Chelems l’année dernière, trouvez-vous que c’est important que les meilleurs réclament une meilleure répartition de l’argent de la part des Grands Chelems ?
Je ne pense pas que je sois la bonne personne à qui demander ça. Ça ne fait que six à sept mois que je suis sur ce grand circuit. J’ai été ce joueur qui a été pendant 3-4 ans 200ème, 300ème mondial. Pour moi, c’est les joueurs à ce classement-là qui doivent gagner plus. Les prize money ont tellement augmenté. Quand tu regardes il y a 10 ans, même par rapport à il y a 20 ans, ils ont explosé. On est dans un très beau moment et un bel âge pour jouer les tournois avec les prize money qu’il y a. Je comprends aussi le point de vue de ceux qui sont devant parce qu’ils sont devant quasi tout le temps et peut-être qu’ils trouvent que ça n’évolue pas assez. De mon côté, quand je jouais en Challenger pendant trois ans et que je suis arrivé sur les tournois ATP, je suis loin de me plaindre.
Hier (jeudi) vous vous êtes entraîné avec Jannik Sinner, aujourd’hui sur le Simonne-Mathieu avec Titouan Droguet, notamment avec beaucoup de chaleur. La météo annonce des températures assez élevées la semaine prochaine. Est-ce que vous, vous appréciez de jouer dans ces conditions ?
Regardez où j’ai gagné mon Masters 1000 et vous aurez la réponse. J’ai joué dans un sauna pendant deux semaines à Shanghai, donc on va dire 30 degrés à Paris, cela devrait aller. La chaleur, j’aime bien. À Monaco, depuis que je suis jeune, l’été, c’est quand même un bon four. J’ai passé cinq ans au Texas où on pouvait toucher les 40 degrés en août, septembre, mai. J’ai été assez bien habitué. Depuis le début de ma carrière, ce n’est pas une chose qui m’a beaucoup marqué. Les chaleurs arrivent 3-4 jours avant les premiers tours, on a le temps de s’habituer. Si tu joues un premier tour sous 15 degrés et que le lendemain il fait 30, même si tu aimes ça, le corps prend un petit coup, mais on a le temps de s’habituer.
Pensez-vous, comme beaucoup, que Jannik Sinner est imbattable sur ce tournoi ou alors vous dîtes-vous que peut-être quelqu’un, vous ou un autre peut le faire ?
Imbattable, non. Personne n’est imbattable, même s’il essaie de nous faire prouver le contraire depuis le début de la saison. J’ai eu la chance de m’entraîner deux fois avec lui. C’est vraiment différent en face, pas par la vitesse de balle, des coups exceptionnels, mais c’est vraiment la même balle qui revient. Tu peux t’entraîner deux heures avec lui, c’est la même balle qui revient. Sur les deux heures, la même balle tout le temps. Il y a une faute toutes les demi-heures dans le filet. Il y a une faute de largeur toutes les dix minutes. Il n’y a pas une erreur. C’est ce que je trouve le plus fou par rapport à même un Zverev, qui est juste en dessous de ces mecs-là, mais qui est n°3 mondial. Je trouve qu’il y a un gouffre, même à l’entraînement. Pouvoir s’entraîner avec lui ou Alcaraz… J’ai eu la chance une fois avec Carlos. Même en deux heures, cela te fait progresser. J’ai l’impression d’avoir fait une semaine d’entraînement hier sur deux heures. C’est génial, mais il n’est pas imbattable. Il y a quand même la forme du jour qui peut fluctuer. J’espérais être celui qui le battra.
Hier (jeudi) vous vous êtes entraîné avec Jannik Sinner, aujourd’hui sur le Simonne-Mathieu avec Titouan Droguet, notamment avec beaucoup de chaleur. La météo annonce des températures assez élevées la semaine prochaine. Est-ce que vous, vous appréciez de jouer dans ces conditions ?
Regardez où j’ai gagné mon Masters 1000 et vous aurez la réponse. J’ai joué dans un sauna pendant deux semaines à Shanghai, donc on va dire 30 degrés à Paris, cela devrait aller. La chaleur, j’aime bien. À Monaco, depuis que je suis jeune, l’été, c’est quand même un bon four. J’ai passé cinq ans au Texas où on pouvait toucher les 40 degrés en août, septembre, mai. J’ai été assez bien habitué. Depuis le début de ma carrière, ce n’est pas une chose qui m’a beaucoup marqué. Les chaleurs arrivent 3-4 jours avant les premiers tours, on a le temps de s’habituer. Si tu joues un premier tour sous 15 degrés et que le lendemain il fait 30, même si tu aimes ça, le corps prend un petit coup, mais on a le temps de s’habituer.
Jouer le double avec Arthur Rinderknech (son cousin), c’était une évidence ?
Les quatre Grands Chelems étaient bloqués avant même le début de la saison avec Arthur. On a fait Monte Carlo, on en fera peut-être un ou deux autres dans l’année. Le but n’est pas non plus d’en faire trop, perdre trop d’énergie pour le simple. Les Grands Chelems, on ne va pas passer à côté de la chance de jouer des matchs en double ensemble, surtout ici à Paris, pour la famille, cela leur fait énormément plaisir aussi. Nous, on prend énormément de plaisir.
Propos recueillis par E-A à Roland-Garros








