Valentin Royer: «J’ai pris une gifle par le circuit»
24 mai 2026Valentin Royer s’est qualifié pour le deuxième tour du tournoi de Roland-Garros où il retourvera Novak Djokovic. Dimanche, sur le court 14, le Français a battu Hugo Dellien en trois sets (6-4, 6-2, 6-2). Une récompense pour l’actuel 74e mondial, qui a traversé une période délicate tant sur le plan personnel que tennistique.
Cette victoire est-elle libératrice ? Car vous avez eu un début de saison qui n’a pas été à la hauteur de vos espérances. Cela fait du bien, c’est votre première victoire à Roland-Garros…
Oui, elle est super, c’est vraiment un défi qui a été relevé aujourd’hui (dimanche) parce que comme vous dîtes, c’est un début de saison pas facile. Maintenant, ce n’est qu’un premier tour à Roland-Garros, c’est rien de fou. Je suis vraiment très content de ma performance. J’aurais pu m’embarquer dans un match plus galère, avec un joueur expérimenté comme ça, sur terre, un Sud-Américain, qui connaît son sujet sur surface. Aujourd’hui, on s’est concentré sur la tactique, vraiment mettre la pression dès le début. J’ai réussi à le faire, avec tout ce qui avait été mis en place auparavant avec le coach, la team, pour pouvoir être dans les meilleures conditions possibles sur ce match.
Ces derniers mois ont-ils contribué à une évolution de votre état d’esprit ?
Oui, clairement. Comme on disait un peu avec ma team, ces derniers mois, quand on pense qu’on y est arrivé, le tennis, le circuit nous remet les pieds sur terre. C’est un peu ce qui s’est passé pour moi. J’ai pris une gifle par le circuit, ça m’a fait redescendre. J’ai atteint des périodes vraiment difficiles dans ma vie, des périodes par lesquelles je n’aurais pas pensé passer étant plus jeune. Maintenant, c’est fait. J’ai réussi à remonter la pente et à retrouver des bonnes sensations sur le court, de la confiance, que ce soit sur le court, dans le tennis, mais aussi de la confiance en moi-même, en tant qu’homme. Cela m’a vraiment appris. Aujourd’hui, sur le terrain, cela s’est carrément ressenti. J’ai fait ma partie du début à la fin. Je n’ai pas eu peur d’aller chercher les points au filet, d’envoyer, de garder mon identité de jeu, d’avoir la niaque, cette dalle que j’avais un peu perdue ces derniers mois, je l’ai retrouvée sur le terrain aujourd’hui.
Comment avez-vous rebâti votre confiance ?
On a beaucoup travaillé mentalement. J’ai joué des challengers, j’ai été jouer des joueurs plus faibles. Encore une fois, le mec que j’ai joué aujourd’hui est 140e mondial. Le classement, encore plus aujourd’hui, ne veut rien dire. Tous les mecs ici ont la dalle, la niaque. Ils ont envie de réussir et d’aller le plus loin possible. On a fait du gros boulot, il y en avait besoin pour rebâtir cette confiance et surtout retrouver cette hargne, cette dalle que j’avais perdue ces derniers temps. En plus, pour mon jeu, c’est super important. J’ai un jeu agressif, offensif, porté vers l’avant, vers le filet. Sans cette confiance en moi, cette niaque, c’est difficile de performer de la meilleure des manières. C’était très important de pouvoir aussi parler et exprimer ce que j’avais sur le cœur, dans mes pensées, comment je me sentais sur le court ou en dehors. Avec mon préparateur mental, on a beaucoup bossé sur ça. Aujourd’hui, je suis content de moi, je me sens bien. Je suis content de pouvoir jouer de cette manière, je prends du plaisir, surtout sur le court.
Battre un terrien, en plus, on sortait d’une journée très chaude, sur ce court 14… D’avoir battu tous ces obstacles ça sentait potentiellement le match piège ?
Clairement, je pensais… Il y a eu beaucoup de changements de court. On était programmé sur le 7, ensuite sur le 6, ensuite peut-être sur le 7 parce que le 7 a fini un peu avant le 6. J’ai reçu un appel : finalement, on va aller sur le 14. Il y a eu beaucoup de changements au dernier moment. Ça n’a pas impacté vraiment l’arrivée du match.
Je pensais que le court allait être plus sec, je pensais jouer plus tôt aussi. Je me suis préparé. Je me suis dit que peut-être avec un court plus sec, ça allait m’avantager, moi qui suis agressif, les balles vont plus vite. Je me suis dit : attention, piège parce que ça va se ralentir, la terre va être plus humide, les échanges vont durer. Au final, la terre du 14 était de bonne qualité. Ces derniers temps je me suis entraîné sur Jean-Bouin, ce n’est pas la même qualité des courts, ils sont plus secs, plus glissants. Là, c’était une terre de qualité. Le staff a fait un travail incroyable sur les courts. Les jardiniers sont incroyables, ce sont les meilleurs du monde pour moi. C’était un gros kiff de jouer sur ce court, avec des sensations pareilles et avec la victoire à la fin, c’est la cerise sur le gâteau. Ça aurait pu vraiment partir en match piège. Je pense que je l’ai bien géré que ce soit tennistiquement ou mentalement.
Propos recueillis par E-A à Roland-Garros






